L’Australie bloque la vente d’un producteur de lait à un géant chinois

L’Australie bloque la vente d’un producteur de lait à un géant chinois

La vente pour 430 millions de dollars de Lion Dairy and Drinks, qui appartient actuellement au Japonais Kirin, attendait depuis novembre d’être approuvée. Mais Mengniu a retiré mardi son offre. « Compte tenu du fait que l’approbation ne devrait pas être donnée cette fois, Lion et Mengniu Dairy ont mutuellement décidé de cesser le processus de vente actuel », a indiqué Lion dans un communiqué.

L’autorité australienne de la concurrence avait donné son feu vert, mais le secrétaire australien au Trésor Josh Frydenberg a déclaré mardi dans un communiqué que la vente « serait contraire à l’intérêt national ». Le gouvernement australien a durci, il y a quelques mois, les règles régissant les investissements étrangers dans le pays, avec des mesures temporaires permettant un contrôle plus étroit des acquisitions de sociétés étrangères pendant la pandémie de Covid-19.

Les relations entre la Chine et l’Australie, déjà tendues sur toute une série de dossiers, se sont encore envenimées quand le Premier ministre Scott Morrison a appuyé les demandes américaines d’enquête sur cette épidémie dont les premiers cas ont été détectés dans la ville chinoise de Wuhan.

Premier partenaire commercial de l’Australie, la Chine avait suspendu au printemps les importations de bœuf de quatre gros fournisseurs australiens, puis imposé des droits de douane de 80,5 % sur l’orge de ce pays. Puis en juin, Pékin a invité les touristes et étudiants chinois à éviter l’Australie, justifiant cette recommandation par des incidents à caractère « raciste » contre des personnes d’origine chinoise. Pékin vient de lancer une enquête anti-dumping sur le vin australien, qui pourrait déboucher sur de lourdes taxes.

Investir à l’étranger

En fin d’année dernière, Mengniu avait obtenu le feu vert pour acquérir le spécialiste australien des préparations bio pour nourrissons Bellamy’s, dans un contexte de forte demande en Chine de lait pour bébé. Les scandales sanitaires en série en Chine, dont celui sur le lait à la mélamine en 2008 qui avait entraîné la mort de six enfants, ont renforcé l’attrait pour les produits alimentaires importés.

La filière laitière chinoise cherche depuis à se restructurer et à se développer : la plupart des grandes entreprises laitières chinoises ont ainsi investi à l’étranger, dans des usines, des fermes, ou des partenariats.

Belga

Le direct

Le direct