Collecte laitière: la croissance reste faible dans les grands bassins exportateurs

Les effets de la Covid-19 dans l’Union européenne et aux États-Unis ont entraîné un recul de la production laitière dans l’hémisphère Nord  en avril, toutefois compensé par la progression dans les bassins du Sud qui se trouvent dans le creux de leur collecte annuelle.
Les effets de la Covid-19 dans l’Union européenne et aux États-Unis ont entraîné un recul de la production laitière dans l’hémisphère Nord en avril, toutefois compensé par la progression dans les bassins du Sud qui se trouvent dans le creux de leur collecte annuelle. - P-Y L.

En mai, l’évolution de la production des principaux exportateurs mondiaux de produits laitiers est similaire à celle de l’UE soit une tendance à une moindre progression de la production laitière sur mai. Alors que la production cumulée des 5 principaux exportateurs dépassait son niveau de l’an passé de +500.000 t en mars, cette progression n’était plus que de 110.000 t en mai. L’hémisphère Nord, via ses deux grands bassins que sont l’UE-27 + Royaume et les États-Unis, accuse même un recul de sa production de 47.000 t, lié essentiellement au fort recul étasunien.

La filière laitière états-unienne

dans la tourmente

Ce ralentissement se fait notamment sous l’influence du recul états-unien. En effet, alors que la production y avait continué sa progression en avril (+1,2 % par rapport à 2019) dans la lignée des mois précédents (mais avec une collecte en baisse, environ 2 % du lait ayant été jeté sur les fermes), elle a reculé de -1,1 % en mai. À un peu plus de 8,5 Mt produites sur le mois, il s’agit du plus bas niveau depuis mai 2016.

Durement touchés par la crise sanitaire, alors qu’ils se relevaient tout juste en 2019 de plusieurs années de prix bas, les producteurs subissent une nouvelle chute du prix du lait en mai, à 300 $/t (-24 %). Il faut remonter à septembre 2009 pour trouver un prix plus bas ! La baisse du coût alimentaire (-9 %) ne suffit pas et un effondrement de la marge sur coût alimentaire est constaté. À 118 $/t (-80 $/t soit -40 %), elle est à son plus bas niveau depuis 7 ans.

Ces baisses de prix ont conduit de nombreux élevages à réduire leur cheptel. Ainsi, même s’il reste supérieur à son bas niveau de l’an passé à la même période (+0,4 %), le cheptel de vaches laitières dénombré en mai s’est contracté de 11.000 têtes d’un mois à l’autre.

Dynamisme de la production dans l’hémisphère Sud

La production laitière néo-zélandaise poursuit sa baisse saisonnière à l’approche de son creux de collecte annuel de juin. Malgré tout, à 905.000 t en mai, elle a progressé de 37.000 t d’une année sur l’autre (+4,2 % en volume et +3,8 % en MSU) pour la première fois depuis août dernier, ne semblant pas impactée par les annonces de prix assez pessimistes de Fonterra sur la campagne à venir.

En Australie, le mois de mai a constitué le 5e mois consécutif de hausse de la production laitière (+6 % par rapport à 2019). Sur les 11 premiers mois de la campagne démarrée en juillet 2019, la collecte n’accuse plus qu’un retard de 0,7 % par rapport à la précédente contre 4,4 % à la mi-campagne fin décembre.

En Argentine, la collecte laitière poursuit la dynamique amorcée début 2020. À 830.000 t sur mai, elle a progressé de +11 % d’une année sur l’autre sous l’effet de conditions climatiques favorables et de prix toujours élevés en monnaie locale (+25 % par rapport à 2019). Le pays compense presque le recul américain à lui seul. Malgré tout, avec un débouché intérieur peu dynamique et des débouchés internationaux qui pourraient devenir de plus en plus incertains avec la crise économique, certains experts prédisent d’ores et déjà un possible effondrement du prix au producteur dans les mois à venir.

D’après Tendances

Lait et Viande (Idele)

Ralentissement de la croissance généralisé au sein de l’UE

Après s’être infléchie en avril (+0,6% /2019 après+1,5% sur le 1er trimestre), la croissance de la production laitière de l’UE-27 + Royaume-Uni a de nouveau ralenti en mai. A un peu plus de 14,5 millions de tonnes, la collecte mensuelle affiche une progression de seulement +0,3% d’une année sur l’autre, soit sa plus faible croissance depuis juin 2019.

Alors que la France et le Royaume-Uni enregistrent les plus forts reculs en volume absolu d’une année sur l’autre (respectivement -43.000 t et -17.000 t, soit -1,9% et -1,2%), l’Irlande et la Pologne compensent quasiment le recul de ces deux pays et restent de fait les deux principaux acteurs de cette croissance limitée avec +38.000 t et +19.000 t (soit +3,5% et +1,8%).

En Pologne, le mois de mai marque même un retour à une croissance sur des bases proches de l’avant-crise alors que le mois d’avril avait été en demi-teinte à seulement +0,4% d’une année sur l’autre.

A l’inverse, alors que la collecte néerlandaise n’avait pas semblé affectée en avril (+1,7% /2019), elle a moins progressé en mai (+0,6%), peut-être sous l’effet de prix moins incitatifs et conditions climatiques moins favorables.