Nous voilà à un tournant de l’Histoire

Nous voilà à un tournant de l’Histoire

Nous voilà, probablement, à un tournant de l’histoire que l’on publiera dans les manuels de nos petits-enfants. Car rien ne peut être comme avant. Il serait sot et aveugle de vouloir croire le contraire.

Le télétravail, qui semblait difficile, est devenu et restera la norme. L’employé qui croyait devoir être vu du patron et réciproquement. Baliverne!! Les technologies sont au point. Que feront Bruxelles, Paris, Londres etc. de leurs immenses tours de bureaux ? Dans l’immobilier, même chambardement ! L’employé pourra s’éloigner des grandes villes puisque 2 ou 3 jours de présentiels suffiront. Les profs ne retourneront probablement pas à plein-temps dans les universités. Même les grands du secondaire apprendront à apprendre seuls devant leurs écrans. Ce chamboulement était déjà latent mais attendait la Covid-19 pour prendre son élan.

Ce mouvement est brutal mais, en fait, banal au vu de l’histoire du travail. L’imprimerie, le cheval-vapeur, l’électricité, le rail, le tracteur… ont tous suscité enthousiasme et peur à la fois pour le paysan, l’ouvrier et l’artisan. Mais, ne l’oublions pas ont été avant tout une chance pour la qualité de vie de l’homme. À chaque étape, il y a eu de très profondes perturbations sociales avec diminution du temps de travail, augmentation de la productivité, augmentation des salaires et amélioration de la qualité de vie.

Peut-être, sommes-nous aujourd’hui face à une sorte de démondialisation progressive, logique, obligatoire mais hélas partielle ? La Terre, pas la nôtre mais celle de nos enfants est à bout de souffle et n’attend que ça. La démondialisation ! La décarbonisation de l’économie passera par une diminution de la mobilité des êtres et des marchandises. La devise du mégalo Trump pourrait devenir la nôtre : Europe only, belge first, et local surtout ! Retrouver une certaine indépendance économique ; rapatrier de l’industrie qui serait certainement plus robotisée et plus écologique car neuve et créerait des emplois ; limiter le trafic aérien et maritime devrait être le programme d’un avenir que je souhaite proche. Peut-être, réellement imposer une lourde et dissuasive taxe carbone aux frontières de l’Europe.

Revenir à l’essentiel. Voir sourire un enfant, voir pâturer un troupeau, voir butiner une abeille, voir s’envoler une hirondelle, se promener dans notre campagne… La diminution de la mobilité que l’on a jusqu’ici envisagée comme une limitation à notre liberté peut-être une chance. Faut-il avoir vu Syracuse avant de mourir ?

Manou de Warneton

Le direct

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