Colza: arrivée massive de méligèthes et de charançons de la tige

Les plus petites plantes sont les plus fragiles vis-à-vis des attaques de méligèthes qui recherchent le pollen dans les boutons avant la floraison.
Les plus petites plantes sont les plus fragiles vis-à-vis des attaques de méligèthes qui recherchent le pollen dans les boutons avant la floraison. - Appo

D e nombreuses captures d’insectes ont été réalisées dans les bassins et des méligèthes ont été dénombrés en grande quantité sur les plantes. Dans 20 champs du réseau d’observation, le seuil d’intervention contre ces indésirables était dépassé, allant de 3 à 28 insectes par plante, soit plus de 1.000 méligèthes pour 40 plantes !

Dans quelques champs, l’ajout, lors du semis, d’une variété plus précoce au début de la floraison à raison de 2 à 3 plantes/m², permet d’attirer ces insectes sur les premières fleurs. Cependant, lorsque les méligèthes sont très nombreux, cela peut ne plus suffire. Il faut bien évaluer le nombre d’individus présents dans la variété principale et voir si le seuil d’intervention (3-4 méligèthes par plante) est atteint ou dépassé.

Les stades du colza d’hiver évoluent rapidement et peuvent également varier fortement au sein d’une même parcelle, notamment pour les parcelles touchées par des dégâts de gel. Les plantes les plus petites avec les plus petits boutons floraux sont les plus fragiles vis-à-vis des attaques de méligèthes qui recherchent le pollen dans les boutons avant la floraison du colza.

Il est donc vivement conseillé de bien observer la situation actuelle dans chaque champ de colza avant une éventuelle intervention insecticide.

Lutte intégrée

Dans le cadre de la lutte intégrée, il faut varier les molécules utilisées pour éviter l’apparition d’insectes résistants. Plusieurs pyréthrinoïdes (cyhalothrine, deltaméthrine…) largement utilisés dans le passé ne sont plus efficaces sur les méligèthes, même s’ils restent autorisés. Plusieurs matières actives de différentes familles chimiques sont disponibles pour lutter contre ces indésirables. À noter que le Gouvernement wallon a décidé le 22 mars 2018 d’interdire l’usage des néonicotinoïdes à partir du 1er juin 2018. En colza, cela concerne le thiacloprid (Biscaya) et l’acétamiprid (Antilop, Insyst/Exxodus, Gazelle, Mospilan). Les autres néonicotinoïdes ayant été utilisés pour la désinfection des semences de colza (Cruiser osr, Elado, Chinook) sont déjà interdits au niveau européen depuis 2013 (moratoire européen).

Lorsque la floraison du colza d’hiver démarrera, les méligèthes deviendront inoffensifs car ils trouveront le pollen libre sur les fleurs.

Christine Cartrysse

, Appo, Cepicop

Michel De Proft

, Cra-w