Cepicop – actualité – céréales: pas de grosse évolution sanitaire dans les froments

Pour les froments, les semaines se suivent et se ressemblent jusqu’ici en termes de pression sanitaire.
Pour les froments, les semaines se suivent et se ressemblent jusqu’ici en termes de pression sanitaire. - M. de N.

L es observations réalisées le 13 mai sur les variétés Alcides, Anapolis, Benchmark, Chevignon, Gedser, Graham, Kws Dorset, Nemo, Ragnar, Reflection, Rgt Sacramento dans un réseau de 39 parcelles situées dans les provinces de Liège, Hainaut et Namur révèlent qu’environ un tiers des parcelles concernées sont au stade 2e nœud (32) et deux-tiers au stade dernière feuille pointante (37). Dans quelques parcelles, les froments ont atteint le stade dernière feuille étalée (39), voire sont déjà à l’épiaison.

La situation sanitaire est globalement similaire à celle de la semaine dernière. Les rouilles jaunes et brunes sont à surveiller vu le radoucissement du temps. Le stade dernière feuille étalée est le moment où la protection complète est recommandée si aucun traitement n’a été réalisé auparavant, de manière à protéger les feuilles supérieures dont dépend le rendement.

Maladies : peu d’évolution

La septoriose est présente dans le fond de la végétation de la plupart des parcelles. Dans la région du Hainaut uniquement, elle a été observée sur 20 % des F2 sur variétés sensibles et 20 % des F3 sur variétés tolérantes. Selon le modèle Proculture, la maladie n’a pas évolué de la même manière dans les différentes régions de Wallonie. Dans les parcelles non encore traitées, la septoriose est en incubation sur les derniers étages foliaires des variétés très sensibles principalement dans des parcelles du Hainaut. Dans les autres régions, elle stagne à des étages inférieurs et atteint maximum la F3 sur variétés sensibles.

L’ oïdium est observé dans 21 parcelles du réseau. Elle atteint parfois la F2 mais à des fréquences et incidences très faibles.

La rouille jaune est visible dans la moitié des parcelles du réseau. Elle est présente à des fréquences variant de 5 % des F4 sur les variétés tolérantes à 45 % des F2 dans les cas les plus graves sur les variétés sensibles. Des foyers actifs ont également été signalés dans des parcelles à Wiers, Thuin, Ath, Havinnes ou Gembloux. Les variétés suivantes sont à surveiller : Benchmark, Nemo, Reflection, Rgt Reform, Sahara, Kws Dorset et Rgt Texaco.

La rouille brune n’a pas encore été observée dans les parcelles du réseau.

Que faut-il faire ?

Comme la semaine dernière, selon la date de semis et la région, des stades phénologiques très différents, désormais entre le stade 32 à 43, sont observés cette semaine.

Pour les parcelles au stade 32 à 37 et qui n’ont pas été traitées, un traitement peut être justifié en cas de présence significative de rouille jaune (foyer actif) ou de septoriose (plus de 20 % des F3), sur variétés sensibles à l’une ou l’autre de ces maladies. Pour ces parcelles et celles qui ont déjà été traitées avant le stade dernière feuille, un second traitement englobant l’ensemble des maladies sera réalisé 3 à 4 semaines après ce premier traitement. Si aucune maladie n’est observée sur la parcelle pour l’instant, la protection peut être reportée avec vigilance au stade 39.

Pour les parcelles ayant atteint le stade 39, dernière feuille complètement étalée, et qui n’ont pas encore été traitées, le traitement complet contre les maladies du feuillage peut être réalisé. Le produit ou le mélange sera choisi en fonction des sensibilités propres à la variété.

Substances actives à préconiser dans un programme fongicide au stade 32  :

– un ou deux triazoles en mélange + une substance de contact (ex : chlorothalonil) ;

– un triazole et une strobilurine (si attaque sévère en rouille jaune) + une substance de contact (ex. : chlorothlonyl) ;

– si pression faible en maladies : attendre le stade 39.

Substances actives à préconiser dans un programme fongicide au stade 39  :

–  absence de traitement au 2e nœud  : effectuer un traitement complet : SDHI + triazole + chlorothalonil (+ strobilurine si la variété est sensible à la rouille brune) ;

–  traitement réalisé au 2e nœeud  : attendre 3-4 semaines et effectuer un traitement relais aux alentours de l’épiaison avec SDHI + triazole (favoriser le prothioconazole qui protège les maladies de l’épi) + strobilurine si sensible à la rouille brune.

Pour rappel, les SDHI ne peuvent être utilisées qu’une fois par saison et l’alternance des substances actives est importante pour conserver leur efficacité. Ex : Si utilisation du prothioconazole au stade 39, privilégier alors le tebuconazole ou metconazole pour protéger l’épi.

Fumure azotée

En froment , les semis de novembre ont atteint le stade 37, cette semaine : il y a lieu d’appliquer la dernière fraction azotée.

Les avoines semées le 27 février à Gembloux se trouvent actuellement au stade épi à 1cm (31). Si les avoines se trouvent au stade redressement (30), la 2e fraction d’azote peut être appliquée. La fumure de référence s’élève à 80-100 unités fractionnées en deux applications : 1/3 au tallage, 2/3 au redressement ; en région froide, elle sera un peu plus élevée (120 unités).

Les orges brassicoles semées à Gembloux, fin février, sont au stade épis à 1 cm (31). La pression des maladies est actuellement faible (la rhynchosporiose est présente sur 20 % des F6 avec une sévérité de 1 %, la rouille naine est présente sur 15 % des F6 avec une sévérité de 0,75 %). Le conseil : attendre le stade 39 (dernière feuille étalée) pour appliquer un traitement fongicide.

Les orges brassicoles semées à Liernu, fin mars sont au stade fin tallage. Si vos cultures sont carencées, une 2e application d’azote pourra être appliquée au redressement : 20 à 40 N/ha. Si les reliquats azotés de la parcelle sont élevés, ce 2e apport est à exclure pour ne pas dépasser la teneur en protéine maximale autorisée.

A

. Legrève, A. Nysten et C. Bataille

, coordination scientifique maladies ;

B. Bodson, R. Blanchard et R. Meurs

, phytotechnie ,

X. Bertel

, coordinateur Cepicop