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Les clés pour réussir son projet agroforestier tout en conservant son parc de machines agricoles

La mise en œuvre d’un projet agroforestier ne laisse aucune place à l’improvisation. En effet, plusieurs questions majeures doivent trouver une réponse avant d’entamer les plantations, en vue d’assurer la réussite dudit projet. Parmi celles-ci, figure celle de l’intégration de la mécanisation dans pareil système.

Temps de lecture : 15 min

L’agroforesterie est un mode de production suscitant de plus en plus d’intérêt. Il faut dire que l’intégration d’arbres dans les systèmes de culture et/ou d’élevage leur apporte nombre de bienfaits et d’atouts grâce à différents services écosystémiques. En effet, outre la valorisation du bois ou des fruits produits par exemple, les arbres et haies participent significativement à la lutte contre l’érosion, à l’atténuation des effets de la sécheresse, à l’amélioration du sol, à la création d’un microclimat favorable, au stockage du carbone ou encore au renforcement de la biodiversité. Sans oublier que les arbres créent un milieu de travail ombragé rendant les tâches manuelles moins pénibles lors de journées chaudes et ensoleillées, concourant ainsi au confort de travail d’un maraîcher par exemple.

Si ce tableau paraît bien séduisant, la mise en place d’un tel système agroforestier ne s’improvise pas : il doit être bien étudié et réfléchi. Parmi les questions majeures les plus fréquentes figure celle de l’intégration de la mécanisation dans pareil système. C’est précisément pour répondre à cette question, sujet central de ce dossier, que nous avons rencontré Géraud De Streel, chargé de projets pour l’Awaf, l’association pour la promotion de l’agroforesterie en Wallonie et à Bruxelles.

Assurer la productivité et la compatibilité

Comme le confirme Géraud, le matériel agricole ne doit pas constituer un frein à l’implantation de l’agroforesterie : « Il faut d’emblée tordre le cou aux a priori erronés : d’aucuns pensent que l’arbre ou la haie représente une contrainte par rapport au fonctionnement des machines. »

« S’il est vrai que, par le passé, on a éliminé des arbres du milieu agricole pour en faciliter la mécanisation et permettre le remembrement des parcelles, il convient de replacer les choses dans le contexte actuel : ce remembrement est aujourd’hui terminé et nous pouvons réintégrer des haies et des arbres dans les grandes parcelles ainsi obtenues. Nous le faisons intelligemment, d’une part pour optimiser le potentiel productif tant de la culture ou de la prairie que de l’arbre mais aussi, d’autre part, pour rendre compatibles le système agroforestier et le parc de machines de l’exploitation. »

Adapter l’optimum technico-économique aux machines…

Lors de l’étude d’installation d’un projet agroforestier, l’intégration des alignements d’arbres dans la parcelle tient compte des paramètres liés à la mécanisation et à l’orientation des alignements par rapport aux points cardinaux. Il est préférable de privilégier une orientation Nord-Sud pour limiter l’ombrage mais certains facteurs contraignants tels que la forme de la parcelle ou la pente peuvent influencer cette orientation également.

La densité des lignes plantées dépend du type d’arbres plantés et de l’objectif recherché (haie, bois d’œuvre, arbres fruitiers…). Le nombre de lignes répond, lui, à trois critères principaux : la taille et la forme de la parcelle, l’ombrage souhaité et la compatibilité avec le matériel agricole.

En agroforesterie tempérée, l’optimum technico-économique se situe au niveau de lignes espacées de 25 à 35 m et plantées à faible densité (généralement moins de 50 arbres par hectare). Cet optimum est ensuite adapté en fonction du parc de machines de la ferme, comme en atteste Géraud.

Il est important que chaque machine effectue des passages entiers  pour éviter les pertes de temps et de rentabilité.
Il est important que chaque machine effectue des passages entiers pour éviter les pertes de temps et de rentabilité.

« L’espacement entre les lignes d’arbres doit correspondre au plus petit commun multiple des largeurs des différentes machines, de façon à obtenir des passages entiers pour toutes ces machines. Il faut éviter que certains matériels ne fassent que des demi-passages car cela engendrerait pertes de temps et baisse de rentabilité. »

… sans oublier la bande enherbée

Lors de ce calcul, il est bien entendu impératif de tenir compte de la bande enherbée située au pied des arbres. « Cette bande revêt essentiellement un objectif de sécurité, en maintenant une distance minimale pour parer à tout heurt d’un arbre avec une machine. Lors de pareil accident, on est deux fois perdant puisque des dégâts sont occasionnés à l’arbre dont la valorisation est alors partiellement ou totalement mise à mal et la réparation des dommages à la machine est potentiellement très coûteuse. »

La bande enherbée revêt essentiellement un objectif de sécurité.
La bande enherbée revêt essentiellement un objectif de sécurité.

La largeur de la bande enherbée peut être adaptée en fonction des conditions d’exploitation et de la technologie dont bénéficient les machines agricoles. Par exemple, si le matériel est guidé avec un système de guidage très précis, tel le RTK, il est possible de s’approcher davantage des arbres sans aucun risque et donc de réduire la largeur de la bande.

La bande enherbée est un compromis : on peut toujours la réduire mais cela impose alors de travailler plus lentement et de maintenir une plus grande vigilance. « Il faut aussi prendre en considération les conditions de terrain rencontrées : sur un sol argileux en dévers et glissant, il est évident que la marge de manœuvre doit être supérieure, d’où la création d’une bande plus large. »

Toujours dans la même idée, il faut porter une attention particulière aux machines de grande envergure : leurs mouvements en bout de rampe sont plus amples, ce qui réduit la précision de travail. La marge de sécurité doit donc aussi être adaptée à ces matériels. « De nouveau, les technologies embarquées peuvent permettre de réduire la largeur de la bande enherbée ; ce pourra être le cas, par exemple, avec un pulvérisateur doté d’un système anti-fouettement, d’un système de correction de dévers… ou encore avec un matériel doté de palpeurs. »

Ni dans les bouts de ligne, ni dans les coins

La tournière mérite aussi une réflexion bien menée. Généralement comprise entre 15 m et la largeur entre deux lignes d’arbres, elle doit permettre d’éviter les pertes de temps lors des manœuvres de demi-tour et d’entrer facilement dans la bande de culture suivante en étant parfaitement parallèle aux lignes d’arbres. On ne plante donc pas d’arbres jusqu’au bout des lignes ni dans les coins des parcelles.

Et Géraud de poursuivre : « Les arbres de début et de fin d’alignement sont souvent des essences moins intéressantes car le risque de les heurter est supérieur. Les essences plus nobles et plus rentables sont au contraire placées bien à l’abri au cœur de l’alignement, là où ces arbres sont le mieux protégés des coups, pour les valoriser au maximum ».

Et dans les pentes ?

En outre, la question de la pente du terrain influence la disposition des arbres. Comme le souligne notre interlocuteur, si la pente est inférieure à 20 %, les alignements sont disposés perpendiculairement à la pente. Cette implantation, compatible avec le travail des machines, participe activement à la lutte contre l’érosion du sol.

Au-delà de 20 %, travailler perpendiculairement à la pente n’est pas souhaitable pour plusieurs raisons : trop de risque d’instabilité et de retournement des machines, précision de travail avec les outils amoindrie… Dans pareille situation, la mise en place du système agroforestier est à étudier spécifiquement, par exemple en optant pour une structure périparcellaire avec des haies autour de la parcelle pour poursuivre le but de réduction de l’érosion du sol.

Des bris de branches rares et peu problématiques

Les bris de branches et le travail associé pour les dégager ainsi que des dégâts potentiels occasionnés aux machines soulèvent aussi beaucoup d’interrogations auprès des agriculteurs intéressés. « Il est clair que des branches peuvent casser mais il faut relativiser ce phénomène », intervient Géraud.

« Nombreux sont ceux qui ont connu ce genre de mésaventure avec des chutes de branches d’arbres plantés en bord de route. Et, comme le dit le dicton, chat échaudé craint l’eau froide. Mais ces arbres ne sont pas des éléments agroforestiers. Ils ont été plantés spécifiquement pour faire de l’ombre, sont souvent âgés, pas toujours en bon état sanitaire, peu ou mal entretenus. Ils ne bénéficient par ailleurs pas des interactions positives avec la culture. »

Bref, ces arbres de bord de route sont confrontés à des conditions difficiles. Ils ne peuvent être comparés aux plantations agroforestières dont les arbres sont, eux, plantés pour limiter l’ombrage à un niveau souhaité, bénéficient d’une croissance dynamique, sont entretenus attentivement et peuvent tirer profit de leur complémentarité avec la culture. Ce sont également des arbres de plein vent, et donc résistants, puisqu’ils sont plantés à faible densité.

« Même si l’on n’est pas totalement à l’abri d’une casse de branche, les arbres agroforestiers y sont moins sujets puisque moins sensibles. De plus, il faut des conditions de gros vent, qui surviennent essentiellement en fin de saison et les bris de branches qui peuvent en résulter sont dès lors moins problématiques pour la culture ».

La gestion de l’élagage se révèle aussi fondamentale dans la conduite d’un système agroforestier. D’une part, celle-ci dépend de l’objectif poursuivi : lorsque, par exemple, l’on souhaite produire du bois d’œuvre, la valeur finale des arbres sera fonction de la hauteur d’élagage.

D’autre part, le type de système influe également sur l’élagage. La conduite des arbres ne sera en effet pas la même selon qu’ils sont associés à du bétail (il faudra alors considérer le type de bétail envisagé) ou des cultures. Dans ce dernier cas par exemple, l’élagage devra permettre de dégager la hauteur de cabine afin d’éviter d’éventuels dégâts à celle-ci.

La gestion de l’eau, un point crucial

Autre question cruciale : la gestion de l’eau. Celle-ci revêt deux aspects, à savoir le drainage et l’irrigation des plantations. Dans le cas d’une parcelle drainée, le risque majeur consiste à planter les arbres trop près des drains et de voir ainsi les racines les boucher. Il est donc important de connaître la position exacte des drains, soit au moyen du plan de drainage, soit en les repérant, afin d’adapter au mieux l’implantation des arbres.

Quant à l’irrigation, Géraud tient à préciser les éléments suivants : « L’arrosage des jeunes plantations concerne essentiellement les arbres destinés aux productions fruitières ou de bois d’œuvre. Les plants de haie, de moindre valeur, sont rarement arrosés. Il faut à tout prix éviter le goutte-à-goutte car il modifie le système racinaire de l’arbre, qui se développera alors superficiellement et d’un seul côté à cause de cet apport d’eau en surface. Or, en agroforesterie, le but est que les arbres développent des racines profondes pour obtenir des interactions positives avec la culture et éviter le phénomène de concurrence. »

De plus, des racines profondes procurent à l’arbre une meilleure stabilité et une plus grande résilience à la sécheresse, sans oublier que le travail du sol effectué par les déchaumeurs, charrues et autres outils à disques ou à dents, ne sera pas entravé par de grosses racines horizontales.

« L’irrigation des jeunes plants ne pose généralement pas problème en prairie mais peut en engendrer en grandes cultures, puisqu’elle doit être conduite lors des épisodes secs survenant le plus souvent en été, lorsque la culture est en place. Toutefois, pour les raisons d’enracinement évoquées ci-avant, on privilégiera un apport massif d’eau en une fois pour ne pas revenir avant quelques semaines. Il est donc possible de minimiser l’impact sur la culture ».

Le cernage, pour booster le développement racinaire

Géraud prolonge ses explications relatives au développement racinaire des arbres : « L’enracinement profond des arbres est favorisé par une opération appelée « cernage », qui peut être naturelle ou mécanique. »

Dans le cas du cernage naturel, l’arbre va être associé à une culture d’hiver très rapidement dans son cycle de vie. Il se retrouve alors confronté à une concurrence avec les racines de la culture. Naturellement, l’arbre va faire plonger ses racines dans un horizon de sol plus profond. Le cernage mécanique, lui, requiert du matériel puisqu’il consiste en un passage de dent de sous-soleuse à proximité de l’arbre pour rompre les racines superficielles, ce qui force le sujet à faire plonger ses racines.

Le cernage se révèle efficace car, même avec le peuplier, essence aux racines naturellement traçantes, on parvient à les faire plonger en profondeur. « La sous-soleuse est donc une machine intéressante, à employer périodiquement, dès que les arbres sont suffisamment forts (vers 7 – 10 ans) ».

Veiller à l’entretien des arbres et haies

Pour tirer profit des arbres en agroforesterie, ces derniers doivent être correctement entretenus. « Dans les premières années, il sera crucial de limiter la compétition venant des espèces herbacées pour optimiser les chances de reprise des plants. Pour cela, diverses solutions sont possibles et le choix se portera en fonction de la facilité de travail, des ressources disponibles localement… Parmi ces techniques figurent notamment le paillage (films, fibres ou toiles biodégradables, BRF, miscanthus, paillage vivant…), le désherbage mécanique ou encore le dégagement mécanisé (à la débroussailleuse par exemple). »

Les opérations de formation et d’élagage  de l’arbre requièrent un matériel  relativement simple.
Les opérations de formation et d’élagage de l’arbre requièrent un matériel relativement simple.

Ensuite, des opérations de formation de l’arbre et d’élagage seront à mener. Ces opérations ne sont guère complexes et ne nécessitent pas un matériel très sophistiqué ; une tronçonneuse, une scie et un sécateur, pourquoi pas électrique, suffisent déjà pour accomplir un bon travail.

Il y a par contre plus à discuter au sujet des haies. Certaines haies, comme celles qui sont maintenues par le bétail, demandent peu d’entretien. En pareil cas, il suffit de protéger les jeunes plants et, le cas échéant en fonction de l’espèce animale et de son comportement, d’assurer la protection de la haie (par exemple, la haie peut être protégée de chèvres qui auraient tendance à vouloir s’en nourrir à outrance ou de bovins qui pousseraient cette haie).

D’autres systèmes requièrent plus d’interventions, notamment pour contenir l’ampleur de la haie ou pour la valoriser en bois d’énergie ou en bois de paillage. Beaucoup d’outils existent pour tailler une haie. Il est important de choisir adéquatement ce matériel en fonction de l’objectif fixé et de la fréquence de coupe prévue.

Avec l’outillage adéquat

« La machine la plus fréquemment utilisée pour ce faire est l’épareuse. Cette machine a pour avantages d’être souvent déjà présente dans l’exploitation, se révèle plutôt économique et polyvalente, ne nécessite aucun ramassage de la matière puisqu’elle la broie. L’épareuse procure un résultat très satisfaisant avec les repousses et les bois de petit diamètre mais provoque l’éclatement des bois plus durs et de plus grandes dimensions (dès 1 cm pour les épareuses à couteaux et vers 3 à 4 cm de diamètre pour les épareuses à marteaux en fonction de l’état d’affûtage des outils). »

L’épareuse éclate les bois durs et de plus grand diamètre. En pareil cas,  mieux vaut opter pour un outil alternatif, à l’image de ce lamier à scie.
L’épareuse éclate les bois durs et de plus grand diamètre. En pareil cas, mieux vaut opter pour un outil alternatif, à l’image de ce lamier à scie.

Ceci est préjudiciable car ces blessures d’éclatement constituent autant de points d’entrée pour des pathogènes. Cela favorisera les espèces les plus résistantes et dynamiques au sein de la haie au détriment d’autres, ce qui mènera à une homogénéisation des espèces dans cette haie. Ce phénomène se révélera le plus souvent contre-productif. L’épareuse n’est donc pas à utiliser dans toutes les situations.

Dans le cas de tiges de plus grand diamètre, il convient de choisir un autre outil, comme un lamier à scie, un lamier à fléaux, un sécateur hydraulique… Si l’on souhaite produire des quantités volumineuses de bois énergie, il est pertinent d’investir dans une pince forestière ou de solliciter la prestation d’un entrepreneur équipé.

« Si l’objectif est de favoriser la biodiversité, en plus de ce matériel de taille de haie, la tronçonneuse sera un fidèle allié pour mener à bien des opérations plus ciblées dans la haie, par exemple pour ramener de la lumière à l’intérieur de celle-ci, en favoriser l’hétérogénéité… Le choix des matériels d’entretien des plantes agroforestières doit donc se réfléchir au cas par cas ».

Une récolte à adapter au système choisi

Reste à envisager la récolte des arbres et/ou de leurs produits. Ces opérations de récolte seront bien sûr à nouveau fonction du système agroforestier. Lorsque celui-ci est constitué d’alignements d’arbres destinés à la production de bois dans une parcelle agricole, il n’y a guère de soucis, y compris pour le débardage des grumes ; il suffit juste de veiller à pratiquer ces travaux d’abattage, débardage et évacuation du bois (grumes et houppier) en période hors culture.

« Attention cependant aussi à choisir une période durant laquelle les sols sont portants car le matériel d’exploitation forestière est un matériel lourd dont l’impact sur le sol agricole peut être néfaste. Les périodes de gel sont, par exemple, propices à ces opérations d’exploitation forestière », prévient Géraud.

Quand des fruits doivent être récoltés, il est possible que cette récolte survienne à un moment où la culture agricole est toujours en place. Il convient donc de prévoir une zone facilement accessible au pied des arbres pour récolter les fruits et les évacuer aisément. Ceci doit être pris en compte au moment de la réflexion liée à la largeur de la bande enherbée.

Les saules peuvent être récoltés en vue d’assurer une production de biomasse.
Les saules peuvent être récoltés en vue d’assurer une production de biomasse.

Le type de production fruitière influence directement cette bande enherbée, non seulement au niveau de sa largeur mais aussi de sa physionomie, comme le souligne Géraud : « Je prends pour exemple la récolte de noisettes, qui se fait au moyen d’un balai-râteau. En pareil cas de figure, la bande enherbée doit se rapprocher d’un gazon parfaitement plan, sans cuvettes ni ornières, afin de ramasser toutes les noisettes. Au niveau des machines, cela signifie qu’il faut porter une grande vigilance aux endroits où elles passent pour ne pas créer d’ornières nuisibles. Le cas échéant, des pneus basse pression doivent être envisagés ».

Les machines, une question essentielle sans être un frein

Pour conclure, nous pouvons retenir qu’agroforesterie et mécanisation ne sont pas inconciliables, loin de là. Un parc machines existant peut parfaitement s’intégrer dans un projet agroforestier, limitant ainsi les investissements à mobiliser pour pareil projet, même si certains matériels, dévolus à l’entretien des arbres ou la récolte des fruits par exemple, devront en cas de besoin être acquis.

Ceci est d’ailleurs corroboré par le mot de la fin que nous laissons à Géraud : « Par les contacts que j’entretiens régulièrement avec des agriculteurs, je sais que la compatibilité de leur matériel existant avec le projet d’agroforesterie reste une question pivot dans leur réflexion lorsqu’un tel projet est envisagé. Et à juste titre. J’insiste sur le fait qu’un parc de machines existant ne constitue pas et ne doit pas constituer un frein ».

L’avantage de l’agroforesterie est qu’elle offre une très grande souplesse et un panel de possibilités très large pour adapter le projet aux objectifs recherchés et aux conditions locales. « Il existe donc toujours des solutions. L’intégration du matériel agricole est donc toujours possible mais il faut la penser consciencieusement et méthodiquement pour parer à toute mauvaise surprise par la suite. »

De même, il faut avoir conscience que les arbres seront présents dans la parcelle pour une longue durée. Il est donc préférable de se projeter aussi quelque peu dans l’avenir et de réfléchir aux investissements futurs en matériel. « Imaginons le cas d’un cultivateur souhaitant changer sa moissonneuse-batteuse dans les cinq années à venir pour un modèle de plus grande largeur, il convient d’anticiper ce remplacement dans la réflexion de l’implantation des arbres. Un projet agroforestier réussi est un projet agroforestier bien pensé sous toutes ses facettes, en ce compris en ce qui concerne l’emploi des machines agricoles de l’exploitation ».

N.H.

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