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Voix de la terre

Voix de la terre

Mots d’août

Voix de la terre Radin comme un Hollandais, le ciel de juillet a gardé pour lui sa chaleur et ses pluies bienfaisantes. Nos amis flamands l’affirment : le nord-est ne leur apporte rien de bon, et pas uniquement le vent… Jusqu’à présent, nous vivons durant cet été une drôle de « sécheresse froide », avec des bises assez fraîches et un grand déficit de précipitations, malgré le passage fréquent de gros nuages gris. Le mois d’août va-t-il changer la donne ? Nous apporter des pluies et un peu de chaleur ? Nous susurrer des mots doux ? Chasser par exemple cet embêtant virus qui nous empoisonne la vie ? Nous trouver un gouvernement fédéral ? Éclaircir le bleu libéral de la PAC ?
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A peste, fame et bello, libera nos Domine

L’autre jour, j’ai rencontré un agriculteur ayant vendu tout son bétail pour le remplacer par du maïs destiné à faire du gaz, comprenez si vous le pouvez… Le but est-il de ne plus réchauffer le climat avec ces horribles vaches ?

Pourquoi dénigrer une méthode simplement parce qu’on ne la maîtrise pas?

Dans le Sillon Belge du 21 mai, je lis le texte de JMP. Ce n’est pas la première fois que je relève son antagonisme pour l’agriculture biologique. Sa comparaison avec Trump en ce qui concerne des décisions politiques et/ou scientifiques sur la méthode de vaincre le Covid-19, décisions qui seraient toutes pareilles aux pratiques des écologistes, croit JMP, fait faire un sacré raccourci ! Je dirais même un biais.

Patience, la vie reprendra!

La vie sociale reprend peu à peu… Comme avant ? Non, il faut encore faire la queue pour entrer dans les épiceries et magasins de premières nécessités. Le télétravail est encore fortement conseillé et fera probablement partie de l’avenir. Les écoles rouvrent mais pas, loin s’en faut, comme avant. Les cantines ne font plus partie de la vie des petits. Aussi difficile pour eux que la rentrée de septembre et cela sans la divine récré ! On hésite encore à flâner dans les boutiques, essayer un vêtement sans but précis… ça fait partie du passé. On se méfie. La bibliothèque est ouverte mais que sur catalogue en ligne. On ne peut pas encore errer au milieu des rayons, lire le dos d’un roman, flasher sur une couverture intrigante… s’imprégner de l’odeur, de l’atmosphère… Dommage…

Le panier de la ménagère

Saviez-vous que la « ménagère » est un papillon minuscule d’environ un centimètre d’envergure ? De couleur grisâtre, il n’est pas vraiment un prix de beauté, et vit en Europe Centrale, Turquie et Afrique du Nord. Voilà ce que l’on apprend en se baladant sur la toile Internet, quand on tape « panier de la ménagère » sur un moteur de recherche ! Cette ménagère-là ne porte pas de panier, les nôtres non plus d’ailleurs, et depuis longtemps… Ménagers et ménagères d’aujourd’hui poussent un gros caddie, et consomment tout qui passe à portée de leurs yeux ou de leurs oreilles, inspirés par toutes sortes de besoins, objectifs ou subjectifs, influencés ou plutôt conditionnés — par le martelage insidieux des publicités.

Ces sols si secs mis à sac

Même les journalistes météo le concèdent: ce si beau temps si sec dure depuis trop longtemps... Quelques averses seraient les bienvenues pour dépoussiérer les rues et laver les maisons. Les agriculteurs ne parlent pas encore de sécheresse, mais il faut bien avouer que nos sols se sont transformés en aires bétonnées, détrempés par les intenses précipitations hivernales puis dessiqués brutalement par les bises printanières, quasi ininterrompues depuis trois mois. Une saison de pluies diluviennes, suivie d'une saison sèche, comme aux pays de la mousson! Semblable scénario se répète inlassablement ces dernières années: ne devient-il pas la norme, dans le contexte du réchauffement climatique?

Le choix des lecteurs

Et Après?

« Il y aura un avant et un après!! ». Cette rengaine tourne en boucle dans les conversations, comme une incantation, une catharsis, une évidence indiscutable. Il faut qu’on vire le Covid, qu’on vide l’abcès purulent qu’était le monde d’avant. Oufti, rien que ça ! Toutes sortes de théories fumeuses, au sujet de l’émergence du virus, sont nées de l’imagination des désœuvrés confinés : thèse écologique – la Terre se venge de l’humanité –, thèse scientifique – le virus est né de la conjonction complexe de failles sanitaires –, thèse terroriste – le corona est une bombe virologique artificielle –, thèse politique – les Chinois ont merdé grave –, etc, etc. Bref, «  il fallait que ça arrive ! » , parce que rien n’allait plus, paraît-il. Tandis qu’après ! Après, -ah ça oui, promis, juré ! –, tout ira mieux, c’est évident.

Voulez-vous un peu de positif?

Chaque fois qu’on nous parle d’oiseaux, c’est toujours très négatif et surtout très culpabilisant pour les agriculteurs. On nous dit par exemple que l’hirondelle a perdu 80 % de ses effectifs… Ce qui lui manque : de la boue et des insectes. De la boue et des insectes, voilà bien deux choses que les citadins et néoruraux ne supportent pas, ils font d’ailleurs tout pour s’en débarrasser. Voilà bien deux choses qu’on ne trouve plus guère qu’aux alentours des fermes. Donc si 20 % des hirondelles ont survécu, c’est grâce aux agriculteurs et surtout aux éleveurs tant critiqués. Il y a de quoi être fier…

Prom’nons-nous dans les champs…

« Loup, y es-tu ? Covid-19, que fais-tu ? Prom’nons-nous dans les bois, là-bas pas de corona ; prom’nons-nous dans les champs, ici pas de virus méchant ».

Privés sans doute de vacances à l’étranger, -ô mon dieu, quel drame pour d’aucuns!! –, les Belges déconfinés déconfits n’auront d’autre choix cet été que les frontières intérieures du pays. Où est le problème ? Notre Wallonie propose à elle seule toute une rivière de diamants naturels et patrimoniaux, ce que nos gens ignorent fort probablement, car l’herbe paraît toujours plus verte ailleurs aux yeux des touristes. Plus loin c’est, mieux c’est, et l’empreinte carbone, on pose ses fesses dessus sur son siège d’avion… Pourtant, du Condroz à la Gaume, de la Hesbaye à l’Ardenne, du Pays de Herve au Tournaisis, nos campagnes offrent de vastes espaces à explorer, de milliers de kilomètres de chemins et sentiers où se balader sans souci, en pleine nature et sans trop se soucier d’y rencontrer le grand méchant loup-virus.

Un rayon de soleil

Vivant dans l’insouciance, nous croyons que la surconsommation tous azimuts nous procurerait le bonheur. Faisant fi du climat, nous dépensions plus pour nos voyages, notre habillement que pour notre nourriture. Soudain, un minuscule virus est venu nous faire réfléchir tout en nous rappelant ce vieil adage romain « primum vivere ».