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Biodiversité: 1.300 espèces sans habitat d’ici 2050…

À l’horizon 2050, près de 1.280 espèces de vertébrés pourraient perdre au moins 25 % de leur habitat actuel.

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Dans un récent article paru dans la revue Nature, des scientifiques ont estimé pour la première fois la perte d’habitat que le développement des surfaces cultivées dans le monde pourrait entraîner pour près de 20.000 espèces de vertébrés. Ces projections résultent de l’évolution tendancielle de l’utilisation des sols dans le monde, affinée avec le modèle Eat-Lancet prévoyant la demande alimentaire et les échanges commerciaux. « Sous un scénario business-as-usual, nous projetons une augmentation totale de la surface agricole de 26 %, soit 3,35 millions de km 2 entre 2010 et 2050 », indiquent les chercheurs. Cette dynamique a ensuite été croisée avec la distribution spatiale de près de 20.000 espèces de vertébrés pour évaluer leur vulnérabilité. Or, avec ce développement attendu des cultures, « d’ici 2050, près de 1.280 espèces de vertébrés pourraient perdre au moins 25 % de leur habitat actuel », prévoient-ils.

« Les pertes moyennes projetées les plus grandes se trouvent en Afrique sub-saharienne », dit encore cette étude. Les mammifères de cette région, ainsi que les amphibiens et les oiseaux d’Amérique latine représenteraient à eux seuls 93 % des espèces dont l’habitat est le plus menacé. À l’inverse, la modélisation montre une réduction de la surface cultivée à l’horizon 2050 en Europe de l’Est, en Europe Centrale, et en Asie septentrionale, particulièrement en Russie et Biélorussie. « Favoriser la renaturalisation ou la restauration des habitats après la déprise agricole aura un effet mineur sur les projections d’ensemble des habitats à l’échelle de toutes les espèces examinées », préviennent les chercheurs.

Une stratégie alliant la hausse des rendements, des régimes plus sains, une réduction du gaspillage et une meilleure planification spatiale pourrait toutefois selon les chercheurs permettre d’atteindre une réduction de 3,4 Mkm 2 de la surface cultivée en 2050.

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