Les conseils de l’Afsca: que faire sur les parcelles ayant été inondées?

Si la partie récoltable d’une culture sur une parcelle inondée est entrée en contact avec l’eau contaminée, il est recommandé de ne pas la récolter pour la consommation ou l’alimentation animale.
Si la partie récoltable d’une culture sur une parcelle inondée est entrée en contact avec l’eau contaminée, il est recommandé de ne pas la récolter pour la consommation ou l’alimentation animale. - J.V.

S uite aux épisodes climatiques que la Wallonie a connus fin juillet, toutes sortes de contaminants biologiques (des bactéries et champignons, par exemple) et chimiques (des résidus de mazout, notamment) peuvent être restés sur des terrains et parcelles inondés après que l’eau se soit retirée. En outre, les réserves d’eau utilisées pour abreuver les animaux ou les plantes peuvent également avoir été contaminées. Dans certains cas, cette contamination pourrait s’avérer nocive pour les humains, les animaux et/ou les plantes.

Il n’est pas possible de déterminer de manière simple à quels risques un certain champ ou un certain approvisionnement en eau a été exposé. C’est donc dans ce cadre que l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) livre quelques conseils et recommandations aux agriculteurs qui ont été touchés par les inondations.

Les premières recommandations

L’Agence livre tout d’abord les conseils généraux suivants.

Premièrement, l’eau provenant de puits d’eau potable inondés, de citernes d’eau de pluie et d’autres sources d’approvisionnement en eau doit être analysée pour déterminer si elle est toujours appropriée. Les paramètres à analyser sont disponibles sur le site internet de l’Afsca (www.favv-afsca.be/professionnels).

En outre, si la partie récoltable d’une culture sur une parcelle inondée est entrée en contact avec l’eau contaminée, il est recommandé de ne pas la récolter pour la consommation ou l’alimentation animale.

En ce qui concerne l’utilisation ultérieure des champs ou prairies ayant été inondés, il est recommandé de ne pas les utiliser pour faire paître les animaux ni pour récolter des aliments pour animaux pendant au moins six mois. Pour les semis destinés à être récoltés en 2022, une analyse du sol est recommandée, ce qui devrait aider à prendre les mesures appropriées et à choisir les plantations adéquates.

Récolter une parcelle ayant été inondée

L’Afsca a également l’intention d’aider les agriculteurs touchés qui souhaitent encore récolter les cultures d’un champ inondé. Dans ce cas, une évaluation des risques est nécessaire et des analyses peuvent permettre de déterminer si les produits récoltés sont sans danger pour la consommation humaine et/ou animale. Un agriculteur qui se trouve dans cette situation peut contacter son Unité locale de contrôle et fournir les informations de base nécessaires relative au problème identifié.

L’Agence procédera ensuite à l’évaluation du risque sur base de ces informations et effectuera les analyses nécessaires. Elle financera également ces analyses. Une nouvelle fois, le site web de l’Afsca fournit davantage de détails concernant les contaminants qui doivent être pris en compte.

Des dérogations pour les éleveurs

Dès le lendemain des inondations, les dérogations nécessaires ont été validées afin de permettre l’hébergement des troupeaux de bovins et de moutons impactés par les événements chez d’autres agriculteurs et ce, sans perte de statut sanitaire. Néanmoins, un mois plus tard, certains éleveurs se trouvent toujours dans l’impossibilité d’utiliser leurs pâtures et/ou bâtiments pour héberger leur troupeau.

Au vu de la situation, le ministre fédéral de l’Agriculture, David Clarinval, et l’Afsca ont décidé de prolonger la possibilité de dérogation à l’hébergement des animaux jusqu’à ce que les éleveurs concernés puissent de nouveau utiliser leurs sites d’hébergement et ce, au plus tard jusqu’à la fin de la saison habituelle de pâture, 31 octobre). Cette mesure vise à laisser aux éleveurs le temps nécessaire à la remise en état de leurs sites d’hébergement, tout en assurant le maintien de la santé animale et de la traçabilité des animaux.

Pour en bénéficier, les éleveurs concernés doivent contacter l’ULC locale de l’Afsca afin de l’informer de leur situation et demander la prolongation de la dérogation à l’hébergement des animaux. L’ULC informera ensuite l’Arsia de ladite prolongation.