Les maladies des épis en céréales: penser à s’en prémunir

Le contrôle de la fusarioseau moyen de fongicides est plus efficace lorsqu’il est réalisé avant les pluies contaminatrices, du stade épi dégagé jusqu’à la floraison. les deux épis de droite illustrent Fusarium spp., ceux de gauche, Microdochium spp.
Le contrôle de la fusarioseau moyen de fongicides est plus efficace lorsqu’il est réalisé avant les pluies contaminatrices, du stade épi dégagé jusqu’à la floraison. les deux épis de droite illustrent Fusarium spp., ceux de gauche, Microdochium spp. - CePiCOP

Les pluies de la fin de la semaine dernière ont fait grimper l’infection en septoriose sur les étages foliaires supérieurs. Les températures de saison ainsi que les conditions plus sèches de ces prochains jours devraient ralentir son évolution. Quinze des dix-huit parcelles du réseau montrent aussi des pustules de rouille jaune. La présence s’explique par les températures parfois assez fraîches de la semaine dernière mais cette maladie ne devrait plus évoluer vu les températures estivales actuelles et annoncées.

Les maladies des épis

La fusariose des épis peut être causée par deux types de pathogène : Microdochium spp. et Fusarium spp. Les situations à risque sont principalement les cultures de froment (les épeautres sont généralement moins sensibles) de variétés sensibles avec un précédent froment ou maïs, particulièrement lorsque les cannes sont encore apparentes dans la parcelle. Le temps humide (orage…) favorise le développement de la maladie et il est important d’agir localement en fonction des pluies qui sont programmées et des orages qui sont souvent très localisés.

Le contrôle de la maladie au moyen de fongicides est plus efficace lorsqu’il est réalisé avant les pluies contaminatrices, du stade épi dégagé jusqu’à la floraison. C’est au stade floraison (au plus tard entre le début et la mi floraison, stade BBCH61 à 65) que l’on peut intervenir si nécessaire contre la fusariose de l’épi. Les produits à base de prothioconazole sont à conseiller dans les situations à risque afin de contrôler à la fois Fusarium spp. et Microdochium spp. Ce traitement est efficace sur les fusarioses à partir du stade épiaison (idéalement 80 % des épis dégagés). Fusarium spp., lorsqu’il est identifié, peut quant à lui être contrôlé au moyen d’autres substances actives comme le tébuconazole et metconazole. Ces deux traitements devront être appliqués au moment de la floraison (début à mi-floraison) pour être efficaces, ce qui restreint considérablement la période de traitement possible.

Traitements fongicides : recommandations

En fonction de la protection fongique que vous avez déjà apportée à votre culture, voici les dernières recommandations du CePiCOP :

– Si un traitement a été réalisé au stade 32 et qu’il s’agit d’une variété sensible à la septoriose et/ou la rouille brune et/ou fusariose de l’épi réaliser un traitement « relais » maximum 4 semaines après le premier.

– Si un traitement a été réalisé au stade 39 et qu’il y a un risque de fusariose de l’épi et/ou qu’il s’agit d’une variété sensible à la rouille brune un traitement est conseillé au stade épiaison.

– Si un traitement a été réalisé au stade 39 et qu’il s’agit d’une variété peu sensible à la rouille brune et peu de risque de fusariose de l’épi, il n’est pas nécessaire de traiter (schéma de traitement unique au stade BBCH39)

– Si aucun traitement n’a encore été réalisé et qu’il y a une pression en maladie élevée, un traitement est conseillé au plus tard au stade BBCH65 (floraison).

– Si aucun traitement n’a encore été réalisé et que la pression en maladie est faible, il n’est pas primordial de traiter. Un itinéraire sans aucun traitement fongicide est possible sur variété peu sensible.

Pour chaque schéma de protection, il est conseillé de respecter 3 principes de base :

– L’alternance des substances actives ;

– L’association de substances actives d’au moins deux modes d’action différents ;

– Une utilisation de SDHI par saison maximum

2021 ne sera pas une année à cécidomyie

Les populations de pucerons observées cette semaine restent faible. La présence de ce ravageur est rarement préjudiciable pour le rendement. Les températures estivales de ces derniers jours favorisent la sortie des ravageurs mais également celle de leurs auxiliaires.

Pour les cécidomyes, le CRA-W informe que les premières pluies inductrices (pluies + 13°C) ont eu lieu entre le 9 et le 14 mai. Selon les régions et les températures, les émergences d’adultes se sont produites entre le 2 et le 10 juin selon la région. Les premières émergences (4 et 5 juin) ont été perturbées par les orages (fortes pluies et vents). Les adultes de cécidomyies sont fragiles et beaucoup d’entre eux n’ont pas survécu.

Les adultes femelles sont maintenant présentes dans les froments mais de nombreux froments ont déjà atteint le stade floraison ou sont en passe de l’atteindre, ils sortent donc de la phase de vulnérabilité et ne seront pas affectés par les larves. Un grand nombre de variétés résistantes ont également été emblavées cette année et ne nécessite aucun traitement.

Les nombres de cécidomyies observées sont faibles à très faibles (2-3 cécidomyies par m²). Cela ne justifie pas de traitement.

Le CRA-W voit deux explications à ces faibles populations :

– La durée entre le réveil des larves (sortie de diapause) et la pluie chaude (pluie inductrice de la pupaison) a été très longue (30 mars-10 mai) et une partie des larves s’est rendormie (retournée en diapause).

– Les traitements insecticides réalisées en betteraves contre les pucerons dans les derniers jours ont détruit de nombreuses cécidomyies (qui émergent traditionnellement des champs de betterave et maïs).

Il est clair que 2021 ne sera pas une année à cécidomyie. Les seuls champs qui méritent une visite sont les petits champs (phénomènes de concentration), semé en novembre ou plus tard avec une variété sensible. Dans ces derniers, si les cécidomyies atteignent 20-30 insectes/m², alors seulement le traitement s’avèrera rentable.

A. Legrève, H. Wera,

Groupe « maladies »

B. Dumont et A. Nysten

,

Groupe « phytotechnie »

A. Nysten et R. Blanchard

, Groupe « Ravageurs »