Près de 50% des fermes wallonnes pourraient déjà adhérer à une stratégie de tarissement sélectif

Près de 50% des fermes wallonnes pourraient déjà adhérer à une stratégie de tarissement sélectif

«  Si l’on veut tarir de façon sélective ses vaches, c’est assez simple. Il suffit d’avoir moins de 250.000 cellules, pas de streptocoque agalactiae dans le tank et pas de problème de santé mammaire sur des périodes à risque spécifiques », synthétise non sans humour Léonard Théron, vétérinaire. « La réalité du terrain est évidemment bien plus complexe. Ce sont les 3 aspects qu’il faut avoir validés avant de se lancer dans l’aventure. »

Aujourd’hui, près de 50 % des élevages bovins wallons peuvent s’ouvrir à la réflexion du tarissement sélectif. Car les critères sont déjà remplis. Ce n’est donc pas inaccessible. Pour y aboutir, la discussion entre le vétérinaire et l’éleveur est primordiale.

La réflexion sur la réduction des antibiotiques en élevage n’est bien sûr pas nouvelle. Mais depuis 2015, quelques éleveurs curieux, accompagnés par leur vétérinaire, se sont essayés au tarissement sans antibiotique. Certains ont réussi à rester dans la démarche avant même que des cahiers de charge de laiterie ne les y obligent.

Le tarissement n’est pas jeune non plus. En 1960, selon la littérature de l’époque, le tarissement nécessite une baisse de production laitière par le biais de l’alimentation, une litière propre et une alimentation différente de l’alimentation de la lactation. Est arrivée fin des années 60 l’utilisation d’antibiotiques au tarissement.

Savoir réformer, c'est savoir maintenir son outil!
Savoir réformer, c'est savoir maintenir son outil! - Centre Poisy – Dr. Hetreau

Les facteurs de réussite du tarissement

Pour le vétérinaire, il existe trois périodes pendant lesquelles la vache est plus ou moins sensible, ainsi que trois indicateurs clés de la réussite du tarissement. Trois piliers sont nécessaires pour que l’éleveur et son équipe puissent se lancer dans une stratégie de tarissement alternatif. Sans cette base, la démarche est vouée à l’échec.

« L’intersection entre ces trois facteurs constitue le défi actuel, c’est-à-dire arriver à tarir nos vaches avec le moins d’antibiotiques possible. »

La Belgique n’est pas le premier pays à tarir sans antibiotiques, les Pays-Bas ont 10 ans d’avance sur la question tant ils ont l’obligation de ne pas tarir avec antibiotiques des animaux qui ont moins de 50.000 cellules.

Chez nous, la stratégie est un peu plus progressive. L’éleveur est accompagné à identifier les animaux qui peuvent se passer d’antibiotiques pour ensuite arriver spontanément à une réduction des volumes. Et ce n’est pas impossible. Les éleveurs précurseurs sont aujourd’hui, pour nombre d’entre eux, à plus de 80 % de vaches taries sans antibiotique.

Si le troupeau est de bonne qualité et que la vache est prête à ne pas recevoir d’antibiotique, un obturateur interne ou externe lui sera appliqué.
Si le troupeau est de bonne qualité et que la vache est prête à ne pas recevoir d’antibiotique, un obturateur interne ou externe lui sera appliqué. - Centre Poisy – Dr. Hetreau

Trois périodes

– L’involution

À la fin de la lactation survient la phase d’involution, phase durant laquelle la mamelle s’assèche. Traditionnellement cette phase dure 3 à 4 semaines.

Léonard Théron : « A l’arrêt de la traite, la pression dans la glande mammaire va couper progressivement la lactation, s’ensuit une régression du tissu mammaire qui va arrêter la sécrétion (réduction quotidienne de 2 %) et une augmentation du nombre de globules blancs. Moins de lait, plus de cellules, la mamelle devient un organe presque défensif. L’épithélium du trayon, la seule barrière physique de la vache laitière, se réduit. Le sphincter est constitué de deux membranes kératinisées et cette substance forme un bouchon qui protège la glande mammaire au tarissement. »

« Le problème ? Aujourd’hui, les vaches holstein, sélectionnées pour la taille de leur trayon, la taille de leur sphincter et leur vitesse de traite, ne produisent plus de bouchon de kératine. La principale barrière naturelle de prévention des infections est donc déjà abîmée pour un certain nombre d’animaux. En dehors de cette spécification génétique et liée à la traite, l’action de l’éleveur peut arracher la couche de kératine en faisant une insertion totale du tube… Raison pour laquelle le guide des bonnes pratique de l’utilisation des médicaments recommande de ne pas injecter totalement le tube dans le canal du trayon. Sa deuxième fonction : empêcher d’introduire des germes qui sont sur la peau à l’intérieur du trayon. »

– La mamelle involuée

Ensuite survient une période de deux semaines : la mamelle involuée, une période durant laquelle l’animal est insensible à n’importe quel type d’infection qui survient au milieu du tarissement. En effet, la mamelle est gavée de cellules défensives, pleine de lactoferrines, et est protégée par le bouchon de kératine.

– La régénérescence

À l’approche du vêlage survient la phase de régénérescence, durant laquelle un certain nombre d’anticorps sont transférés dans la sécrétion pour préparer le colostrum. Se produisent également des modifications hormonales qui vont favoriser une diminution légère des défenses de la glande mammaire à l’approche de la mise bas.

Notons que dans les deux phases qui encadrent le tarissement (involution et régénérescence), le risque d’infection est non-négligeable, qu’elles soient héritées de la lactation précédente ou lors du tarissement.

Trois indicateurs

Pour le vétérinaire, trois indicateurs sont importants : les mammites cliniques et subcliniques, les autres maladies qui peuvent arriver après le vêlage et qui prédisposent l’animal à être fragile (et donc à avoir des mammites), et la production laitière ultérieure.

– Le 1er  : les cellules pour comprendre l’épidémiologie des mammites

« Un quartier est sain quand il n’a qu’entre 10.000 et 100.000 cellules. Entre 100 et 400.000, il fait probablement face à des infections. Au-dessus des 400.000 cellules, l’infection est certaine ! Raison pour laquelle, quand on combine l’information à l’échelle de la vache, le mélange des 4 quartiers doit se situer en dessous de 150.000 cellules pour une primipare, 250.000 pour une multipare. Au-delà, la vache n’est plus considérée comme saine. » Notons que ces comptages cellulaires permettent de déterminer deux indicateurs : le taux de guérison au tarissement, le taux d’infection pendant le tarissement.

Léonard Théron : « Le comptage au niveau d’un quartier ou d’une vache, c’est de savoir qui est malade, le comptage au niveau du troupeau c’est pour savoir comment va le troupeau. Même un bon animal avec une bonne santé n va très mal se comporter dans un troupeau malade. Le troupeau a donc un impact sur la santé de chaque animal au niveau individuel. »

Et de mettre en garde : « Si le troupeau n’est pas bon pour du tarissement sélectif, n’allez pas le tenter sur une vache ! Le risque de l’échec sera important. »

Il est donc important de regarder le taux de guérison, soit les animaux infectés avant tarissement et qui sont indemnes après celui-ci. On estime qu’au-dessus de 75 %, la plupart des vaches vont guérir. C’est plutôt un signal positif pour mettre en place une stratégie de tarissement sélectif.

Le taux d’infection concerne quant à lui les animaux qui sont arrivés sans cellule au tarissement et qui sont infectés dans la lactation suivante. L’idéal est de se situer sous les 15 % de nouvelles infections.

À noter qu’il y a des animaux dont on ne sait rien, ceux qui arrivent avec des cellules et qui redémarrent avec des cellules. Ce que l’on ne sait pas : s’ils ont été guéris et réinfectés ou s’ils n’ont jamais guéri. « Pour tirer cela au clair, l’éleveur doit comptabiliser le nombre de mammites qu’il soigne dans les trois premiers mois après vêlage. »

Autre point à avoir à l’œil : avoir peu de mammites, soit moins de 30 % par an, ce qui correspond à moins de trois mammites pour 100 vaches par mois. Si l’éleveur est au-delà, il devra, avant de se lancer dans le tarissement sélectif, s’adresser à son vétérinaire pour trouver une solution pour faire baisser son taux de mammites cliniques au risque d’avoir des mammites proches du tarissement et de prendre des mauvaises décisions.

Léonard Théron: «Le dilemme de la traite ?  Que l’on ait réalisé un bon post-trempage, mis un bon désinfectant… La vache peut aller se coucher n’importe où. Il est donc très difficile de savoir quelles sont les conséquences pour la santé mammaire.»
Léonard Théron: «Le dilemme de la traite ? Que l’on ait réalisé un bon post-trempage, mis un bon désinfectant… La vache peut aller se coucher n’importe où. Il est donc très difficile de savoir quelles sont les conséquences pour la santé mammaire.» - Centre Poisy – Dr. Hetreau

– Le 2e  : les mammites

Sont-elles d’environnement ou des conséquences de la transmission pendant la traite ?

Pour le vétérinaire, on sait aujourd’hui que plus on s’approche du vêlage, plus il y a une recolonisation de la glande par les agents de l’environnement. La propreté du box de tarissement est une clé dans la gestion de ces nouvelles infections. Cela signifie aussi que lorsque l’on a beaucoup de problèmes d’entérobactéries pendant le tarissement, il faut empêcher celle-ci de remonter dans la glande mammaire. Pour ce faire, il existe différentes stratégies.

« Au cours de ces 20 dernières années, on a appris que les mammites qui s’expriment pendant la lactation sont causées par des germes qui sont entrés dans la mamelle pendant le tarissement jusqu’au 4e mois de lactation. Et ce n’est pas parce que l’on met un antibiotique 8 semaines avant le vêlage que l’on va se prémunir de ce type de mammite. Là encore dans la gestion du tarissement, il faut différencier les agents que l’on essaye d’éliminer au début du tarissement (objectif des antibiotiques) et les agents que l’on essaye d’empêcher d’entrer dans la mamelle à l’approche du vêlage (le rôle des obturateurs). »

Dans la première partie du tarissement, ce sont plutôt les staph. aureus et les strepto qui posent problème. À l’approche du vêlage, c’est essentiellement E Coli qui est accompagné d’un peu de strepto uberis.

Pour la Wallonie et la Flandre, il existe une estimation de ces germes. Les gram+ (staph et strepto) représentent près de 80 % des infections cliniques et 90 % des infections subcliniques. « Cela signifie que lorsque l’on prend une décision de tarissement, un traitement ciblé peut suffire. On n’est pas obligé, même sur une vache à cellules, d’utiliser un large spectre. On peut utiliser des spectres plus étroits en fonction de l’écologie des germes de la ferme. Pour ce faire, des bactériologies sont nécessaires de temps à autre. Le problème ? 90 % des cas de mammites ne sont pas utilisés », note Léonard Théron.

« Si vous souhaitez vous lancer dans une stratégie de tarissement sélectif, les prix pour les bactériologies du lait sont extrêmement abordables. Avec votre vétérinaire, prenez quelques vaches à cellules, analysez la situation et faites un bilan de tank pour le strepto agalactiae. Vérifiez ensuite quelles sont les conditions pour se lancer dans l’aventure. »

– Le 3e indicateur : les autres maladies

Les mammites sont parfois aussi liées à des sensibilités alimentaires. En cas de forte infestation de mammites après vêlage, il est utile de vérifier les autres maladies qui peuvent influer sur leur présence. Mais comment savoir si sa stratégie de tarissement est bien pensée ?

« On peut observer les cétoses ou acétonémies, l’hypocalcémie, qui permet de voir les rétentions placentaires, les déplacements de la caillette, les dystocies, les fièvres de lait… Tous ces phénomènes sont liés à des désordres de la balance cations-anions, soit les minéraux Ca, P, Mg, K, Na en tarissement. »

En cas de présence de facteurs de risque d’hypocalcémie, le risque de mammite est réel. La maladie favorise en effet l’ouverture des sphincters, ce qui peut poser des problèmes.

Des carences en oligo-éléments sont un autre signe à considérer. Certains oligo-éléments sont des facteurs de protection contre les mammites (notamment la vitamine E, le sélénium, le cuivre, l’iode…) « Si vous mettez des minéraux, attention à en mettre suffisamment. Une enquête réalisée dans 800 fermes entre 2015 et 2017 a montré que 60 % des fermes étaient carencées en sélénium, 35 % sont carencées en Vit E. Ce n’est donc pas parce que l’on donne des minéraux que l’on a forcément des bons résultats. La quantité habituellement donnée par rapport à l’augmentation de la production des vaches peut être insuffisante. »

Quand les sphincters des trayons sont trop ouverts, le risque d’infection de la glande  mammaire existe.
Quand les sphincters des trayons sont trop ouverts, le risque d’infection de la glande mammaire existe. - Présentation L. Théron

Trois piliers

– Le 1er  : la vache en état

Le tarissement sélectif va de pair avec une réflexion sur l’état des animaux, dont l’état corporel. Une vache laitière moderne doit se situer au tarissement en dessous d’une note d’état corporel de 3,5. Cette note est indicatrice d’une bonne réserve pour pouvoir démarrer la lactation sans que l’état alimentaire ne mette l’animal dans le rouge par rapport aux facteurs de risque de l’environnement.

« Au tarissement, gardons en tête qu’il ne faut pas une vache trop grasse tout comme il ne faut pas un animal qui est encore à 35 l de production. Les animaux qui produisent énormément doivent être amenés au tarissement avec une réduction progressive de la production grâce aux outils alimentaires (réduction de l’alimentation au DAC, au robot…). L’idéal : viser les 15 l (on tarit aussi à 20 l) ou en tout cas le minimum de production pour ne pas qu’elle soit un facteur de risque. »

Le vétérinaire met en garde : « Attention à ne pas couper l’accès à l’eau. Le foie va mettre deux semaines à arrêter son activité de production, ce qui revient à priver la vache d’une capacité de détoxification assez importante. En outre, la flore du rumen, qui est finalement la meilleure protection des animaux, se dégrade. » Et pour s’assurer que les animaux digèrent bien, la surveillance des bouses est un bon indicateur. Elles doivent être bien formées, ni trop liquides, ni trop sèches.

Autre critère : le score de remplissage. « Au tarissement, il faut viser un score de 4, c’est-à-dire, la paroi du flanc légèrement bombée par rapport au dos et cela permet de s’assurer que la paroi est légèrement fibreuse et que les vaches mangent suffisamment au tarissement. Un creux dans le flan chez une vache vide est le pire des indicateurs en termes de bien-être animal car cela signifie que l’animal n’a pas mangé depuis six heures ou que le rumen s’est vidé trop rapidement ».

Léonard Théron recommande donc de ne pas donner du bon fourrage à volonté. « Cela ne sert à rien car trop riche en potassium. Le risque ? : un déséquilibre de la balance des vaches. Attention toutefois à ne pas donner que de la paille non plus. Un animal en tarissement doit avoir entre 7.000 et 8.000 VEM et, pour des vaches laitières modernes, la ration doit contenir entre 13 et 16 % de protéines brutes en préparation vêlage. La protéine est presque plus importante que l’énergie car celle-ci n’est souvent pas limitante dans les fermes, la protéine l’est ! »

Le second : l’hygiène

S’il faut compter généralement 1m² par 1.000 l produits pour une vache en lactation (ou une logette par vache) à l’étable, il faut au moins 10m² par vache pour éviter qu’elles n’aient à être confrontées à des bouses. Par ailleurs, un bon accès l’auge est important : 80cm par place sont nécessaires. « C’est le minimum pour qu’une vache gestante puisse se nourrir sans être en compétition avec ses congénères, sachant qu’elle se nourrit moins souvent au tarissement. En effet, une vache en lactation reste en moyenne couchée 13 à 14h par jour, au tarissement, elle l’est plutôt 18h/jour. Les moments de repas ne doivent donc pas être stressants. »

Par ailleurs, en jouant simplement sur la densité d’animaux dans le box de tarissement (plus de places à l’auge que d’animaux), l’éleveur peut optimiser le bien-être de ses animaux et leur capacité d’ingestion, qui définit de facto la capacité d’ingestion des minéraux, des oligo-éléments et la préparation au vêlage.

Le dilemme de la traite ? « Que l’on ait réalisé un bon post-trempage, mis un bon désinfectant… La vache peut aller se coucher n’importe où. Il est donc très difficile de savoir quelles sont les conséquences pour la santé mammaire. Plus la vache va être sale, plus la mamelle le sera et plus le risque est grand. Plus le niveau de saleté diminue, plus les chances de résilience des animaux augmentent ! »

Et pour appréhender le degré de saleté, il existe des scores qui détaillent les jarrets, la mamelle, l’arrière-main…

De mauvais onglons sont également synonymes de saleté. Les douleurs causées vont pousser les animaux à rester couchés. tout comme les infections déjà présentes. L. Théron prend pour exemple : « Si vous avez déjà la maladie de Mortellaro dans l’élevage et qu’aucun traitement n’est applique, l’individu restera couché. Il est possible d’anticiper ces problèmes en ayant une bonne préparation au tarissement. »

Autre point : si les trayons ont été abîmés par la machine à traire ou le robot, l’animal encourt un plus grand risque malgré la présence d’un obturateur.

En ce qui concerne le stress, il est plus agréable pour les vaches d’avoir des tarissements groupés plutôt que de faire ponctuellement entrer une vache dans le troupeau des taries ou inversement. La raison ? À chaque introduction d’animaux se passe une remise à niveau de la hiérarchie dans le troupeau et il est moins stressant pour le groupe de le faire chaque semaine que quotidiennement.

Le 3e  : la stratégie thérapeutique

En Wallonie près de 70 % des animaux sont taris avec des antibiotiques alors qu’ils n’en ont pas besoin, cela veut dire que les 30 % restant doivent recevoir des antibiotiques car ils ont une infection… Si le seuil peut être défini à 200.000 cellules, il faut toutefois relever que l’usage d’antibiotiques est inutile sur des animaux qui souffrent d’infections chroniques et dont les chances de guérison sont nulles. La première façon de réduire son utilisation d’antibiotiques est d’avoir une bonne politique de réforme dans son cheptel.

Savoir réformer, c'est savoir maintenir son outil!
Savoir réformer, c'est savoir maintenir son outil! - Centre Poisy – Dr. Hetreau

Tout le monde connaît l’expression « Mieux vaut prévenir que guérir ». Toutefois, on ne fait pas de la prévention sans avoir des indicateurs clés pour décider de quelle vache ira ou non en antibiothérapie. « Si je veux me lancer dans le tarissement sélectif, la première des choses : savoir si mon troupeau est éligible à ladite pratique ! Pour ce faire : des outils comme Tarir malin d’Elevéo, le comptage des cellules du tank (inférieur à 250.000 cellules) et l’absence de strepto agalactiae dans le tank peuvent vous permettre d’envisager la démarche.

Pour sélectionner les vaches en tarissement sélectif, il faut regarder les individus qui n’ont pas eu de mammite dans les 3 derniers mois de lactation – d’où l’importance d’avoir de bons registres – et ensuite sélectionner les vaches qui sont en dessous de 250, 150, 100.000 cellules (tout dépend du niveau d’exigence de l’éleveur). Pour Léonard Théron, toutes les vaches en dessous de 200.000 cellules lors des 3 derniers contrôles peuvent passer en tarissement sélectif. L’idée est de poursuivre la sélection à tous les animaux que l’on peut amener facilement à 15l pour débuter le tarissement.

L’utilisation d’antibiotiques en ferme doit ensuite se faire sur base d’analyses systématiques de manière à connaître les germes qui sont présents sur l’exploitation. Une fois les outils sélectionnés, si le troupeau est de bonne qualité et que la vache est prête à ne pas recevoir d’antibiotique, un obturateur interne ou externe lui sera appliqué.

« Face à des vaches à problèmes qui ont beaucoup de cellules avant le tarissement, la démarche n’a aucun sens. Dans un troupeau à risque, un assainissement au niveau des mammites est nécessaire. Si vous ne le faites pas pour le tarissement sélectif, faites le pour vos vaches car c’est la première cause de réforme en ferme ! »

Léonard Théron conclut : « Optimiser les moyens de prévention pour vos animaux, c’est optimiser leur vieillissement et donc favoriser de plus longues carrières, qui jouent positivement sur les rendements et l’économie de la ferme. En outre, il n’y a rien de meilleur pour le moral de l’éleveur que de vivre avec des animaux en bonne santé. Et quand ils le sont, c’est que les conditions mises en place assurent le bien-être animal. Last but not least : l’augmentation de ces bonnes pratiques et de la durée de vie des animaux optimise l’image globale de l’agriculture en réduisant les intrants et qui sont potentiellement polluants ! »

Propos recueillis par P-Y L.

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