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Implantation des céréales d’hiver: pas besoin de «doper» les densités de semis!

L’expérimentation menée par les institutions de recherche

œuvrant à la rédaction du Livre Blanc mettent en évidence

l’intérêt de modérer les quantités de semences

lors de l’implantation des céréales

Temps de lecture : 4 min

L a période la plus favorable pour le semis de l’ escourgeon a commencé fin septembre pour se poursuivre en ce début octobre

En conditions normales, la densité de semis des orges d’hiver à 6 rangs doit être d’environ 170 à 200 grains/m² soit 70 à 110 kg/ha. Pour les variétés hybrides, la densité de semis recommandée est moindre : 125 à 170 grains/m².

La densité de semis doit être augmentée lorsque le semis est réalisé dans de mauvaises conditions climatiques, dans des terres mal préparées, dans des terres froides (Condroz, Famenne, Polders, Ardennes), ou encore à date tardive.

Cet accroissement sera modéré ; en aucun cas, la densité de semis ne dépassera le seuil de 250 grains/m², soit 100 à 140 kg de semences selon le poids de 1.000 grains (tableau 1 ).

Si les conditions climatiques sont trop défavorables ou si le semis est trop tardif, il est préférable de s’abstenir de semer des orges d’hiver, même à plus forte densité (250 grains/m²). Il sera plus sage de les remplacer par du froment, de l’orge de printemps, ou le cas échéant par des pois protéagineux.

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Grande faculté de récupération

Des essais menés par le Gembloux Agro-Bio Tech, le Cra-w et le Carah ont mis en évidence qu’une culture à l’aspect clairsemé à la levée ne nécessite que rarement un nouveau semis ; la culture a suffisamment de capacités de rattrapage et un semis à trop faible densité ou un problème lors de la levée ne signifie pas nécessairement une perte importante de rendement en fin de culture.

Enfin, au-delà des possibilités de réduction de densités de semis, il apparaît que l’absence d’interaction entre la densité de semis et la fumure au tallage ; un semis à plus faible densité ne nécessite donc pas une fumure plus importante au tallage.

Et pour le froment ?

Pour exprimer pleinement son potentiel de rendement, il faut que la culture utilise efficacement les ressources mises à sa disposition : lumière, eau, éléments nutritifs (en particulier l’azote). Cette optimisation physiologique au niveau chaque plante exige que la densité de population de la culture soit modérée (400-500 épis/m²). De fait, si elle est trop élevée, les plantes se feront concurrence pour la lumière, et le rendement photosynthétique en sera affecté.

On évite également tout excès

Avec les variétés récentes, l’accroissement du potentiel de rendement provient principalement de l’amélioration de la fertilité des épis. Cette caractéristique intéressante ne peut pas s’exprimer lorsque la concurrence entre tiges est trop forte.

Par ailleurs, un semis trop dense entraîne une dépense supplémentaire en semences, un trop grand nombre de tiges favorisant la sensibilité à la verse et le développement des maladies cryptogamiques. Indirectement, un semis trop dense risque donc d’accroître le coût de la protection phytosanitaire.

Objectif : 150-200 plantes/m2 en sortie d’hiver

L’objectif est d’obtenir une population d’environ 150 à 200 plantes par m² à la sortie de l’hiver pour les semis précoces et normaux et 200 à 250 plantes par m² pour les semis tardifs.

Au-delà de 250 plantes, quels que soient les itinéraires de culture mis en œuvre, les rendements ne s’accroissent plus et peuvent même fléchir. Ils sont en tout cas plus coûteux à obtenir.

En deçà de 150 plantes, les rendements peuvent encore régulièrement se situer très près de l’optimum. Dans les semis précoces, ou à date normale, la population peut même descendre à près de 100 plantes par m² sans pertes significatives de rendement pour autant qu’elle soit régulière.

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Les densités recommandées

La densité de semis doit être adaptée en fonction de plusieurs éléments :

–· la date de semis : pour un semis réalisé en bonnes conditions de sol, les recommandations sont reprises dans le tableau 2  ;

–· la préparation du sol et des conditions climatiques qui suivent le semis : pour des semis réalisés dans des conditions « limites » (temps peu sûr, longue période pluvieuse avant le semis…), elle peut être majorée de 10 %. Au contraire, lorsque les conditions de sol et de climat sont idéales, elle peut être réduite de 10 à 20 % ;

–· le type de sol : dans des terres plus froides, plus humides, plus argileuses, voire très difficiles, la densité doit être majorée de 20 à 50 grains/m².

Il a été clairement mis en évidence également que pour un semis de froment réalisé fin octobre, semer à une densité supérieure à 250 grains/m² n’entraînait aucune augmentation de rendement.

D’après Le Libre Blanc,

septembre 2019

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