Réforme de la PAC: la crise sanitaire ne doit pas nous faire oublier ce qu’il y a dans nos assiettes











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J’aime affectueusement les pommes de terre, mais je sais depuis longtemps qu’elles ne m’aiment pas ! Ces diablesses de patates me jouent mille tours de cochonnes quand je me risque à en planter sur un bout de champ, au potager ou même chez un ami. Les miennes dépérissent toujours, d’une façon ou d’une autre : gel tardif en juin, doryphores et mildiou en juillet, grêle en août, sangliers en septembre. Elles le font exprès, histoire de m’humilier et de bien me faire comprendre qu’il n’est pas question pour elles de se fatiguer pour moi. J’ai rendu les armes depuis longtemps, et me fournis chez un artisan-patatier de première force, 8 € le sac de 10 kg. À 72 ans, il fait tout le travail à la houe et au croc à fumier, sauf labourer et herser bien entendu, et n’utilise que son fumier de moutons pour engraisser son lopin de 10 ares, lequel change d’endroit chaque année dans sa prairie. Comment fait-il, sans fongicides ni produits chimiques d’aucune sorte ? Mystère… Je l’appelle « l’homme qui murmure aux oreilles des patates » !

En ouvrant les publicités toutes boîtes récemment, nous avons bondi, écœurés par l’annonce d’une promo fraîcheur d’une grande chaîne de magasin !

La pandémie du coronavirus aurait démarré en Chine dans la seconde moitié de 2019. Amusant, c’est juste 225 ans après la première vaccination, effectuée par le médecin Jenner sur un jeune garçon. Il utilisa le pus d’une trayeuse atteinte par une infection des vaches. Cette infection s’appelait la vaccine. Car on avait remarqué que les trayeurs et trayeuses échappaient à la variole, une épidémie très contagieuse due à un virus.

Index et majeur écartés, tendus vers le haut, tandis que les autres doigts de la main restaient serrés dans sa paume : Winston Churchill a immortalisé ce geste lors de la Seconde Guerre Mondiale. V comme « victory » ! Puissions-nous agir de même au cours de 2021, pour célébrer la victoire contre la Covid-19… Le 1er janvier 2020, les joyeux fêtards tendaient même les deux mains, pour former les deux V de « vingt-vingt » ! Puis en mars, un V seulement, on faisait moins les malins : V comme virus, comme première vague, un V tendu à l’horizontale comme une paire de ciseaux, ceux de la Parque Morta qui s’apprêtait à couper les fils de milliers de vies. Ce V-là nous a accompagnés depuis lors ; puis aux premiers jours de 2021, un autre V nous apparaît timidement : V comme Vaccin ! V1, V2, etc, comme ces fusées allemandes qui tombaient du ciel sans crier gare, en ’44 et ’45. En « vingt-vingt et un », quels V recevrons-nous sur la tête ?

L’un des êtres les plus petits et les plus anciens de la Terre nous emmène vers une récession sans précédent en temps de paix. Ce phénomène médiéval, qu’on n’eut cru plus jamais vivre, fait trembler les médecins, chercheurs et économistes.







Dans une autre vie, je fus sans doute homme des bois, tellement la forêt et les arbres me sont sympathiques ! C’est loin d’être le cas chez la plupart des agriculteurs… Les fermiers planteurs de haies vives font souvent l’objet d’articles élogieux dans les journaux ou à la télé, mais ils sont peu représentatifs de notre profession, c’est le moins qu’on puisse dire ! Ce désamour n’a-t-il pas été induit par l’intensification progressive de l’agriculture depuis 200 ans ? Pourquoi a-t-on séparé les champs de leurs bonnes amies les forêts ? Ils étaient autrefois mariés pour le meilleur, et pas du tout pour le pire. N’est-il pas temps de se réconcilier avec nos arbres ?

Le feuilleton « Covid-19 » est bien parti pour durer, vague après vague… Mais ces dernières semaines marquent pourtant un tournant décisif, avec la mise au point et l’arrivée prochaine de vaccins ! « Vaccin » : d’où vient ce mot ? Comment cette nouvelle phase sera-t-elle négociée par les responsables sanitaires et politiques » ? Sans doute ceux-ci vont-ils encore nous surprendre ! La gestion de la pandémie ne cesse de nous étonner depuis le mois de mars, nous autres agriculteurs ! La médecine humaine gère les maladies virales différemment de la médecine vétérinaire, c’est le moins qu’on puisse dire… La biosécurité dans les exploitations d’élevage est infiniment plus stricte, et davantage efficace. Mais à quel prix pour les fermiers !

Pourquoi les émissions intéressantes passent-elles très tard à la télé ? Les spectateurs préfèrent sans doute le ronronnement des productions distrayantes, que l’on regarde sans trop se fatiguer. Réfléchir coûte quelques efforts… Téléphile à la petite semaine quand mes yeux disent « stop » à la lecture, je suis tombé par hasard sur « Matière grise », jeudi vers 23 heures, déjà en pyjama. Un mot rigolo a tout de suite percuté mes oreilles à moitié endormies : « agnotologie», étude de la production culturelle d’ignorance. L’émission était consacrée aux vastes manipulations mises en œuvre par des groupes de pression pour semer le doute dans le débat public, afin de jeter la suspicion sur des produits sains, nier l’urgence de certains défis à relever, ou pour innocenter des substances dangereuses, normaliser des modes de consommation destructeurs pour l’environnement. Les « agnotologues » ont du pain sur la planche en 2020, pour démonter les mécanismes de ces arnaques XXL. Le secteur agricole, tout particulièrement, n’échappe pas à l’emprise de ces « fabriques d’ignorance » !

Grande victoire pour les végétariens et les végans ; les députés européens ont rejeté toutes les propositions visant à réserver les dénominations utilisées pour les viandes exclusivement aux produits contenant de la viande. Rien ne changera donc pour les produits d’origine végétale et pour les dénominations ambiguës actuellement utilisées pour leur vente.

Comme on dit dans notre petit coin d’Ardenne : « Le mois de novembre s’ra co’vite passé ! ». Le sable du temps glisse entre nos doigts à une vitesse ahurissante, en cette année de disgrâce 2020 placée sous le signe de la Covid-19, de la « co’vite » tout court. Aux horloges, les aiguilles tournent fou et nous piquent nos instants et nos heures. À peine lundi entamé, on est déjà samedi. Hier, c’était le printemps confiné ; aujourd’hui, c’est déjà l’automne, encore confiné ; même les poules ne peuvent plus sortir… Ce temps, quel taon ! Toujours à nous harceler, à sucer notre bon sang de bonsoir, du matin jusqu’au soir !
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