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Vers une nouvelle phase de rétention des vaches en Europe?

Après avoir réformé massivement en 2016, les éleveurs laitiers européens pourraient retenir de nouveau leurs vaches en 2017 pour répondre à la remontée du prix du lait. La production irlandaise devrait toutefois atteindre son plus haut niveau depuis 10 ans en raison du grand nombre d’animaux à l’engraissement.

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En Allemagne, les abattages de vaches ont ralenti à partir de l’automne dernier. Les éleveurs allemands semblent être entrés dans une nouvelle phase de rétention en réponse à la remontée du prix du lait. Sur les 4 premières semaines de 2017, le nombre de vaches abattues était à un niveau intermédiaire entre 2016 et 2015 (-9 % par rapport à 2016 ; +8 % vis-à-vis de 2015).

Ce début d’année, après les fêtes et avant la saison des grillades, est propice à la consommation de viande de transformation. Ainsi la demande pour la viande de vache est ferme et les cours des femelles remontent. La cotation de la vache O a gagné 10 centimes en un mois pour remonter à 2,76 €/kg fin janvier (+1 % par rapport à 2016 ; +5 % vis-à-vis de 2015). Celle de la vache P a gagné 8 centimes, à 2,09 €/kg (+1 % en regard à 2016 ; +11 % par rapport à 2015).

Pologne : l’afflux ne pèse pas sur les prix

En Pologne, la valorisation croissante des arrières de vaches permet aux prix de se maintenir malgré la baisse du prix des avants. Les muscles nobles des carcasses de vaches sont en effet de mieux en mieux valorisés sur les marchés d’Europe du Nord, ainsi que sur le marché français. Les prix des quartiers avant ont quant à eux dévissé en raison de l’afflux de vaches sur le marché en 2016, tant en Pologne que dans toute l’Europe.

D’après le ministère de l’Agriculture polonais, le prix moyen des quartiers arrières de vaches sortie abattoir était de 3,77 €/kg fin janvier (+3 % par rapport à 2016 ; +12 % en regard à 2015), alors que celui des quartiers avants était tombé à 1,63 €/kg (-7 % vis-à-vis de 2016 et 2015). La vache O cotait 2,50 €/kg de carcasse fin janvier (+1 % en regard à 2016 ; +4 % par rapport à 2015).

La remontée du prix du lait devrait limiter les réformes en 2017, ce qui permettrait aux cours des femelles de poursuivre leur reprise. Entre septembre et décembre 2016, le prix du lait a en effet progressé de 22 % pour atteindre 1.314 zlotys/t, soit 296 €/t.

Irlande : à la recherche d’autres débouchés

Bord Bia prévoit une hausse de 6 % de la production de viande bovine en Irlande en 2017. Ce sont 100.000 à 110.000 bovins finis supplémentaires pour lesquels les abattoirs devront trouver un débouché. La chute de la livre sterling face à l’euro ayant réduit considérablement la compétitivité de la viande irlandaise sur le sol britannique, les exportateurs irlandais se tourneront davantage vers l’Europe continentale, mais également vers les pays tiers.

Les exportateurs irlandais s’inquiètent toutefois de l’évolution des relations commerciales avec les États-Unis. Après avoir levé en février 2015 l’embargo imposé il y a 20 ans sur la viande irlandaise, L’USDA parle aujourd’hui d’imposer des droits de douane sur la viande européenne.

Le marché égyptien s’est également rouvert aux bovins vivants irlandais en février 2016, et à la viande bovine et aux abats bovins le 5 janvier dernier (5 établissements sont d’ores et déjà agréés). Ce marché, considérable en termes de volumes, est toutefois affecté par une crise économique sévère et par la très forte dépréciation de la livre égyptienne qui limite considérablement le pouvoir d’achat des importateurs.

Enfin, l’Irlande a bon espoir de pouvoir accueillir de nouveau les vétérinaires chinois en 2017 afin de conclure les discussions initiées en 2015 en vue d’une réouverture du marché chinois.

Royaume-Uni : hausse de la consommation

Au Royaume-Uni, la consommation de viande bovine est particulièrement dynamique. Sur l’ensemble de l’année 2016, les achats des ménages de viande fraîche et congelée ont progressé de +2,6 % par rapport à 2015, dont +5,9 % pour les pièces à griller, +4,9 % pour les pièces à bouillir et +4,3 % pour la viande hachée pur bœuf. La seule baisse concerne les rôtis (-5,3 %).

En parallèle, la production abattue a progressé de 2 % pour totaliser 904.000 tonnes équivalent carcasse (téc) en 2016, le plus haut niveau depuis 5 ans. Le surplus d’offre a été absorbé sans problème par la consommation nationale, d’autant que la chute de la livre a stimulé les exportations tout en limitant les importations.

Les experts britanniques s’attendent à un marché relativement équilibré en 2017. La production devrait reculer, en raison principalement de la baisse des poids de carcasse. En effet, depuis l’été 2016, les abatteurs ont durci leurs cahiers des charges et imposent des pénalités pour les carcasses trop lourdes (plus de 400 kg).

D’après Tendances Lait et Viande (Idele)

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