Que faire quand son potager a subi des inondations?

Après plusieurs semaines de pluies abandantes, le sol s'est refermé. Les racines des plantes sont asphyxiées. Des adventices se sont développées. Les limaces et escargots s'en sortent plutôt bien, eux. Dans le cas présent, il sera difficile de décompacter sans soulever les petits plants de laitues. Nous nous contenterons de binages et de scarifiations de surface.
Après plusieurs semaines de pluies abandantes, le sol s'est refermé. Les racines des plantes sont asphyxiées. Des adventices se sont développées. Les limaces et escargots s'en sortent plutôt bien, eux. Dans le cas présent, il sera difficile de décompacter sans soulever les petits plants de laitues. Nous nous contenterons de binages et de scarifiations de surface.

Lorsque le potager est inondé quelques heures, l’eau s’insère dans les porosités du sol et en chasse l’air. Après la décrue, la terre est refermée, très peu aérée. Les échanges gazeux de l’atmosphère du sol avec celui de surface ne se font plus. La flore et la faune dans le sol sont asphyxiées aussi.

Très rapidement, la plante ne développe plus, le feuillage montre des signes de pâlissement et de flétrissement. Alors que le sol est gorgé d’eau, les racines ne parviennent plus à assurer leur fonction d’absorption et la plante montre des signes de flétrissement.

Les racines brunissent et pourrissent. Les vaisseaux de la partie basse de la tige brunissent. La plante flétrit, les feuilles basses se nécrosent. La plante ne se développe plus.

Les semis réalisés peu avant les inondations peuvent être complètement ratés. Les semences pourrissent, asphyxiées au moment de leur germination. La croûte durcie en surface empêche la levée. Les plantules qui ont pu émerger du sol jaunissent, sous alimentées suite au manque d’activité des organismes actifs dans la minéralisation des matières organiques.

Toute la parcelle peut être atteinte, mais certaines zones peuvent en souffrir plus de part la configuration des lieux ou l’état initial de la structure et de la texture du sol.

Après la décompaction, le travail du sol en surface pourra redonner une certaine structure  au sol pour accueillir un nouveau semis ou une nouvelle plantation.
Après la décompaction, le travail du sol en surface pourra redonner une certaine structure au sol pour accueillir un nouveau semis ou une nouvelle plantation.

Que faire rapidement ?

Le sol est compacté, la structure est dégradée. Dès que le sol est ressuyé et que l’accès est permis, nous essayons progressivement d’aérer le sol. Un décompacteur ou une fourche-bêche permet de décompacter en profondeur. Nous devons éviter de soulever et déraciner les plantes cultivées présentes. Ce travail n’est donc possible que de manière limitée et locale en cette période de l’année. Un binage permet d’aérer la surface, dans presque toutes les situations.

Quand c’est possible, nous pouvons butter légèrement les plantes. D’une part, ce travail permet une certaine aération en profondeur de l’interligne. D’autre part, certaines espèces végétales ont la possibilité de former de nouvelles racines le long de tige récemment recouverte de terre. C’est notamment le cas des choux.

Enfin, il est parfois nécessaire de remplacer la culture par une autre. Le calendrier du potager paru dans Le Sillon Belge du 28 janvier 2021 peut nous aider dans le choix des espèces adaptées. Pour donner des chances de réussite, nous décompactons le sol sans le retourner. Nous complétons le travail en affinant le sol en surface pour permettre le nouveau semis ou la nouvelle plantation.

Après la décompaction, le travail du sol en surface pourra redonner une certaine  structure au sol  pour accueillir un nouveau semis ou une nouvelle plantation.
Après la décompaction, le travail du sol en surface pourra redonner une certaine structure au sol pour accueillir un nouveau semis ou une nouvelle plantation.

Et pour l’avenir ?

Un sol de la région limoneuse de Belgique peut absorber quelque 8 litres par m² et par heure. C’est un ordre de grandeur. Si les pluies sont plus abondantes, le sol est battu en surface, des écoulements amènent l’eau en d’autres endroits du terrain. Nous ne savons pas y faire grand-chose.

Mais nous pouvons intervenir pour améliorer la résistance du sol face aux fortes précipitations. Le drainage est une solution et a été décrit dans notre édition du 2 décembre 2016. Le paillage en est une autre et les éditions du 27 mars 2015 et du 29 septembre 2017 lui ont été consacrées.

Le CNRS et l’INRA français ont aussi publié en 2016 le fruit de recherches expliquant qu’une bonne teneur en potassium du sol permet aux plantes de mieux réguler leurs fonctions vis-à-vis des excès d’eau après une inondation. Retenons-le en faisant analyser la terre du jardin lors de l’hiver prochain (cf. Le Sillon Belge du 17 février 2017).

Surtout, poursuivons nos efforts de plantation et d’entretien de haies et d’espaces sauvages dans le jardin. Ils concourent à l’équilibre général y compris la gestion de l’eau.

F.

En bref

Essayons de :

– mettre rapidement en œuvre les mesures correctives immédiates : binages, décompactions du sol, remplacement des cultures anéanties ;

– tenir compte de ses observations pour les aménagements à prévoir : fertilisation potassique, drainage, paillage, culture sur ados, etc.

F.