En recul début 2019, la collecte laitière européenne est prévue en hausse sur l’année

Selon la Commission européenne, le marché laitier est jugé équilibré même si les marges des producteurs s’amenuisent.
Selon la Commission européenne, le marché laitier est jugé équilibré même si les marges des producteurs s’amenuisent. - P-Y L.

La situation du marché est « considérée comme équilibrée » avec « une croissance de l’offre et de la demande inférieure à la moyenne des dernières années précédentes », conclut l’Observatoire européen du marché laitier dans le rapport établi suite à sa réunion du 29 mars.

En janvier 2019, la collecte de lait dans l’UE a reculé de 1,5 % en volume par rapport à janvier 2018. La France, les Pays-Bas et l’Allemagne ont, à eux trois, produit 180.000 t de moins au total par rapport à janvier 2018, tandis que la Pologne ainsi que le Royaume-Uni ont enregistré des hausses de respectivement 32.000 t et 22.000 t. La Commission européenne a présenté les premiers éléments de ses perspectives à court terme qui prévoient une augmentation de 0,7 % de la production de lait de l’UE en 2019 (la plus grande partie de cette hausse étant attendue au cours du second semestre).

Le prix moyen du lait à la ferme dans l’UE s’est établi en janvier à 35 cts/kg, soit un niveau légèrement inférieur à celui de l’année dernière mais supérieur de 3 % à la moyenne des cinq dernières années. Les marges brutes de producteurs ont toutefois été en baisse au 4e trimestre 2018, notamment en raison d’une hausse des coûts de l’alimentation animale.

L’offre mondiale de lait a progressé à un rythme plus lent fin 2018, la hausse globale pour l’année dernière s’établissant à 1 %. Des prévisions météorologiques défavorables et des prix du lait plus faibles pourraient entraîner une croissance modeste de la production dans les mois à venir aux États-Unis et en Océanie.

Une transparence accrue

à l’étude

Le rapport souligne également que les incertitudes concernant l’issue du Brexit pourraient affaiblir les prix des produits laitiers. Certains rapports mentionnent que des stocks importants sont en train de se constituer au Royaume-Uni dans l’éventualité d’une sortie de l’UE sans accord. Néanmoins, les experts estiment que les tarifs douaniers qu’envisage d’imposer le Royaume-Uni aux produits laitiers en cas de « no deal » « ne mettront pas fin au commerce (même s’il reste à voir si les acteurs de la chaîne d’approvisionnement supporteront seuls le fardeau économique) ».

Enfin, à l’occasion de cette réunion, la Commission européenne a présenté les évolutions qu’elle envisage de mettre en place pour les produits laitiers dans le cadre de l’initiative sur la transparence des marchés qu’elle prépare.

L’idée est ainsi émise d’étendre la collecte et la publication de données avec un système numérique de notification des prix tout au long de la chaîne d’approvisionnement dans la mesure où cette publication ne soulève pas de problèmes de concurrence. Mais l’industrie laitière a souligné la complexité de la collecte et de la surveillance des prix, notamment au détail.