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Avec Sainbiooz, des éleveurs créent leur propre filière bovine bio

En province de Luxembourg, six éleveurs de bovins viandeux bio ont lancé le pari un peu fou de commercialiser leur production directement dans les magasins préférés des consommateurs. D’ici la fin de l’été, leur viande sera distribuée sous la marque « Sainbiooz ».

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Autour de Matthieu Barbay, jeune entrepreneur de 25 ans formé à l’incubateur de start-up de l’université de Liège, ils sont six éleveurs bio de Centre-Ardenne. Seul ou à deux, ils exploitent cinq fermes et élèvent tout autant de races bovines (Charolaise, Parthenaise, Rouge des Prés, Limousine et Blonde d’Aquitaine). Ensemble, ils ont formé une coopérative. Ils ambitionnent maintenant de distribuer leur viande directement dans les magasins préférés des consommateurs, en barquette et sous leur propre marque.

Répondre à la demande de qualité

« Plus de 70 % de la viande bovine bio produite est commercialisée dans la filière conventionnelle », rapporte Matthieu Barbay. « En parallèle, les consommateurs sont en attente de produits bio locaux et de qualité. » De quoi susciter la réflexion tant chez les éleveurs que chez l’entrepreneur… Réflexion alimentée également par le « Sommet des éleveurs », initié par la foire de Libramont, et qui a finalement abouti à la création d’une nouvelle marque – « Sainbiooz » – et du cahier de charges qui lui est associé.

En effet, outre les obligations imposées à tout éleveur bio, les coopérateurs s’engagent à respecter sept principes : le local et la contribution à l’économie belge ; le bien-être animal ; le respect de l’environnement ; la qualité organoleptique des produits ; l’équité et les prix justes ; la nutrition et la santé humaine ; et la sécurité et la transparence. Le but : garantir au consommateur qu’il achète une viande de qualité optimale et locale. Avec cette spécificité que cinq races seront proposées à la vente.

Ce gage de qualité se retrouvera également sur l’emballage. Sa version définitive n’a pas encore été dévoilée mais elle devrait intégrer des informations relatives à l’identité de l’éleveur et de la viande que le consommateur s’apprête à déguster. Une manière de promouvoir le savoir-faire des professionnels.

Dès la fin de l’été

À sa constitution, la coopérative a décidé de travailler avec plusieurs partenaires tout en gardant la maîtrise sur les différentes étapes de la filière, jusqu’à la commercialisation des barquettes de viande. « Les coopérateurs connaissent parfaitement leur métier d’éleveur mais ne sont ni abatteurs, ni bouchers. En outre, ils ne disposent pas du temps et du matériel nécessaire pour mener à bien ces activités. C’est pourquoi nous nous sommes tournées vers des partenaires pour l’abattage, la découpe et la préparation des morceaux. » Dans un premier temps, 8 à 10 bêtes devraient être abattues et découpées chaque semaine.

La viande « Sainbiooz » sera commercialisée dès la fin de l’été dans des magasins bio et des magasins de proximité. Des discussions sont également en cours avec les grandes surfaces, en vue de rendre les produits accessibles au plus grand nombre. « Nous prévoyons des dégustations, afin de faire connaître nos produits mais aussi de communiquer sur le métier d’éleveur bovin », ajoute Matthieu Barbay. Les réseaux sociaux seront aussi utilisés à cette fin.

Les barquettes « Sainbiooz » verront encore leur emballage évoluer d’ici à leur commercialisation, à la fin de l’été.
Les barquettes « Sainbiooz » verront encore leur emballage évoluer d’ici à leur commercialisation, à la fin de l’été. - J.V.

Actuellement, la coopérative ne regroupe que des éleveurs de Centre-Ardenne. Par facilité, d’une part, mais aussi en vue de réduire la distance entre les élevages et le site d’abattage (Rochefort), d’autre part. Elle est néanmoins prête à s’agrandir et à accueillir d’autres éleveurs bovins bio tentés par l’aventure « Sainbiooz ».

J.V.

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