Des petites poires et des pommes potentiellement moins colorées pour la nouvelle récolte

Des petites poires et des pommes potentiellement moins colorées pour la nouvelle récolte

Pour les poires, et la Conférence, variété-reine en Belgique, dont la récolte a déjà commencé et se poursuivra jusqu’à la fin de la semaine prochaine, « les producteurs cueillent moins que ce qu’ils pensaient car les fruits sont plus petits que d’habitude », indique Olivier Warnier, du Centre fruitier wallon. La cause ? Le manque d’eau. « Malgré un enracinement assez profond, les poiriers sont en stress hydrique », constate-t-il. La qualité visuelle des fruits est là, et les poires sont plus sucrées. Mais des fruits plus petits risquent d’avoir moins de valeur à la vente. « Il y a parfois des gros écarts de prix d’un calibre à l’autre. Des poires plus petites peuvent valoir 30 % de moins. »

La sécheresse a sévi dans toute l’Europe et la Belgique ne sera donc pas la seule à produire des poires plus petites. Il faudra dès lors voir dans les prochains mois comment le marché va réagir, estime le spécialiste.

Pour les pommes, et singulièrement la Jonagold, qui est la variété commerciale la plus cultivée dans notre pays, la cueillette n’a pas encore commencé mais ici, c’est plutôt les fortes chaleurs qui posent problème. « Les fruits sont aussi plus petits mais la Jonagold est une pomme assez grosse donc ce n’est pas un trop gros souci. Par contre, il fait trop chaud et pour qu’une pomme colore, il faut des nuits à 7-8ºC », explique Olivier Warnier, qui craint dès lors que la colorisation des pommes soit insuffisante.

Le fruiticulteur se trouve en quelque sorte face à un dilemme : soit il récolte une pomme peu colorée mais qui risque d’avoir une valeur commerciale moindre, soit il patiente pour avoir une meilleure coloration du fruit mais au risque de récolter des pommes trop mûres qui se conserveront moins longtemps…

Plus généralement, il est prématuré à ce stade de porter un jugement définitif sur les récoltes car beaucoup de facteurs peuvent encore influencer les prix. « On peut avoir une bonne production en quantité mais des mauvais prix, ce qui ne sera pas bon pour le producteur, ou alors avoir une production moyenne et des bons prix. Il est beaucoup trop tôt pour se faire un jugement », conclut Olivier Warnier.

Belga

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