Un outil innovant et moderne pour un apprentissage des gestes techniques et de certaines compétences

Les études de médecine vétérinaire sont parmi les rares cycles universitaires qui nécessitent d’une part une formation scientifique de haut niveau et d’autre part l’apprentissage de gestes cliniques et techniques indispensables à la pratique quotidienne. En effet, les vétérinaires qui exercent en profession libérale sont amenés à faire des électrocardiogrammes, prises de sang, poses de cathéter, anesthésies, à pratiquer des gestes de base en imagerie médicale telles radiographies, échographies et endoscopies, à réaliser des opérations telles que résection de tumeurs, stérilisation, césarienne, ponction… Ils doivent également développer leur capacité à communiquer avec les propriétaires d’animaux face à des problèmes parfois difficiles sur le plan émotionnel (maladies graves, coûts des traitements, attentes du client, défaut de paiement, euthanasie…).

Le Skill Lab, cet outil pédagogique innovant…

Face à l’augmentation du nombre d’étudiants et aux changements de mentalité, une solution alternative, innovante et moderne, pour l’apprentissage des gestes cliniques s’est imposée

Durant des décennies, l’apprentissage des gestes techniques a été réalisé sur les animaux de la clientèle, puis sur des animaux dits « pédagogiques » (chevaux, chiens, bovins), spécialement dédiés et hébergés à la faculté de médecine vétérinaire (FMV), l’évolution de la situation durant les dernières années (augmentation importante du nombre d’étudiants, rendant difficile et discutable sur le plan éthique le travail sur les animaux pédagogiques ; respect du bien-être animal ; qualité de l’enseignement et confort de travail des étudiants, les besoins de modernité et d’innovation) a amené la FMV, dès 2017, à créer en son sein un laboratoire de simulation pour l’apprentissage des gestes techniques et cliniques, appelé le Skill Lab. Ainsi durant 3 ans, une équipe d’enseignants de la faculté a œuvré pour développer cet outil pédagogique innovant.

Le déménagement de la clinique des animaux de compagnie dans un nouveau bâtiment a libéré les locaux dans lesquels se déroulaient les consultations pour les chiens et les chats. Ces espaces ont été mis à disposition pour l’installation des manipulations et des mannequins.

Intubation trachéale du chien.
Intubation trachéale du chien.

… aux diverses thématiques

Différentes salles thématiques, réparties en fonction des gestes qui s’y apprennent et des espèces concernées, sont aujourd’hui mises à la disposition des étudiants

Les étudiants disposent donc actuellement :

– d’une grande salle pour la médecine vétérinaire équine, leur permettant d’apprendre et de répéter autant de fois qu’il faut pour gagner en assurance, les gestes techniques et cliniques réalisés sur chevaux ;

– d’une « salle de cardiologie » où sont rassemblés des animaux en peluche dans le thorax desquels des minis haut-parleurs ont été implantés, reliés à des lecteurs MP3 supportant des bruits cardiaques divers ;

Dans le salle d’auscultation, des chiens et des chats équipés de haut-parleurs implantés dans le thorax, permettent aux étudiants à apprendre à ausculter.
Dans le salle d’auscultation, des chiens et des chats équipés de haut-parleurs implantés dans le thorax, permettent aux étudiants à apprendre à ausculter.

– d’une « salle des sutures », dans laquelle les étudiants disposent de peaux artificielles, réalisées en silicone pour apprendre et s’entraîner à faire des sutures en tout genre ;

Apprendre à suturer sur des peaux en silicone.
Apprendre à suturer sur des peaux en silicone.

– d’une pièce qui concerne l’obstétrique des animaux de compagnie. Les étudiants disposent là de systèmes génitaux de chien.ne.s et de chat.te.s « hors abdomen » afin de s’entraîner à la stérilisation sur l’organe isolé ; avant de disposer d’abdomens complets pour répéter ces gestes dans une mise en situation proche de la réalité.

Stérilisation de chienne et chatte sur organes fabriqués en silicone se trouvant soit hors de l’abdomen, soit dedans.
Stérilisation de chienne et chatte sur organes fabriqués en silicone se trouvant soit hors de l’abdomen, soit dedans.

Un autre espace est consacré aux prélèvements chez les animaux de compagnie. Plusieurs « pattes » artificielles de chiens isolées permettent aux étudiants de réaliser leur première prise de « sang » (liquide rouge qui coule dans les veines en caoutchouc grâce à un système de perfusion), de poser leur premier cathéter. D’autres mannequins permettent de prélever de l’urine (sur chien.ne et chat.te), de ponctionner le thorax…

Une salle est consacrée à tous les gestes péri-opératoires. Elle est équipée d’un évier et d’une lampe UV pour apprendre à se laver correctement les mains avant une procédure chirurgicale. Un appareil d’anesthésie et des têtes de chien et chat en silicone permettent de s’entraîner à la préparation de l’anesthésie, à l’intubation et à la pose du système de monitoring.

L’espace des « bovins » quant à lui dispose d’une vache grandeur nature, de son veau, d’utérus isolés à divers stades du cycle et de la gestation. L’objectif ? Permettre aux étudiants de s’entraîner à la palpation transrectale du système génital de la vache, de s’initier aux gestes de l’insémination artificielle, et de procéder, pour la première fois de leur apprentissage, à la mise-bas en condition normale ou lors de dystocie.

Enfin, deux salles contiguës séparées par un miroir sans tain, et équipées de caméras, d’enregistreur et d’une télévision permettent l’apprentissage de la communication avec le client. Grâce à des jeux de rôles se déroulant dans une des salles (le « cabinet ») et suivis dans l’autre salle (l’observatoire) par les étudiants et l’enseignant, il est possible de décrypter les échanges verbaux et non verbaux ainsi que l’attitude du futur vétérinaire, et de s’en servir pour améliorer la qualité de la communication.

Un apprentissage par les « pairs »

Sur le plan de l’encadrement, la faculté a décidé de favoriser l’apprentissage par les « pairs ». Ainsi, si les directives et les informations de base sont données par des professeurs et des assistants, la réalisation et la répétition des gestes sont mises sous la surveillance d’étudiants-moniteurs. Par ailleurs, convaincue de l’utilité de cet outil pour l’apprentissage des futurs vétérinaires, l’ULiège vient d’ouvrir un poste d’assistant afin de gérer les activités et de continuer à dynamiser la structure dans le futur, réservant ainsi un bel avenir à ce nouvel outil d’enseignement.

Pour plus d’informations : Tatiana.art@uliege.be.