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PAC: entre avancées et dialogue de sourds

Le commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, a apporté l’un ou l’autre apaisement au gouvernement wallon, mardi lors d’une rencontre à Namur, sans rassurer toutefois sur les importantes coupes budgétaires prévues dans la programmation européenne 2021-2027 pour la Politique agricole commune (PAC).

Temps de lecture : 2 min

L’Irlandais a répondu positivement à la demande de la Wallonie et de la Flandre d’élaborer chacune leur propre plan stratégique global, qui expose - jusqu’ici à l’échelle de l’État membre- la manière dont chacun propose d’atteindre les objectifs généraux de la PAC en tenant compte de ses besoins spécifiques.

C’est une première, note le ministre wallon René Collin, d’autant plus adéquate que l’agriculture est régionalisée (à l’exception de la politique sanitaire et de l’Afsca) et que les modèles agricoles du nord et du sud du pays sont très différents, notamment en termes de taille minimale des exploitations ou de développement du bio (91% de la production bio en Belgique est wallonne).

Le commissaire Hogan s’est aussi engagé à défendre une hausse des moyens pour l’aide aux jeunes agriculteurs, qui viendraient ainsi épauler des efforts wallons déjà supérieurs à la moyenne européenne.

Quant aux négociations de libre-échange commercial entre l’UE et le Mercosur, qui font craindre aux éleveurs wallons de viande une concurrence déloyale avec les pays d’Amérique du Sud, «je ne pense pas qu’il y aura un accord à court terme», a déclaré Phil Hogan, rassurant ses interlocuteurs, au nombre desquels le «front vert» des organisations agricoles.

En revanche, le commissaire ne s’est toujours pas montré disposé à développer davantage de mesures de régulation de marché, que la Wallonie attend pour les secteurs du lait et de la viande. Le ministre-président Willy Borsus a plaidé pour des filets de sécurité en matière de prix et la transparence de marché.

Tout aussi inquiétant, concernant les coupes budgétaires proposées par la Commission européennes sur les aides directes et le développement rural, c’est toujours «le dialogue de sourds» selon que l’on tient compte ou non de l’inflation, selon René Collin: les baisses varient de 7% selon la Commission à 19% selon l’exécutif régional pour les aides directes, et plus encore pour le développement rural. Pour le ministre Collin, le gouvernement fédéral doit mettre la pression sur des pays comme l’Autriche, les Pays-Bas, la Suède ou le Danemark afin qu’ils acceptent de relever leurs contributions.

(Belga)

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