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Travail au champ: quand c’est le moment, c’est le moment!

« Je ne tolère pas qu’on vienne, un dimanche, à 13h […] commencer à charruer un terrain ; il y a lundi, mardi, mercredi, jeudi… ». La Fugea et la FJA (Fédération des Jeunes Agriculteurs) réagissent à une vidéo publiée dans la presse montrant un agriculteur namurois bloqué sur son propre champ par un citoyen agacé de le voir travailler le dimanche. Celle-ci suscite débat – notamment sur Vivacité ce matin- et circule abondamment sur les réseaux sociaux.

Temps de lecture : 3 min

Un agriculteur a-t-il le droit de passer son tracteur à toute heure du jour et de la nuit, y compris le week-end et les jours fériés ? C’est la question posée par Vivacité à ses auditeurs et auditrices ce matin.

« Il faut savoir qu’en agriculture, quand c’est le moment, C’est le moment », dit la Fugea.

L’article 66 de la loi du 16 mars 1971 sur le travail stipule que les travailleurs d’une liste spécifique d’entreprises peuvent être occupés le dimanche (art. 66 de la loi du 16 mars 1971 sur le travail) ; l’exécution de travaux agricoles urgents ou indispensables, en fait partie. Par ailleurs, à l’instar de plusieurs autres communes, le Règlement général de police de la Ville de Namur autorise les agriculteurs à travailler la nuit, le dimanche ainsi que les jours fériés.

Cet incident n’est malheureusement pas un cas isolé. « C’est le plus élémentaire bon sens qui est aujourd’hui bafoué par un nombre croissant de citoyens, au profit de leur confort personnel. En effet, si les agriculteurs travaillent le dimanche à certaines périodes de l’année, c’est avant tout parce qu’ils sont soumis à la météo ainsi qu’au cycle des saisons, ce dernier ne s’arrêtant pas le dimanche… », rappelle la FJA.

« Le citoyen doit comprendre que pour qu’il puisse avoir ses pommes de terre, son sucre, son lait, sa viande et tous ses légumes, tout au long de la semaine, il y a, en amont, des agriculteurs qui, oui, même le week-end, se démènent 7 jours sur 7. Un travail fourni sans compter et avec passion, pour le bien commun », dit la Fugea.

« Nous ne pouvons tolérer les agissements de citoyens manifestant leur mécontentement suite aux nuisances sonores ou olfactives que ce travail pourrait engendrer. Ces gènes passagères et nécessaires ne justifient en rien les menaces et agressions verbales que nos agriculteurs et agricultrices perçoivent au quotidien », explique la Fugea. Et la FJA de préciser : « Ce type de comportements est en totale contradiction avec la demande croissante en matière d’alimentation locale, et contribue très certainement à décourager la génération émergente d’agriculteurs ».

« Nous appelons les citoyens à la tolérance, mais surtout au bon sens afin de permettre à nos agriculteurs de pouvoir continuer à nous nourrir et nous offrir le meilleur de leur travail dans notre assiette, au quotidien. Les fermes de type familial ont comme caractéristique d’être ancrées dans le tissu rural dont font partie les villageois. Les bruits et odeurs issus du travail agricole sont des réalités des zones rurales qui ne sont pas toujours bien accueillies par le citoyen. Pourtant, de nos jours, il faut s’en réjouir et les percevoir comme des signaux salutaires qu’un agriculteur est toujours en activités près de chez soi », précise la Fugea.

Dans le même sens, la FJA rappelle qu’à l’heure où l’agriculture vit des heures particulièrement sombres en termes de rentabilité économique et de renouvellement des générations, les citoyens devraient se réjouir de constater de l’activité agricole dans les zones rurales. En effet, il s’agit de la garantie d’un approvisionnement en nourriture locale et de qualité.

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