Confession d’un écolo mal tourné











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À l’initiative du projet Wal4fruits (Fédération des Parcs Naturels de Wallonie – Eva Velghe ; Centre wallon de recherche agronomique – Marc Lateur ; Diversifruits asbl) et avec la collaboration du Gawi (en la personne de Philippe Thiry) s’est tenu un colloque sur les sols, versus arboriculture, le 11 mai à Gembloux.

Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, personne ne m'empêchera de penser que le but du jeu, lors de notre passage sur Terre, n'est autre que d'être heureux. Que l'on soit agriculteur ou employé administratif, sans emploi ou premier ministre, Européen ou Africain, …, chacun cherche à éprouver des émotions qui lui procurent du plaisir, comblent ses frustrations, lui apportent sérénité et confiance.

Faut-il en rire, ou en pleurer ? De temps à autre, disons une fois tous les six mois dans le meilleur des cas et quand elle manque de sujet accrocheur, la presse francophone belge se fend d’un article sur l’hémorragie agricole de notre belle région. 29.000 fermes en 1990, 13.000 en 2021, ai-je lu dans l’Avenir et vu sur la RTBF ! Soit une perte de 55 % en trente ans ! N’essuyez pas vos lunettes, ne vous frottez pas les yeux : vous avez bien lu « une perte de cinquante-cinq pourcents en 30 ans », en une seule génération ! Si vous préférez un autre mode de calcul, on peut affirmer qu’une ferme disparaît dans notre Wallonie toutes les 36 heures depuis 30 ans, chaque jour et demi, excusez du peu…

S’il est un mot souvent prononcé par les parents dans une famille d’agriculteurs, « utile » est bien celui-là ! Je l’ai entendu des milliers de fois durant mon enfance et ma jeunesse. Vous aussi, certainement ! « Est-ce bien utile, ce que tu fais là ? » « Rendez-vous utiles, au lieu de bayer aux corneilles ! » ; « Il faut joindre l’utile à l’agréable. », etc, etc. Je me rappelle la lamentation pleurnichée d’une toute vieille parente : « Je ne suis plus bonne à rien. Ce serait aussi bien de partir, quand on est inutile, qu’on est devenue une charge pour les autres. ». En ces jours de vaches pas si maigres qu’on ne le dit, ce mode de pensée résonne comme une hérésie, un archaïsme sorti tout droit des cavernes préhistoriques. La société de consommation a aboli la distinction entre l’utile et l’accessoire ; elle crée sans cesse de nouveaux besoins. Les loisirs et les plaisirs arrivent au premier rang des choses absolument indispensables, prioritaires, sans lesquelles la vie n’a aucun sens.

À travers ce texte, j’aimerais remercier Marc Assin pour son article paru dans le numéro du 20 avril et lui dire qu’il existe encore des jeunes pour croire en cette liberté chérie que nous offre l’agriculture !







Dorénavant, il est interdit aux fermiers de laisser le bétail s’abreuver aux ruisseaux et aux rivières. En cause, quelques bouses de vaches tombant malencontreusement dans le cours d’eaux quand elles boivent. Par contre, nos rivières sont envahies par les castors, rats musqués, ratons laveurs, oies de bernache… Pensez-vous que cette faune va sortir de l’eau pour satisfaire leurs besoins ? Et ce, toute l’année, alors que les vaches ne s’abreuvent qu’à la belle saison, quand il fait chaud.

Qu’ont-ils donc tous à envahir nos terres agricoles, à vouloir les acheter, les exproprier, s’en emparer, s’y comporter comme en pays conquis ? Ils se sont donné le mot, ou quoi ? Est-ce devenu le dernier sport à la mode ? Les riches ne savent plus que faire de leurs millions, et certains s’amusent à investir dans l’or-glèbe. Même les pouvoirs publics se lancent à la curée, quand il s’agit de trouver de l’espace pour « aménager le territoire » !

Début avril, une amie m’interpelle pour comprendre pourquoi tant de champs se démarquent par leur jaunissement au milieu des campagnes de plus en plus vertes?

Il faut bien admettre que le métier d’agriculteur ne fait plus rêver les jeunes, quand on constate avec effroi le peu d’engouement qu’il suscite encore parmi nos enfants… Cataloguer les avantages et les inconvénients de la profession pourrait-il aider à mieux comprendre cette désaffection? De fait, les pierres d’achoppement sont plus nombreuses que les pierres angulaires. Mais soyons positifs aujourd’hui et n’évoquons ici que la qualité principale de notre belle activité: la liberté!

Dans la revue Athéna, nº 358 publiée par la Région wallonne, un passage, dans un article scientifique en page 42- « Les incendies générateurs de carbone » – m’a particulièrement choqué. L’article analysait l’impact sur le climat des incendies de forêts, savanes, fonte du permafrost, etc. Ce qui m’a révolté, c’est ce passage : « … L’idée de réduire la production de CO2 liée au trafic automobile est une option écologiquement défendable mais qui pèse peu dans ce contexte. Peut-on également rappeler que le méthane, massivement lié à l’élevage et gaz à effet de serre autrement plus puissant que le dioxyde de carbone, contribue à hauteur 14,3 % à l’émission de gaz à effet de serre (GES), soit autant que l’ensemble de la circulation automobile mondiale… ».
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