D’une vasque abandonnée à un bassin aquatique avec lagunage à l’Institut St Joseph de Carlsbourg

Une journée pédagogique interne à l’école avait réuni en 2017 les professeurs en différents ateliers de travail.

L’un d’eux visait à identifier quelques « points noirs » en extérieur des bâtiments et à proposer des projets de rénovation, de conversion et de mise en valeur des lieux.

Mettre en valeur la pièce d’eau

À l’issue de la journée, un large consensus s’est dégagé pour remettre en valeur la cour d’honneur de l’Institut et plus particulièrement sa pièce d’eau centrale.

Enfin, pièce d’eau… Bien grand mots pour un bassin issu du passé, avec sa jolie ceinture de pierre de taille, mais dégradé par les hivers ardennais. Les derniers essais d’étanchéification datent de plus de 30 ans et le lieu ne devait son passage en mode « humide » qu’aux caprices météorologiques. Même les 4 truites fario qui en ornaient les quatre coins sont demeurées désespérément fontaines taries.

Deux projets tirent leur épingle du jeu, le premier consiste à le remblayer et à en faire un grand parterre. Moins technique, moins ambitieux, moins coûteux.

Le deuxième envisage une « renaissance aquatique ». Un bassin central doit accueillir des poissons et l’eau doit être recirculée et filtrée biologiquement avec des plantes aquatiques en ceinture extérieure. Techniquement beaucoup plus complexe, un peu fou, mais nettement plus exigeant sur les plans financier et humain.

Une fois les deux projets finalisés sur papier et budgétisés, les professeurs les présentèrent au pouvoir organisateur de l’école. Les réactions enthousiastes par le retour de l’eau dans la cour d’honneur actèrent le choix pour l’option 2. Non seulement pour la plus-value esthétique des lieux et le bien-être apaisant que procure une pièce d’eau vivante, mais encore par les possibilités d’implication des élèves et les valorisations didactiques pluridisciplinaires du projet.

Financer le projet

Si le feu est au vert, faut-il encore financer le projet…

Au tout début novembre 2017, un dossier bien ficelé est déposé par les élèves de 7e professionnelle « Aménagement des parcs et jardins » et l’équipe professorale auprès du Cabinet de M. le Ministre Di Antonio. Le 20 décembre de la même année, le subside souhaité est accordé dans le cadre de « Wallonie#Demain – Aménager des espaces d’accueil en utilisant des ressources existantes ».

Parallèlement, l’école reçoit des soutiens financiers substantiels de la « Communauté des Frères des écoles chrétiennes de Carlsbourg » et de la « Communauté des frères d’Orval ».

Évidemment, l’hiver ardennais ne permit pas les premiers travaux avant avril 2018.

C’est ainsi qu’en fonction des obligations scolaires et possibilités en semaine, le WE et durant les congés scolaires, les travaux sont mis en route.

Place aux travaux !

Il faut d’abord enlever les différentes couches de peintures époxy et primer de la surface du bassin. Exclu le sablage pour des raisons de santé, de coût et de poussières surtout. La façade du château des Frères venait juste d’être repeinte… Et on évalue à pas moins de 3,5 T les besoins en « sable noir »…

Les dizaines d’heures passées au nettoyeur haute pression ne donnent pas les résultats suffisants pour une bonne accroche des futurs produits. Il faut donc achever le fond à la ponceuse à béton et les parois latérales aux meuleuses manuelles.

Ensuite, place à toutes les réparations béton : buriner, disquer, remplir, talocher…

Juillet et août 2018 sont consacrés aux maçonneries intérieures dans le bassin. Parfois, au-delà des 50ºC au fond de l’arène ! Ni bon pour les mortiers, ni bon pour le maçon et son manœuvre !

Ce n’est pas simple ! Suivre les impératifs techniques, compenser les pentes internes au bassin, respecter les niveaux, suivre les courbes esthétiques du périmètre existant, inclure les tuyaux aux bons endroits et aux bons niveaux… Que de découpes !

En septembre, le moine est coulé. Place au cimentage des maçonneries.

Fin septembre-début octobre, 15 jours sont consacrés à l’étanchéification : 3 couches de primer époxy, 3 couches de résine polyuréthane, 2 couches de finition en polyuréthane coloré. Respect impératif des délais de séchage des différents produits.

Nouveau stand-by hivernal, jusqu’à une quinzaine inespérée en février dernier avec remobilisation des élèves : pose d’un film protecteur et des ballasts en fond de filtre biologique, puis placement des tuyauteries pour la recirculation de l’eau.

En mars vient la pose de la pierre de lave en fonction des exigences des plantes aquatiques (35 espèces) ; la pompe est mise en place.

En avril, s’ensuit l’implantation de toutes les plantes aquatiques, la mise à niveau de l’ensemble du filtre biologique en pierre de lave et l’introduction tant attendue de poissons indigènes adaptés (10 espèces).

Même si quelques aménagements mineurs restent encore à faire, le projet aura été mené à son terme avec succès ; et avant les portes ouvertes de l’Institut qui se sont tenues ce 5 mai !

ISJ Carlsbourg, une école vivante où il fait bon vivre et travailler en collaboration !

Pour l’ISJ Carlsbourg,

A. Blockeel, J.M. Stalmans

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