La filière lait garantit l’approvisionnement mais s’inquiète des conséquences du Covid-19

Les craintes des producteurs laitiers belges portent essentiellement sur la continuité de  la collecte et la transformation du lait, tout comme sur l’approvisionnement des intrants.
Les craintes des producteurs laitiers belges portent essentiellement sur la continuité de la collecte et la transformation du lait, tout comme sur l’approvisionnement des intrants. - J.V.

Ces dernières semaines, les producteurs laitiers et les entreprises laitières de transformation ont travaillé d’arrache-pied pour continuer à approvisionner les consommateurs en lait et en produits laitiers. Il sera sans doute plus difficile encore de remplir cette tâche au cours des semaines à venir, en raison de la possible augmentation du nombre de personnes contaminées par le coronavirus.

Dans ce cadre, les organisations agricoles et l’industrie laitière, réunies au sein de l’organisation interprofessionnelle MilkBE, suivent la situation au jour le jour. La santé des producteurs et des collaborateurs du secteur laitier est prioritaire. À cette fin, des directives d’hygiène spécifiques à la collecte et la transformation du lait ont été communiquées et mises en œuvre.

Assurer la collecte et l’approvisionnement

« La crise du coronavirus suscite beaucoup d’interrogations et d’incertitudes », rapporte MilkBE. Les craintes des producteurs laitiers belges portent essentiellement sur la continuité de la collecte et la transformation du lait, tout comme sur l’approvisionnement des intrants (aliments du bétail et autres matières premières).

Du côté des industries laitières, l’objectif est de maintenir la capacité de la logistique et de la transformation opérationnelle. Moyennant de gros efforts, la collecte du lait reste jusqu’à présent garantie et toutes les entreprises transformatrices sont actuellement opérationnelles. Une évaluation de la situation doit néanmoins être réalisée chaque matin.

Les plans nécessaires pour continuer à garantir au maximum la collecte du lait et la capacité de transformation ont d’ores et déjà été élaborés, même en cas de moindre disponibilité du personnel. Les laboratoires officiels qui contrôlent quotidiennement la qualité du lait ont aussi pris des mesures pour poursuivre leur fonctionnement normal, même dans des circonstances difficiles.

Recul des cotations et des exportations

L’impact économique de cette crise est déjà perceptible avec le recul des cotations des principaux produits laitiers. La demande locale en lait de consommation et en produits laitiers a augmenté dans les supermarchés. Mais la tendance naturelle du consommateur à accumuler des réserves va diminuer. En outre, la chute de la demande suite à la fermeture des restaurants et le moindre recours des consommateurs au « food service » ont des conséquences négatives sur les ventes de produits laitiers.

MilkBE observe également un recul important des exportations de produits laitiers, en raison essentiellement des mesures prises en Europe et en dehors de celle-ci. Le coût des activités logistiques a fortement augmenté et il y a de longs temps d’attente aux frontières.

Stabiliser l’impact économique de la crise

C’est pourquoi, l’interprofession demande aux détaillants de ne pas abuser de la situation instable sur le marché laitier international, de ne pas exercer de pression supplémentaire sur les transformateurs laitiers en ces temps de crise et de tenir compte de la situation exceptionnelle que nous visons actuellement.

« Il est important que des mesures soient prises pour stabiliser l’impact économique de la crise », ajoute MilkBE. « Nous demandons avec insistance l’activation du programme européen d’aide au stockage privé des produits laitiers. »

En outre, le marché n’absorbe pas, en ce moment, les volumes de laits supplémentaires. Il n’est donc pas souhaitable de disposer de davantage de lait. « Il est important que les producteurs laitiers mettent en balance le coût de production de leurs derniers litres avec le prix du marché et n’intensifient pas leur production. »