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La France demeure un ténor de l’agroéquipement

Le marché des agroéquipements a connu ces dernières années d’importantes perturbations à l’échelle internationale. La crise sanitaire, les pénuries de composants électroniques, la hausse des prix des transports et matières premières… auxquelles s’ajoute désormais la flambée des prix de l’énergie ne sont que quelques-uns des facteurs expliquant cette situation. Cependant, le marché français a réussi à tirer son épingle du jeu.

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Quelques chiffres clés permettent de confirmer la bonne santé du secteur des agroéquipements en France. Premièrement, celui-ci pesait, en 2021, pas moins de 7 milliards d’euros (vente de gros). Ce qui, deuxièmement, reflète une hausse de 16 % par rapport à 2020. Enfin, l’Hexagone représente 20 % du marché européen des agroéquipements, et occupe ainsi la première place de ce classement.

Nouvelle croissance

des ventes

Et Frédéric Martin, président d’Axema, le syndicat français des acteurs industriels de la filière des agroéquipements et de l’agroenvironnement, de se montrer optimiste pour 2022 : « L’année devrait s’achever sur une croissance des ventes de gros d’agroéquipements de l’ordre de 10 %, portant ainsi le marché à 7,7 milliards d’euros ».

Selon ledit syndicat, trois facteurs expliquent cette évolution : la hausse des prix de vente des matériels, une demande soutenue (et ce, malgré la hausse des coûts de production agricole) et le fait que les matériels vendus sont plus puissants, plus grands, plus technologiques…

« Fin septembre, les carnets de commandes étaient largement remplis et représentaient, en moyenne, cinq mois de production. De quoi envisager l’année à venir avec un certain optimisme », ajoute M. Martin.

Des incertitudes pour 2023

Les reports de commande de 2022 sur 2023 alimenteront également la croissance des ventes en début d’année prochaine. L’incertitude est, a contrario, forte en ce qui concerne la seconde partie de 2023, les professionnels de l’agroéquipement n’excluant pas un retournement de marché après cinq années consécutives de croissance. « Sur l’ensemble de l’année, la croissance du marché pourrait, dans un scénario favorable, se situer entre 0 et 5 %. »

Par ailleurs, les perturbations de production pourraient durer quelques mois encore, du fait des difficultés d’approvisionnement, notamment en composants électroniques et hydrauliques. Globalement, les délais de livraison devraient toutefois se réduire progressivement, « avec un possible retour à la normale dans le courant de l’année », espère Axema.

75.000 immatriculations

En 2021, le syndicat a observé 75.544 premières immatriculations de véhicules agricoles (tracteurs, matériel de transport, presses…). Il s’agit là d’un recul de 3,7 % par rapport à 2020. Une tendance légère mais qui traduit de fortes disparités d’un secteur à l’autre (tableau 1).

4035-immatriculation de véhicules agricoles-web

Du côté des tracteurs, 40.728 immatriculations ont été enregistrées en 2021, dont 36.053 tracteurs stricto sensu et 4.675 chargeurs télescopiques. La puissance moyenne de ces tracteurs était de 156 ch, soit une hausse de 26 ch par rapport à 2010.

En parallèle, on recense 15.000 robots en service en France, au sein de 8.000 fermes environ, toutes filières confondues. Le secteur s’affiche en plein essor et les sociétés actives dans le milieu recrutent de nouveaux profils, essentiellement tournés vers l’informatique et la robotique, et des techniciens de maintenance.

Sur l’ensemble de ces robots, 12.000 sont des modèles de traite. « Cela prouve que l’élevage constitue de loin le secteur phare de la robotique agricole, loin devant les filières végétales », avance Axema.

Sur le podium européen

La France demeure un ténor de l’agroéquipement européen et ce, à différents niveaux. Ainsi, le marché européen des agroéquipements (UE + Royaume-Uni) s’élevait à 34,2 milliards d’euros en 2021 (+ 20 % par rapport à 2020), dont 7 milliards sont à mettre au compte de la France, comme indiqué ci-dessus. Premier marché d’Europe, l’Hexagone est suivi par l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et la Pologne. Ensemble, ces cinq pays représentent 66 % du marché.

Si l’Allemagne est, sans conteste, le premier producteur au monde de matériel agricole (avec une production excédant 11 milliards d’euros), la France s’adjuge néanmoins la troisième place du classement, juste derrière l’Italie. Ces trois pays sont aussi ceux qui immatriculent le plus de tracteur avec, en 2021, le podium suivant : France, Allemagne et Italie.

À l’échelle mondiale, le marché se montre tout aussi dynamique. Les exportations se chiffraient, l’année dernière toujours, à 74 milliards d’euros, soit un bond de 23 % par rapport à 2020. Ici aussi, l’Allemagne s’adjuge la place de leader. Le top 5 est complété, dans l’ordre, par la Chine, les États-Unis, l’Italie et la France.

« Cette dernière a d’ailleurs vu ses exportations croître de plus de 28 % en 2021, atteignant un niveau de 4,1 milliards d’euros, soit une valeur supérieure à celle d’avant Covid. C’est, en outre, la première fois que le seuil des 4 milliards d’euros est franchi », détaille Frédéric Martin.

Les exportateurs français ont desservi 171 pays en 2021. 63 % des ventes extérieures sont à mettre au compte de leurs dix principaux partenaires commerciaux. 80 % du volume exporté demeurent en Europe (UE et hors UE).

Enfin, en matière d’importations, nos voisins sont les deuxièmes plus gros importateurs d’agroéquipements à l’échelle mondiale, derrière les États-Unis et devant l’Allemagne. Financièrement, cela représente un portefeuille de 5,7 milliards d’euros, en hausse de 25,5 % entre 2020 et 2021. Cette croissance a été tirée par les tracteurs agricoles (+51 %), qui représentent plus du tiers des importations françaises de matériel agricole.

J. Vandegoor

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