Pommes de terre: les arrachages sont à la peine!

Même si c’est la course en ce moment, veillez à ne pas récolter les pommes de terre dans les zones où l’eau a stagné, de même qu’à respecter au maximum l’intégrité des tubercules (pas de coups ni de blessures). Il en va de la qualité de la conservation des lots!
Même si c’est la course en ce moment, veillez à ne pas récolter les pommes de terre dans les zones où l’eau a stagné, de même qu’à respecter au maximum l’intégrité des tubercules (pas de coups ni de blessures). Il en va de la qualité de la conservation des lots! - M. de N.

Les arrachages se sont poursuivis très lentement au cours de la dernière semaine et généralement plus rapidement le samedi, relève la Fiwap dans son avis du 3 novembre. « Les précipitations régulières, entrecoupées de périodes plus ou moins sèches insuffisantes, ont continué de perturber les conditions d’arrachages, ces 10 derniers jours. On estime à environ 70 % l’avancement des surfaces récoltées dans le pays. »

Il y a toutefois de fortes différences sous régionales et locales (en lien avec la pluviométrie, le type de sol et de drainage, le relief… et le type de machine) dans cette progression des arrachages. Celle-ci va de 75-80 % en Hesbaye à 40 % dans certaines zones du Condroz, de l’Entre-Sambre-et-Meuse et de Thudinie. Dans le Tournaisis, globalement 70 à 75 % des surfaces sont récoltées, et dans la région centrale (Mons-Ath-Hal-Nivelles-Fleurus-Soignies), environ 50 %.

En Campine et dans le Limbourg, la situation est globalement comparable à celle de la Hesbaye liégeoise (> 80 %) alors que dans l’Ouest (Westhoek, et surtout les polders) il reste plus de 50 % à récolter.

Avec des simplifiées, les arrachages ont rapidement été interrompus. Avec certaines automotrices, connues pour leurs comportements en conditions extrêmes, le travail a pu continuer plus facilement.

Continuez à faire attention à ne pas récolter les pommes de terre dans les zones où l’eau a stagné. Contrôlez aussi dans les parcelles les plages plus lourdes à moins bon drainage, elles pourraient abriter des problèmes d’asphyxie.

Attention également aux bennes non bâchées qui circulent des champs vers les hangars et qui se font « rincer » ou simplement humecter : c’est la marchandise de ces bennes qui posera des problèmes de conservation dans quelques jours, semaines ou mois. Encore plus s’il y a des tubercules coupés ou pourris dans les lots.

Redoubler de vigilance

Des lots ont été refusés, poursuit la Fiwap, notamment en production de chips/croustilles, à cause des coups ! Cela n’a rien d’étonnant avec les PSE extrêmement élevés que l’on constate depuis avant la mi-août. Si de surcroît les conditions d’arrachages se font à des températures inférieures à 10-12ºC et que l’on secoue trop (en l’absence de rouleaux axiaux) les pommes de terre afin de les déterrer suffisamment, cela explique tout ou presque.

Comme chaque année où les prix des contrats sont plus élevés que le prix du libre, les acheteurs sont en effet très attentifs aux exigences qualitatives mentionnées dans les contrats signés au cours de l’hiver passé…

Lorsque tout aura pu être engrangé, il conviendra d’inspecter les lots plusieurs fois par semaine.
Lorsque tout aura pu être engrangé, il conviendra d’inspecter les lots plusieurs fois par semaine. - M. de N.

Ventiler

Considérant que les pommes de terre qui rentrent en ce moment sont de plus en plus crottées, et ce, à des températures variables, il demeure fondamental de ventiler autant en interne afin d’homogénéiser les températures des différents lots entassées l’un à la suite de l’autre, qu’en externe afin de sécher.

Dans de nombreux cas – pommes de terre bien crottées, présence de pourries, blessées ou peau encore mal faites –, il vaut mieux travailler au canon à chaleur afin, au minimum, de maintenir la température des tubercules afin de ne pas les refroidir (il faut absolument assurer une cicatrisation rapide, qui se fait d’autant plus vite que les températures sont élevées), voire les réchauffer si celles-ci ont des températures inférieures ou égales aux températures ambiantes extérieures.

Après quelques journées très douces, la météo a changé : les températures ont chuté. L’attention portée à la prévention des coups devra être renforcée, même en ce temps de « sauve-qui-peut » !

Maîtriser la germination

Lorsque tout aura pu être engrangé, il conviendra d’inspecter le stockage plusieurs fois par semaine ! La fiwap a déjà évoqué, ces dernières semaines, que les pommes de terre ont envie de germer à la suite de la chaleur et des stress subis en culture qui ont levé ou lèvent les dormances plus vite qu’une année normale.

Les premiers traitements antigerminatifs – y compris parfois pour les lots traités en culture à l’hydrazide maléique – ont déjà eu lieu, et les suivants devront intervenir plus vite que prévu ; c’est-à-dire, même si cela n’est pas idéal, avant même que la cicatrisation ou le séchage soient tout à fait terminés.

Le DMN (1,4 Sight) est un produit préventif, alors que l’huile de menthe (Biox-M) et le limonène (Argos) ont une action préventive et curative. Le « brûlage » des germes sera plus efficace sur des germes inférieurs à 0,5 ou 1 cm : faites donc cela à temps si c’est nécessaire.