La filière lait en état d’alerte

La filière lait en état d’alerte

Alors que les éleveurs laitiers continuent leur travail habituel (produire pour nourrir), ils pourraient être impactés par la situation des marchés et les choix stratégiques des industriels de l’aval. En cette période de crise sanitaire, les marchés de produits laitiers et la demande sont en effet perturbés (baisse de ventes à l’export et dans l’Horeca, demande en hausse de la Grande Distribution...). Dans ce contexte, les éleveurs laitiers reçoivent des messages de leur laiterie les invitant à tenir compte de la situation des marchés dans l’évolution de leur production.

Face à cette situation, la Fédération Unie des groupements d’éleveurs et d’agriculteurs (Fugea) et ses éleveurs laitiers veulent:

– une communication des laiteries clarifiée et justifiée. Si la production doit être réduite, cela doit être indiqué de façon claire et précise. Surtout, une telle demande doit être justifiée par des données chiffrées (stocks, état des marchés...). Pour les éleveurs, difficile de comprendre d’où viennent les surplus alors que les rayons des grandes surfaces se vident et que l’offre ne suit pas. Si les stratégies des laiteries visant l’export ne permettent pas de répondre à la demande interne, elles doivent être revues;

– une réponse collective et politique. La situation ne peut être gérée uniquement par les fermes. D’une part, les différents acteurs de la filière doivent faire preuve de solidarité. D’autre part, il est urgent de mettre en place des outils de régulation de la production à l’échelle européenne par les pouvoirs publics (plutôt que d’envisager des systèmes de stockage des surplus). Une aide à la réduction volontaire (comme 2016) pourrait être envisagée. Des outils à mettre en place en cas de crise dans les prochaines semaines tout en sachant que des réformes structurelles seront nécessaires à plus long-terme.

Pour éviter une nouvelle crise du secteur laitier, ladite fédération demande le soutien des différents acteurs en particulier celui de nos gouvernements et de l’Union Européenne. Elle a d’ailleurs sollicité le ministre de l’Agriculture Willy Borsus afin de connaître les stratégies wallonnes et européennes pour réguler les marchés et garantir un prix rémunérateur aux producteurs. La Fugea n’acceptera pas que les éleveurs laitiers soient victimes de la situation des marchés ou des stratégies des industriels de la filière lait.

Le direct

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