Retrait des usages en pré-récolte du glyphosate

Retrait des usages en pré-récolte du glyphosate

L’usage du glyphosate comme dessiccant n’étant pas considéré comme une bonne pratique agricole, l’Europe souhaitait que chaque État membre vérifie l’existence et/ou le besoin de cet usage sur leur territoire.

Entre deux cultures

En Belgique, le glyphosate n’était pas autorisé pour contrôler le moment de la récolte ou optimiser le battage (usage comme dessicant) mais pour lutter contre les adventices en fin de cycle de certaines cultures (céréales, légumineuses).

Le Comité d’agréation des produits phytopharmaceutiques s’est penché sur la question fin août et a conclu que lorsque ces usages ont été octroyés dans le passé, l’éventail d’herbicides disponibles pour désherber les cultures était nettement moins large qu’actuellement. La bonne pratique agricole a évolué et les herbicides autorisés pour désherber la culture semée sont actuellement suffisamment variés. «Un traitement au glyphosate est plus approprié en post-récolte, sur les repousses de chaumes et sur des adventices en cours de développement. Ce n’est donc plus un traitement sur la culture mais entre deux cultures», estime le Comité.

Une consultation des détenteurs d’autorisations concernés a été organisée en leur demandant de fournir leurs arguments sur la pertinence de ces usages en Belgique pour le 15 novembre. Le Comité d’agréation a examiné le 29 novembre les arguments reçus et a décidé de retirer ces usages en pré-récolte, les arguments fournis n’ayant pas permis d’établir la pertinence de les maintenir.

Par conséquent, l’usage dans les cultures suivantes est retiré: haricots récoltés secs (sans cosse), pois fourragers (récoltés secs), fèves et féveroles (récoltées sèches), froment d’hiver/de printemps, orge d’hiver/de printemps, seigle d’hiver/de printemps, avoine d’hiver/de printemps, triticale et épeautre.

Les utilisateurs sont priés de respecter cette modification immédiatement, même si les étiquettes des produits disponibles sur le marché n’ont pas encore été adaptées.

À partir du 1er juillet 2018, tous les emballages des produits concernés se trouvant sur le marché devront être munis d’une étiquette conforme à ces retraits.

Dans le respect des bonnes pratiques

Par le même règlement de la Commission européenne, les États membres étaient également invités à faire particulièrement attention aux deux autres points suivants. D’une part, la contamination des eaux souterraines pour certaines zones (et en particulier les usages non agricoles) et d’autre part, l’exposition des groupes vulnérables.

Après ré-évaluation par le Comité d’agréation, il s’avère que le risque de contamination des eaux souterraines et l’exposition des groupes vulnérables ne posent aucun problème tant que ces produits sont appliqués selon les bonnes pratiques agricoles comme indiquées sur l’acte d’autorisation et les étiquettes actuelles. Aucune mesure complémentaire n’est jugée nécessaire.

Par ailleurs, dans le cadre du programme de réduction des pesticides, les entités fédérées ont pris des mesures spécifiques ou générales pour restreindre ou interdire l’usage des produits phytopharmaceutiques dans les espaces publics et les lieux fréquentés par le public ou des groupes vulnérables.

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