Tout savoir sur le couvert végétalisé permanent à implanter le long des cours d’eau

Si le couvert doit, en théorie, être présent dès le 1 er octobre prochain, les réalités agronomiques et techniques imposent une tolérance  à cette date d’entrée en vigueur. Au champ, cela se traduit de la manière suivante : un couvert végétal permanent doit être présent  dès que possible après la récolte, et dans tous les cas et au plus tard, le 31 mai 2022.
Si le couvert doit, en théorie, être présent dès le 1 er octobre prochain, les réalités agronomiques et techniques imposent une tolérance à cette date d’entrée en vigueur. Au champ, cela se traduit de la manière suivante : un couvert végétal permanent doit être présent dès que possible après la récolte, et dans tous les cas et au plus tard, le 31 mai 2022. - Protect’Eau

À moins d’un mois de son entrée en vigueur, revenons en détail sur cette mesure en six questions.

Qui est concerné ?

La nouvelle mesure « CVP » concerne tous les exploitants de terres de culture (y compris les prairies temporaires) situées à moins de 6 m de la crête de berge d’un cours d’eau, sauf si celles-ci sont en culture bio.

Pour localiser les cours d’eau, il faut se référer à la carte du « Réseau hydrographique wallon » sur le géoportail WalOnMap disponible via https ://geoportail.wallonie.be . Les cours d’eau « non définis » ainsi que les fossés et autres voies artificielles d’écoulement ne sont pas concernés par la mesure.

Comment mesurer la largeur du couvert ?

Si la parcelle borde directement le cours d’eau, le couvert doit avoir une largeur de 6 m mesurée à partir de la crête de berge. Si elle est séparée du cours d’eau par un élément dont la largeur est inférieure à 6 m (un chemin, par exemple), la largeur du couvert doit être égale à 6 m moins la largeur de l’élément qui sépare la terre de culture de la crête de berge.

En pratique, si un chemin de 2 m sépare la terre de culture de la crête de berge, la largeur du couvert au niveau de la parcelle sera égale à 4 m (voir figure ).

Pour quelle composition opter ?

Le couvert peut être herbacé, ligneux (résineux exclus) ou un mix des deux. Il peut être spontané ou implanté.

Le couvert doit être « permanent ». Une fois installé, il ne pourra plus être détruit. Le renouvellement du couvert ne sera possible qu’à de rares exceptions (coulées boueuses, gros dégâts de sangliers…).

Les espèces annuelles en pures ne sont pas autorisées. Le couvert doit être composé d’espèces pérennes et être multi-spécifique, gage d’une meilleure longévité. Si des arbres fruitiers, de bois d’œuvre ou de chauffage… sont implantés, le sol doit être couvert entre les rangs.

Quand les couverts devront-ils être implantés ?

Le Décret wallon du 2 mai 2019 relatif à la protection de la ressource en eau prévoit la présence du couvert végétalisé permanent au 1er  octobre 2021.

Cependant, les réalités agronomiques et techniques imposent une tolérance à cette date d’entrée en vigueur. Un couvert végétal permanent doit être présent dès que possible après la récolte, et dans tous les cas et au plus tard, le 31 mai 2022.

Comment gérer et valoriser le couvert ?

Le travail du sol de la bande n’est autorisé que pour l’implantation du couvert. Attention : le 1er  mètre à partir de la crête de berge ne peut jamais être travaillé.

Aucun produit phytosanitaire ne peut être appliqué. Les règles relatives au traitement localisé contre certains chardons, rumex et plantes invasives restent identiques à ce qui est d’application pour les zones tampon (voir www.protecteau.be) . La fertilisation organique ou minérale est également interdite.

La bande peut faire l’objet d’une récolte (fauche, pâturage, production de bois, production fruitière…).

Le couvert peut-il être considéré comme une Maec ?

Trois mesures agro-environnementales et climatiques (Maec) peuvent être envisagées en bordure de cours d’eau pour répondre à l’obligation de couverture végétale permanente :

– la tournière enherbée (méthode de base, MB5 ) : bande enherbée de 12 m de large, fauchée après le 15 juillet, en laissant 2 m de zone refuge non fauchée ;

– la parcelle ou bande aménagée (méthodes ciblées, MC7 ou MC8 ), variante rivulaire : parcelle ou bande enherbée de minimum 12 m de large, présentant un cordon rivulaire à implanter (haie ou alignement d’aulnes) ; gestion de l’herbe par fauche ou broyage.

Tout engagement en Maec qui débute le 1er  janvier 2022 doit faire l’objet au préalable d’une demande d’aide, à introduire avant le 31 octobre prochain via Pac-on-Web. Pour la MC7 et la MC8, il est indispensable de contacter dans les meilleurs délais sa conseillère ou son conseiller en Maec afin de disposer d’un avis d’expert avant le 31 décembre, si le diagnostic est positif.

D’après Protect’Eau

Info : 081/72.89.92