La Belgique a demandé à retrouver son statut «indemne de peste porcine africaine»

Si les deux demandes effectuées par la Belgique auprès de la Commission européenne  et de l’OIE aboutissent, la peste porcine africaine sera, enfin, de l’histoire ancienne.
Si les deux demandes effectuées par la Belgique auprès de la Commission européenne et de l’OIE aboutissent, la peste porcine africaine sera, enfin, de l’histoire ancienne. - J.V.

En septembre 2018, la peste porcine africaine (PPA) était découverte chez des sangliers dans les forêts du sud de la province de Luxembourg. Très rapidement, des zones ont été délimitées, conformément à la réglementation de l’Union européenne. L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) et la Région wallonne, chacune dans le cadre de leurs compétences et en collaboration, ont alors pris une série de mesures de gestion strictes afin d’éradiquer le virus du territoire belge et d’empêcher son introduction dans les exploitations de porcs domestiques.

Ces efforts particulièrement importants ont porté leurs fruits. En effet, depuis septembre 2019, il n’y a plus d’indication de nouvelles infections, ni de circulation du virus chez les sangliers. De même, le cheptel porcin belge a pu être préservé de toute contamination.

Forte de ces résultats, la Belgique a introduit, le 27 octobre, un dossier auprès des instances européennes et internationales en vue d’un retour à la situation d’avant septembre 2018.

Lever les zones européennes

Dès la découverte des premiers cas de sangliers positifs à la PPA, un premier périmètre de 63.000 ha (dit « zone infectée ») a été déterminé par la Commission européenne, sur proposition de la Belgique. Depuis, en raison de l’évolution de la maladie sur le terrain, le zonage a été revu à cinq reprises.

Vu l’évolution favorable de la situation, l’Afsca a introduit une demande formelle de levée de ces zones, ce qui correspond à une demande de statut indemne au niveau européen. La Commission européenne va examiner cette demande dont l’approbation est espérée pour le mois de novembre.

Retrouver le meilleur statut

Suite à la présence du virus sur notre territoire, la Belgique avait également perdu son statut « indemne de PPA chez tous les suidés » (qui englobe les porcs et sangliers domestiques ainsi que les sangliers sauvages), ne conservant son statut « indemne de PPA » que pour les seuls suidés domestiques. La perte de ce statut a eu comme conséquence immédiate la mise en place d’embargos et/ou l’impossibilité d’exporter notre viande et autres produits de porcs vers de nombreux pays tiers, causant des pertes économiques importantes pour le secteur porcin.

Au même titre qu’elle l’a fait auprès de la Commission européenne, la Belgique a donc introduit une demande de statut « indemne de PPA chez tous les suidés », ce qui est le meilleur statut envisageable. Il n’est actuellement pas possible de prédire quand cette demande sera approuvée par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

« Parvenir à introduire ces deux demandes de normalisation de la situation de notre pays à peine deux ans après l’apparition de la maladie pouvait paraître utopique au début de l’épidémie », estime le ministre fédéral de l’Agriculture, David Clarinval. « Pourtant, nous y sommes arrivés grâce aux actions menées conjointement par l’Afsca et la Région wallonne. Chacune, dans le cadre de leurs compétences, nous a permis d’empêcher l’introduction de la maladie dans les élevages de porcs et d’éradiquer la maladie chez les sangliers. »

Autoriser le repeuplement

L’acceptation de ces deux requêtes ouvrira la porte aux négociations avec les nombreux pays tiers qui avaient mis un embargo sur la viande de porc belge. Ces deux dernières années, quatre pays (Inde, Vietnam, Singapour et Kazakhstan) ont déjà levé leur embargo. D’autres le feront une fois le statut indemne retrouvé auprès de l’OIE. Pour d’autres pays, dont certains des plus importants, il ne s’agira que d’une étape préalable mais néanmoins indispensable à l’ouverture de négociations permettant de lever l’embargo.

Par ailleurs, suite à l’apparition de la PPA, tous les porcs détenus dans la zone infectée initiale ont été abattus de manière préventive afin d’éviter l’introduction de la maladie dans les exploitations de porcs domestiques. Le repeuplement y a été interdit et des indemnités ont été versées par le gouvernement fédéral et la Région wallonne. Suite à l’évolution favorable de la situation, l’interdiction de repeuplement sera levée prochainement.

La vigilance reste de mise

Présent à l’est de l’Europe et poursuivant sa progression, le virus de la PPA est arrivé en Allemagne en septembre dernier. Il a été détecté sur des sangliers dans l’est du pays, dans le Land de Brandebourg, à la frontière avec la Pologne. La Belgique, comme tous les pays européens, doit donc demeurer très vigilante pour éviter une seconde introduction.

Afin d’éviter toute réminiscence de la maladie au sein des sangliers, et bien qu’elle soit considérée comme éradiquée, la Région wallonne maintient d’ailleurs des mesures de surveillance et de contrôle dans le sud de la province de Luxembourg. Elles seront progressivement retirées, selon une stratégie préétablie.

Pour l’instant, seule la République tchèque a réussi à éradiquer la maladie de son territoire. « La Belgique a suivi la même stratégie et, bien que faisant face à une situation plus compliquée sur le terrain, elle est en passe d’en faire de même », observe le ministre Clarinval.