À toutes faims (in)utiles











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Des graines certifiées bio, du terreau utilisable en agriculture biologique, de l’eau de pluie… Et une certification bio refusée ! Pourquoi ?

Humeur morose ? Moral dans les chaussettes ? Besoin d’un bon coup de boost pour retrouver le sourire ? Regardez donc le dessin animé « Petite patate » sur Youtube ! « The amazing patate show » me fait à chaque fois bien rigoler ! Je sais, c’est idiot ; j’ai passé l’âge… Je l’ai écouté l’autre jour pour me remettre d’aplomb, après avoir regardé l’émission « Investigation » sur la RTBF, consacrée aux usines à pommes de terre du Hainaut. « Frites surgelées, un univers impitoyable ! ». On se serait cru dans un roman de Zola, nimbé d’une forte odeur de fric et de friture. Antoine Parmentier, le Monsieur « Patates » français du 18e siècle, l’aurait trouvé bien bonne mais un peu grasse à digérer, sans aucun doute !

« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément » disait Nicolas Boileau au 17e siècle. Au 21e siècle, ce brave monsieur peinerait à appliquer sa maxime, si on lui demandait de donner son avis sur la problématique des gaz à effet de serre. Deux intervenants s’y sont essayés dans « Voix de la Terre » du Sillon Belge : « Climat et CO2, une vaste escroquerie ! »(25 février) et en réponse sur le même sujet : « Une mise au point s’impose » (4 mars). J’ai lu et relu ces deux articles en miroir, trois fois chacun. Avec l’âge, je deviens biesse, c’est sûr, car ces avalanches de chiffres et ces litanies de phrases m’ont laissé perplexe et peu convaincu.

Si ma grand-mère -une impatiente née en 1900- vivait encore aujourd’hui, elle dirait à coup sûr du coronavirus qu’on en parle « autant que de l’étoile à queue ».

Je suis choqué des propos que j’ai pu lire dans les voix de la terre de la semaine passée dans l’article nommé « Climat et CO2, Une vaste escroquerie ». Je suis stupéfait qu’on puisse encore sous-entendre aujourd’hui que la production de gaz carbonique anthropique n’est pas une des causes du réchauffement climatique. Je précise bien « n’est pas une des causes » car le sujet est trop vaste et complexe pour s’étendre sur la question dans un article. Ce genre de propos peut être trompeur pour un lecteur peu instruit sur le sujet et ils peuvent faire plus de dégâts que de bien.







Qui est capable de comprendre que des betteraviers les plus performants du monde ou du moins la majorité d’entre eux, cultivent cette plante à perte ? Voici un peu d’histoire et de calculs aussi simples qu’effrayants.

« Une ferme sans successeur, c’est comme une vieille fille dont personne n’a voulu ! ». Ces mots sont durs, abominablement sexistes. Ils illustrent le manque de délicatesse et l’égarement d’un ami qui les a prononcés devant moi, très déçu de n’avoir aucun de ses enfants amoureux de l’exploitation familiale, et désireux de la reprendre. Au final, c’est toujours un crève-cœur, même si certains fermiers sans continuateur affichent un soulagement de façade, « contents » de voir leur fiston ou leur fille échapper aux mille et un soucis qui ont jalonné leur propre vie. Au fond d’eux-mêmes, ils ne sont pas heureux et se demandent : « Qu’est-ce que j’ai raté dans leur éducation, pour qu’ils fuient le métier comme la peste, comme s’ils risquaient d’être contaminés et placés à vie en quarantaine ? ».

Dernièrement, de nombreux articles dans « la voix de la terre », dans les quotidiens sur la réforme de la PAC ou l’excellente émission de la RTBF « investigation » ont mis l’accent sur une dure réalité : des produits – les pommes de terre ou les tomates « chimisées »- 50 fois plus chers en grande surface que le prix payé aux producteurs ou aux travailleurs à la base. Lors des différentes interventions et avis repris dans tous ces moyens de communication, apparaît la nécessité et la possibilité de s’organiser et réagir main dans la main, producteur et consommateur. Pas mal de nouvelles réalisations ont vu le jour. L’organisation du circuit court, les uns individuellement, d’autres plus structurés par exemple, en coopérative, et certaines depuis bien longtemps telle que Coprosain depuis 50 ans. Un espoir dans cet imbroglio dont l’enjeu est capital : nourrir demain sainement et à des prix socialement abordables tout en permettant aux producteurs de continuer à vivre de par leur travail.


Il y a IA et IA. Ne pas confondre ! Pour nous, agriculteurs, IA signifie Insémination Artificielle. Quoi d’autre ? En réalité, pour le commun des mortels, l’IA n’est autre que l’Intelligence Artificielle. Si les desiderata des technocrates de l’UE sont rencontrés lors de cette réforme de la PAC, cette IA-ci risque fort d’avoir envahi et conquis l’agriculture à l’horizon 2030. En somme, selon leur volonté affirmée, un grand nombre de tâches et de décisions pourront être gérées par des machines dites « intelligentes », équipées d’un outillage sophistiqué et bardées de capteurs sensoriels. Les paysans ne serviront plus à grand-chose…
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