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Voix de la terre

Voix de la terre

Voulez-vous un peu de positif?

Voix de la terre Chaque fois qu’on nous parle d’oiseaux, c’est toujours très négatif et surtout très culpabilisant pour les agriculteurs. On nous dit par exemple que l’hirondelle a perdu 80 % de ses effectifs… Ce qui lui manque : de la boue et des insectes. De la boue et des insectes, voilà bien deux choses que les citadins et néoruraux ne supportent pas, ils font d’ailleurs tout pour s’en débarrasser. Voilà bien deux choses qu’on ne trouve plus guère qu’aux alentours des fermes. Donc si 20 % des hirondelles ont survécu, c’est grâce aux agriculteurs et surtout aux éleveurs tant critiqués. Il y a de quoi être fier…
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Un métier essentiel

« En avril, ne te déconfine pas d’un fil ! ». Il faut faire gaffe, vraiment gaffe ! Afin de contrer les viles ruses d’un virus vicieux, invisible autant qu’invasif, les pouvoirs publics ont décrété un « Chacun chez soi, et Dieu pour tous ! » particulièrement contraignant. Seules les personnes actives dans des métiers dits « essentiels » sont autorisées à poursuivre leurs activités, moyennant le respect d’un comportement adéquat. Les métiers de la santé, de la sécurité, de l’alimentation, restent sur le pont, forts sollicités en ces temps singuliers. L’agriculture -transparente, inodore, insipide, oubliée, absente des grands débats actuels- fait bien entendu partie de ces professions indispensables à la survie de notre civilisation. Pour nous, rien n’a changé, ce qui étonne beaucoup de gens, stupéfaits de nous voir vaquer à nos besognes, travailler dans les champs, comme si nous n’étions pas du tout au courant du grand désastre actuel !

Un cygne noir et ses cygnes blancs

On nous a dit : « Plus de bisous ! ». Pourtant, le vent de mars nous a fait sa bise du Nord-Est pendant trois semaines, depuis l’arrivée du Covid-19, comme par hasard. Les grandes et méchantes invasions viennent le plus souvent de l’Est ! Celle qui nous occupe nous a confinés chez nous, confus et déconfits, mais confiants dans l’issue d’un combat qui risque de faire pas mal de victimes. Chaque jour apporte son lot de (mauvaises) nouvelles. La télé et les journaux sont devenus des plus déprimants… Des plus déroutants aussi, quand on veut suivre le flot tourbillonnant des informations. Politiciens, journalistes, scientifiques, médecins, économistes, sociologues, philosophes, altermondialistes, etc : ça parle dans tous les sens ! Chacun y va de ses conseils, de ses commentaires, de sa vision de l’avenir, de ses leçons à tirer. En pleine crise, l’émotionnel semble parfois prendre le pas sur le rationnel. Une expression cristallise pour moi la situation actuelle : nous vivons, paraît-il, un « cygne noir », lequel est suivi de ses « cygnes blancs ».

Le Devoir de Mémoire

Comme à chaque printemps, nous sommes de retour dans les champs. Nous retrouvons nos cultures dont les plantes sont affaiblies par la période hivernale, notre devoir « primaire » est alors de les aider à se nourrir et de les protéger contre diverses infections (virales et autres…).

Fatigue mentale

L’agriculture a changé de visage au cours des cinquante dernières années, du tout au tout, je ne vous apprends rien. Les agriculteurs eux-mêmes présentent des apparences bien différentes de leurs parents et de leurs aïeux !

Quel corps on a?

Une épidémie, ça va ’co vite ! Il n’a pas fallu longtemps à un bête petit virus pour mettre sur le flanc notre glorieux et invincible monde capitaliste ! L’ensemble de la population est maintenant invité à rester chez elle, obligée quasiment, puisque tous les lieux de rassemblement sont fermés. Le confinement ne nous effraie guère, nous autres agriculteurs, c’est plutôt notre lot quotidien. Du 1er janvier au 31 décembre, année après année, nous sommes coincés dans nos exploitations, à soigner et surveiller notre cheptel. Pour tous les autres, ces interdictions résonnent un peu comme un emprisonnement, une restriction drastique des libertés. Le Coronavirus, c’est un fameux cor au pied, et notre société boite bas !

Le choix des lecteurs

«Il vous faudrait une guerre!»

Quand j’étais enfant, j’ai entendu cette réflexion des dizaines de fois dans la bouche des adultes, excédés de nous voir chipoter avec la nourriture quand celle-ci nous semblait trop monotone ou trop rustique. À midi, nous mangions des patates à l’eau, et le soir, des patates au lard, du lundi au samedi, mais le dimanche, – quelle chance ! –, nous avions… des pommes de terre ! Par chez nous, c’était le menu de la plupart des gens, voici cinquante ans. Que dire des aliments d’aujourd’hui, deux fois plus abondants et cent fois plus variés ! Très vite pourtant, les consommateurs se lassent. Ils s’habituent aux bonnes choses, et ne les estiment pas à leur juste valeur, à quel point il est précieux de ne manquer de rien. Mais à la première crise sérieuse, comme celle que nous vivons actuellement, les vieilles peurs reviennent à la surface, et certains se précipitent vers les magasins pour stocker des vivres de première nécessité, au cas où ils devraient rester confinés chez eux.

Virus &Cie

Atchoum ! ¡Achú ! Atchim ! Achoo ! Hatsjoe ! Hatchi ! Etciú ! Apchkhi ! Apsiu ! Apchixa !… Le monde éternue dans toutes les langues, mais on ne répond plus guère « À vos souhaits ! », « Salud », « Jesus », « Gezondheid », « God bless you », « À tes amours, et que les tiens durent toujours » , etc. Fini de rire ! Le Covid-19 a mis le port des masques au goût du jour, et les enrhumés larmoyants sont regardés de travers, pestiférés des temps modernes qui font trembler ceux qui les croisent et les fuient. Le coronavirus chinois nous a bien eus ! Les médias alimentent la psychose et nous offrent une vue imprenable sur un chaos provoqué par une toute petite chose, d’autant plus redoutable qu’elle est invisible à l’œil nu, détectable uniquement par de puissants microscopes, ou par des analyses spécifiques.

Le Climat s’invite au Carnaval

Dimanche gras à Binche: la bruine s’est installée pour la journée. C’est le jour des costumes de fantaisie qui regroupent les cagnottes à l’intérieur des sociétés de gilles. L’une d’elle est mieux équipée pour affronter la pluviosité du jour. Elle est plus politique aussi. Elle représente Greta Thunberg. Elle rappelle avec humour les grèves scolaires et les contradictions du moment. En suédois: «Grève pour le Carnaval», il y a mieux à faire que le gille quand il y a urgence climatique. En français: «La fonte des glaces, je ne la veux que dans mon jet 27». Est-ce une invitation à mettre de l’eau dans son apéro ou à éviter les longs courriers? A quoi bon manifester si c’est pour faire ensuite du tourisme éthique, écologique et durable du style safari photo en vélo électrique en Afrique du Sud? Ou manger BIO si les fruits et légumes ont fait le tour du monde en avion pour arriver bien frais dans nos assiettes?

Une autre manière de manifester…

Merci et félicitations aux agriculteurs qui se sont rendus aux dernières manifestations afin d’exprimer leurs inquiétudes concernant leur avenir. Ils doivent être doublement félicités car ils se sont comportés comme des chefs d’entreprise responsables. Leur présence était bien nécessaire afin d’occuper l’espace médiatique. En plus de ces manifestations, il est indispensable de nous faire entendre par d’autres moyens.

Écoute dans le vent

Oufti, ça décoiffe ! Les dimanches de ce mois de février se suivent et se ressemblent, balayés par des tempêtes aux prénoms pourtant innocents : Ciara, Dennis, Ellen… En attendant peut-être Francis et d’autres garnements à sa suite ? Comparés aux ouragans de 1990, ce ne sont là que brises légères. Voici trente ans, ces événements climatiques majeurs avaient ouvert le bal d’une décennie particulièrement chahutée pour notre agriculture. Ciara et ses copains présagent-ils d’années 2020 aussi difficiles que les années ’90 ? « Écoute, mon ami, écoute dans le vent ; écoute, la réponse est dans le vent ! » (Bob Dylan, 1963).