Le Mig célèbre 10 ans de défense des éleveurs laitiers

Erwin Schöpges, président de l’Emb  (à gauche), et Guy Franck, président  du Mig, s’attellent à défendre les intérêts des producteurs laitiers depuis  de nombreuses années déjà.
Erwin Schöpges, président de l’Emb (à gauche), et Guy Franck, président du Mig, s’attellent à défendre les intérêts des producteurs laitiers depuis de nombreuses années déjà. - J.V.

S’il rassemble les éleveurs depuis 2008, c’est en 2009 que le Mig (Milcherzeuger Interessengemeinschaft) s’est fait connaître du public, lors du tristement célèbre épandage de lait de Ciney. Pas moins de 4 millions de litres du précieux liquide avaient été épandus en signe de protestation contre la politique laitière européenne et la suppression des quotas de production.

« Cette action reflétait notre philosophie : faire bouger les choses. Et nous n’avons pas hésité à mener une action choc pour nous faire entendre ! », explique Guy Franck, le président du Mig. Il faut dire que cela faisait déjà un an que l’organisation, accompagnée notamment de l’European Milk Board (Emb), alertait les autorités belges et européennes sur les dangers qui découleraient de la suppression des quotas.

« Aujourd’hui, les quotas ont été abolis. Et où en sommes-nous ? », interroge-t-il encore. Et de répondre : « Les éleveurs laitiers gagnent de moins en moins leur vie. Et l’exportation est loin d’être la poule aux œufs d’or que nos dirigeants européens nous avaient fait miroiter ».

Résultat : l’Europe stocke actuellement d’impressionnantes quantités de poudre de lait dont elle parvient difficilement à se débarrasser. C’est pourquoi le Mig soutient l’Emb dans son combat visant à instaurer un programme de responsabilisation face au marché. Grâce à des instruments de surveillance du marché et d’intervention réactive, celui-ci permettrait d’identifier les crises mais aussi de les résoudre efficacement et rapidement.

Transparence et honnêteté

Guy Franck poursuit : « Depuis sa création, le Mig défend une agriculture durable, équitable, familiale et viable. Ces quatre piliers sont des incontournables de notre combat ».

Qu’ils produisent du lait bio, de foin, de pâturage ou d’étable, tous les éleveurs laitiers sont les bienvenus au sein du syndicat. « Ce qui compte, c’est que nous soyons honnêtes et transparents vis-à-vis des citoyens. D’une part, pour qu’ils comprennent l’importance d’avoir un revenu équitable pour les producteurs. D’autre part, pour qu’ils prennent conscience de la réalité du monde agricole et des risques auxquels font face les agriculteurs. »

C’est toujours par souci de transparence et d’honnêteté que le Mig a réalisé, avec l’Emb, une étude sur les coûts de production du lait en Belgique. Afin d’objectiver au mieux leurs revendications.

De même, plusieurs éleveurs du syndicat sont à l’origine de la naissance de Faircoop et de sa marque, Fairebel, apposée aujourd’hui sur du lait entier et demi-écrémé, du lait chocolaté, des crèmes glacées, du beurre ou encore des fromages.

Poursuivre le combat

Le Mig ne s’arrête pas là et continue de mener le combat auprès des autorités européennes. Il leur demande notamment d’être plus strictes quant à l’étiquetage des denrées alimentaires, en vue d’y renseigner l’origine des matières premières utilisées.

Il leur demande également de réfléchir à ce que sera l’agriculture d’ici 10 ans. « Dans l’espoir que la vision européenne soit la même que la nôtre : des fermes familiales et liées au sol. En aucun cas, nous ne voulons de « fermes usines » appartenant aux mondes de la finance ou de l’industrie ! »

J.V.