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Actualités dans nos cultures maraîchères

Le printemps a réveillé les activités végétales et animales relativement tôt. Les sols bien ressuyés ont pu être emblavés en conditions acceptables, même si les préparations de sol ont été laborieuses. Les effets de 2021 ne sont pas encore oubliés.

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Dans la plupart des régions, il fait sec en surface. Nous essayons d’en tenir compte dans les réglages des semoirs et la gestion des irrigations.

Les désherbages mécaniques et thermiques sont plus aisés à organiser que l’an dernier. Retenons quand même que l’arrivée des prochaines pluies amènera immanquablement de nouvelles levées d’adventices.

Nous devons aussi surveiller les cultures implantées. Plusieurs ravageurs sont installés ou sur le point de l’être alors que les auxiliaires ne sont pas encore en phase d’expansion.

Les pucerons

Les colonies de pucerons sont à surveiller de près, elles sont présentes sur les cultures de laitues, de persil, de carottes, entre autres. Nous devons travailler avec méthode pour pouvoir estimer l’évolution des populations. Il ne suffit pas de réaliser un comptage sur une centaine de plantes de notre culture. Il faut répéter ces observations à intervalles de 5 ou de 7 jours. Il sera alors possible d’objectiver l’évolution de la population sous la pression des auxiliaires en train de s’installer. Si la population de pucerons évolue modérément vers le haut ou stagne, il sera préférable de ne pas appliquer d’insecticide dans les prochains jours. La poursuite des observations au même rythme permettra de revoir sa position en cas de nécessité.

L’observation se fait sur une centaine de feuilles dans une zone de la parcelle qui servira de référence. Les colonies de pucerons ne sont jamais homogènes. Nous pouvons avoir une forte colonie sur une plante et ses voisines et une quasi-absence à quelques mètres de là.

Dans le cas où nous serions amenés à apporter un insecticide, nous n’atteignons jamais l’entièreté de la population présente. Au départ des quelques rescapés, de nouvelles colonies de pucerons vont très vite se développer à nouveau. Par contre, les auxiliaires qui ne sont pas encore bien installés risquent de se faire attendre encore plus. En laissant une bande non traitée, nous augmentons les chances de maintenir quelques auxiliaires en espérant qu’ils recolonisent rapidement l’ensemble de la parcelle grâce à leur mobilité.

Pour les pucerons, il ne suffit pas de réaliser un comptage sur une centaine de plantes de notre culture. Il faut répéter ces observations à intervalles de 5 ou de 7 jours.
Pour les pucerons, il ne suffit pas de réaliser un comptage sur une centaine de plantes de notre culture. Il faut répéter ces observations à intervalles de 5 ou de 7 jours.

La mineuse des Alliacées

Les piqûres de nourrissement ont été observées de manière fréquente lors de la semaine 17 sur ciboulettes et oignons dans la région de Leuze-en-Hainaut. Ces observations attirent notre attention sur l’importance du suivi de nos cultures.

Les pertes engendrées par cette mineuse (Phytomyza gymnostoma) peuvent être très importantes sur l’ensemble des Alliacées cultivées. Les attaques de printemps les concernent toutes et en particulier les oignons et les échalotes.

Le bâchage des cultures est une méthode efficace, nous avions eu l’occasion de l’aborder dans le SB du 10 février 2022 et du 12 août 2021. Le bâchage doit bien évidemment être placé avant les pontes, au plus tard dans les quelques jours qui suivent l’apparition des piqûres de nutrition. Celles-ci sont faciles à repérer en début de journée ou en soirée. Durant la journée, la forte lumière du soleil peut nécessiter l’emploi d’un parasol d’ombrage.

Pour les oignons, le désherbage thermique permet d’éviter que les larves qui viennent d’éclore ne migrent vers le bulbe.

Plusieurs insecticides sont agréés avec les réserves liées au cahier de charge en vigueur dans la ferme maraîchère, au délai avant récolte et au respect des zones tampons.

Les filets sont efficaces. Prenons en soin lors des rangements entre saisons pour répartir leur coût sur plusieurs années.
Les filets sont efficaces. Prenons en soin lors des rangements entre saisons pour répartir leur coût sur plusieurs années.

Les chenilles sur choux-fleurs

Les parcelles de choux-fleurs sous voile sont en début de pommaison. Or, les conditions météo précoces d’avril et celles annoncées pour les prochains jours peuvent permettre l’arrivée de papillons dont la teigne des crucifères, la noctuelle gamma et même les piérides. La surveillance est requise pour repérer d’éventuelles pontes.

La noctuelle gamma est souvent repérée d’abord sur les Astéracées en début de saison : les laitues et les Astéracées sauvages en périphérie de parcelles.

Les oiseaux et petits mammifères

Plusieurs techniques permettent de limiter les dégâts. En les alternant et les combinant, nous améliorons l’efficacité globale. Les clôtures et les filets contre les pigeons sont coûteux et assez efficaces. L’emploi des canons effaroucheurs est soumis à des demandes d’autorisation à la commune pour éviter la nuisance auditive aux riverains. Les animaux sauvages ont soif, ils recherchent un peu de fraîcheur, la pose de bacs à eau peut être une partie de la solution.

Les piqures de nourrissement de la mouche des Alliacées (Phytomyza gymnostoma) ont été observée de manière fréquente lors de la semaine 17 sur ciboulettes et oignons dans la région de Leuze-en-Hainaut.
Les piqures de nourrissement de la mouche des Alliacées (Phytomyza gymnostoma) ont été observée de manière fréquente lors de la semaine 17 sur ciboulettes et oignons dans la région de Leuze-en-Hainaut.

La sécheresse

Comme en 2018, 2019 et surtout 2020, une période de déficit hydrique marque la conduite des cultures.

La particularité de ce début de saison est que nous avons commencé l’année avec des structures de sol qui ont fort souffert l’année dernière. Or, un sol bien décompacté permet une pénétration des racines en profondeur après la levée ou la plantation.

Le travail du sol est aussi une source de dessèchement de surface, décompacter, donc, sans foisonner : décompacter et rasseoir la surface.

Dans notre maîtrise de l’enherbement, nous sommes souvent amenés à faire des faux-semis. En soi, la technique permet de réduire l’emploi d’herbicides. Mais un faux-semis signifie aussi une perte d’eau lors de cette opération. Entre deux maux, il faut prendre le moindre, un envahissement d’adventices s’accompagne aussi de perte d’eau pour la croissance de celles-ci, le faux-semis reste une technique intéressante.

Le paillage du sol permet une très grande économie d’eau. La combinaison avec l’effet désherbant permet aussi une réduction significative des besoins de main-d’œuvre pour le désherbage. Le paillage de la culture avec un voile non thermique est une technique efficace. L’avantage est de limiter l’évaporation d’eau du sol et l’évapotranspiration des plantes pour limitation de l’effet du vent. Mais il n’y a que peu d’élévation de la température, ce qui est intéressant dès le milieu du printemps.

Le binage reste bien utile dans la gestion de l’eau. En rompant la capillarité, en aérant le sol et en éliminant des adventices, elle est utilisée chaque fois que possible. Les nouveautés technologiques ouvrent des espoirs grâce au pilotage automatisé, en grandes comme en petites surfaces maraîchères. L’intérêt est surtout marqué après une battance du sol en surface, comme après un orage ou une aspersion trop violente.

Dans nos conditions habituelles, la période entre le semis et la levée ou entre la plantation et la reprise a besoin d’irrigation. Les apports sont peu importants et fréquents tant que la culture n’est pas installée et reprise.

Lorsque le déficit hydrique est marqué, comme c’est le cas sur de longues périodes, nous prévoyons aussi des arrosages durant la croissance de la culture. Les apports se font sur base d’un calcul qui tient compte de la nature du sol et des besoins de la culture. En première approche, nous retenons des apports de 1 mm (soit 1 litre par m²) par cm de sol à irriguer pour l’aspersion. Pour l’irrigation en goutte-à-goutte, nous multiplions ce chiffre par 0,5 à 0,9 selon que les rangs sont écartés les uns des autres ou pas.

Il faut une longue expérience pour pouvoir se passer de mesures précises pour piloter son irrigation. Idéalement, nous mesurons la progression de l’humidité dans le sol grâce à deux tensiomètres positionnés à des profondeurs différentes. Le plus haut est placé pour que la cartouche sensible soit à 8 à 10 cm de profondeur lors de l’installation de la culture. Il sera ensuite descendu 15 ou 20 cm de profondeur en régime de croissance. Le second est positionné 15 à 20 cm plus bas.

F.

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