Encore et toujours la viande!

Encore et toujours la viande!
J.V.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a présenté officiellement le 8 août son nouveau rapport intitulé « Changement climatique et terres émergées : rapport spécial du Giec sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres. » Ce document de 1.200 pages a été réalisé par une centaine d’auteurs qui ont analysé plus de 7.000 études.

L’encre du rapport était à peine sèche que des ONG et certains médias sont tombés à bras raccourcis sur la viande en jouant leur sempiternelle rengaine : « Notre consommation de viande et de produits laitiers doit drastiquement diminuer » (des chiffres allant de 50 à 90 % sont avancés; des propos que n’a jamais tenu le Giec). C’est non seulement ne pas tenir compte de la réalité agricole de nos régions mais c’est surtout omettre que tous les autres secteurs de l’activité humaine sont responsables à hauteur de 75 % des émissions de gaz à effets de serre, et qu’ils ont eux aussi des mesures à prendre.

En outre, si le Giec a attiré l’attention sur la nécessité de diminuer sa consommation de viande dans les pays développés, il préconise « des régimes équilibrés reposant sur des aliments à base de végétaux (…) et des aliments d’origine animale produits dans des systèmes résilients, durables et à faibles émissions de gaz à effet de serre ».

À la lecture de ce rapport, les syndicats agricoles wallons et français se sont d’ailleurs félicités de telles recommandations tant celles-ci rejoignent le modèle développé dans nos régions.

Les attaques portées par lesdits médias et ONG sont d’autant plus dommageables que si l’agriculture est à la fois une victime et une cause parmi d’autres du changement climatique, elle est surtout une partie de la solution !

Car assurer la sécurité alimentaire à l’échelle d’une région et préserver le climat passe sans l’ombre d’un doute par une meilleure valorisation d’une agriculture résiliente, locale, à taille humaine. Ne pas la valoriser reviendrait à détricoter le maillage agricole propre à nos régions au profit d’une agriculture mondiale, industrielle dont les consommateurs disent ne pas vouloir.