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La consommation bio demeure supérieure en Wallonie

Le marché bio poursuit sa croissance, tant à l’échelle nationale que régionale, en témoignent la hausse des dépenses et des parts de marchés attribuées aux produits issus de ce mode de production. On constate néanmoins que le Wallon débourse davantage, en comparaison avec les autres régions, pour s’offrir ce type de produit. De même, c’est au sud de pays que le bio s’adjuge le plus de parts de marché.

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Outre un panorama précis du paysage agricole bio wallon dressé par Biowallonie, l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité (Apaq-w) réalise, pour sa part, un état des lieux des achats et de la consommation de produits bio dans notre Région et en Belgique.

Nouvelles hausses des dépenses

Les dépenses totales des ménages belges pour les produits alimentaires bio s’élevaient à 978,2 millions l’année dernière. Il s’agit là d’une hausse de 4,6 % par rapport à 2020. En Wallonie, ce montant s’approche de 441 millions, en très légère hausse (+0,5 %). Entre 2016 et 2021, une croissance graduelle du marché bio est observée, tant à l’échelle nationale que régionale ( figure 1 ).

Figure 1: évolution des dépenses totales en produits bio effectuées par les habitants belges et wallons, en euros, de 2016 à 2021. (Apaq-w)
Figure 1: évolution des dépenses totales en produits bio effectuées par les habitants belges et wallons, en euros, de 2016 à 2021. (Apaq-w)

L’Apaq-w note toutefois que cette progression est plus importante pour la Wallonie (+87,5 %) que pour la Belgique (+56,6 %).

L’année dernière, la Wallonie totalisait près de la moitié des dépenses belges en produits alimentaires bio (45,1 % précisément). Néanmoins, cette proportion est plus faible que les années précédentes ( figure 2 ).

Figure 2: répartition des dépenses totales en produits bio effectuées par les ménages belges selon les régions, en 2021. (Apaq-w)
Figure 2: répartition des dépenses totales en produits bio effectuées par les ménages belges selon les régions, en 2021. (Apaq-w)

Par ailleurs, l’Agence observe que 98,4 % des ménages wallons ont acheté au minimum une fois un produit alimentaire bio au cours de l’année 2021. En 2020, ce chiffre s’élevait à 97,6 %.

Les produits laitiers restent en tête

La part de marché de l’ensemble des produits alimentaires bio sur le marché total belge (en valeur dépensée) a augmenté pour atteindre 3,82 % en 2021. En Wallonie, le constat est le même, avec une part de marché atteignant 5,44 % (+0,13 % en un an). Que ce soit au niveau national ou régional, on constate que la part de marché du secteur bio croit de manière continue et ce, depuis 2016.

Côté portefeuille, le Wallon dépense davantage en produits bio que le Belge. Le premier a dépensé, en moyenne, 121,50 €, soit 1,30 € de plus qu’en 2020 (+1,13 %). Le second a, quant à lui, déboursé 84,90 € contre 81,30 € un an plus tôt (+3,60 €, soit + 4,37 %).

Si l’on classe les dépenses par catégories de denrées alimentaires, les produits laitiers se retrouvent en première position, avec 11 € dépensés par Belge (17,80 € par Wallon). Suivent les légumes frais (9,50 € par Belge, 12,30 € par Wallon) et les fruits frais (8,80 € par Belge, 13,90 € par Wallon). Les viandes (6,20 € par Belge, 8,80 € par Wallon ; volaille non comprise) et les œufs (3 € par Belge, 4,40 € par Wallon) complètent le top 5.

L’Apaq-w constate d’importante progression des dépenses allouées à la viande, à la volaille et aux charcuteries et ce, aussi bien à l’échelle du pays que de la Wallonie.

276 €, en moyenne, par ménage wallon

Parmi les ménages wallons ayant consommé bio en 2021, 20,7 % achètent 71,8 % des produits bio écoulés ; ce sont les consommateurs réguliers. 28,6 % (consommateurs occasionnels) représentent 21,2 % des achats bio tant que les 50,7 % de consommateurs restants (consommateurs exceptionnels) endossent 7 % des achats bio.

L’année dernière, les ménages wallons ont dépensé en moyenne 276 € en produits alimentaires bio (+0,12 %). Ce montant grimpe à 958,80 € (-4,11 %) pour les consommateurs réguliers, soit une moyenne de 80 € par mois. Les consommateurs occasionnels ont déboursé 204,50 € (17 €/mois en moyenne) tandis que les consommateurs exceptionnels limitent leurs dépenses à 38,40 € par an (3,20 €/mois).

La légère progression observée du côté des dépenses moyennes s’explique par l’augmentation de la proportion de consommateurs réguliers et occasionnels et qui compense la diminution en valeur dépensée en produits bio.

La fréquence d’achat de produits bio est, quant à elle, stable en Wallonie. Elle s’élève à 32 actes d’achats, malgré de grandes disparités entre les groupes d’acheteurs. Les consommateurs réguliers ont acheté des produits bio 85 fois par an, soit plus de 1,5 fois par semaine. Les consommateurs occasionnels et exceptionnels ont respectivement réalisé 34 et 9 actes d’achats en 2021.

La grande distribution confirme sa première place

En 2021, les supermarchés étaient, une nouvelle fois, les lieux en Wallonie où les dépenses en produits alimentaires bio sont les plus importantes (40,4 % de la part totale des ventes en produits bio), suivi par les magasins certifiés bio (26,6 %). À eux deux, ils couvrent plus des trois quarts des dépenses enregistrées. La catégorie « Autres » et les hard discount (tels que Lidl et Aldi) sont respectivement en troisième et quatrième position, avec respectivement 12,5 % et 5,7 % des ventes totales en produits bio ( figure 3 ).

Figure 3: répartition des dépenses des produits bio en Wallonie selon les canaux de distribution en 2021 (%). (Apaq-w)
Figure 3: répartition des dépenses des produits bio en Wallonie selon les canaux de distribution en 2021 (%). (Apaq-w)

Si l’on s’intéresse à l’évolution de la part des ventes totales bio par canal de distribution, on constate que les magasins certifiés bio, dont la progression était importante depuis 2017 pour atteindre près d’un tiers des parts en 2020 (31 %), ont vu leur résultat reculer en 2021 par rapport à 2020. De même, les hard discount, les boulangers/pâtissiers et les magasins de santé/diététique accusent un recul de leur part de marché respective. L’Apaq-w constate que ces baisses se font aux bénéfices des bouchers, dont la progression est la plus marquée, des fermes/éleveurs, des marchés, des supermarchés et des hypermarchés.

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