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Suzuki Vitara Strong Hybrid: vraiment hybride et plus moderne qu’il n’y paraît

Alors qu’il a atteint l’âge moyen de la retraite pour une voiture, le Vitara profite d’une toute nouvelle motorisation hybride, qui n’est pas celle que l’on pourrait croire…

Temps de lecture : 4 min

Et qu’est-ce qu’on pourrait croire, direz-vous ? Plusieurs choses en fait, selon qu’on est connaisseur ou non. Si on l’est, on sait que Suzuki et Toyota sont proches partenaires. Et quand on apprend que le Vitara reçoit un nouveau moteur 1,5 l hybride, facile d’imaginer que ce dernier hérite d’un système Toyota. Si on n’est pas connaisseur et qu’on a des rudiments d’anglais, on imagine que ce « Strong Hybrid » doit être sérieusement costaud. Mais aucune de ces croyances n’est exacte…

Système maison

Car ce système hybride a été mis au point par le constructeur lui-même, sur base d’un nouveau moteur essence 1,5 l. Reine des solutions peu coûteuses mais efficaces, la marque n’associe pas à ce bloc essence un moteur électrique à proprement parler, mais un « simple » alterno-démarreur, qui fait aussi office de générateur pour recharger la batterie de 840 Wh dans les phases de décélération. Cet alterno-démarreur est de puissance plutôt modeste, mais Suzuki lui colle un réducteur, et le voilà assez costaud pour faire rouler le Vitara tout seul, dans de très nombreuses situations. C’est la solution retenue récemment par le groupe Stellantis pour les Jeep Compass et autres Alfa Tonale.

Donc oui, ce système hybride est plus « strong » (fort, pour ceux qui ne connaissent vraiment pas l’anglais) que le système « mild-hybrid » 48 V qui équipe d’autres versions de ce modèle. En revanche, avec une puissance totale de 116 ch et un couple de 138 Nm, on ne peut guère parler de bête de somme. En témoigne le poids tractable freiné de 1.200 kg. Or, notre expérience au volant nous dit qui si c’est possible en théorie, ça ne sera pas folichon dans la pratique, du moins sur de longues distances… et quand ça monte.

Cela étant, à chacun de voir si cela est suffisant pour rendre des services professionnels. D’autant que la marque reste fidèle à sa tradition, en proposant cette motorisation hybride tant en traction avant qu’avec transmission 4x4. Dans ce dernier cas, le Vitara reçoit aussi le sélecteur de mode, qui permet notamment de verrouiller la répartition avant/arrière de la puissance jusqu’à 60 km/h.

Plus tout jeune mais toujours vert

Voilà pour l’aspect professionnel de la chose. Regardons maintenant le Vitara Strong Hybrid comme un « simple » SUV, et on voit d’abord, comme nous l’avons dit plus haut, que le modèle cache de plus en plus difficilement ses sept ans d’existence.

Malgré quelques (très) discrètes retouches apportées au design à l’occasion de cette nouvelle version, force est de constater que le design n’est plus très à la page. Et c’est pareil à l’intérieur, surtout en raison d’un tableau de bord un peu simpliste comparé à ce que l’on trouve ailleurs, et des plastiques de l’habitacle. Non qu’ils soient de mauvaise qualité, mais leur apparence un peu brillante n’est vraiment plus au goût du jour. Cela étant, le système multimédia, par exemple, est toujours l’un des plus intuitifs et simples du marché.

À l’arrière, on mettra facilement trois grands adultes. Par contre côté coffre, le Vitara, qui n’était déjà pas recordman du genre, l’est encore moins en raison des batteries du système hybride, logées sous le plancher. Un volume de 289 l sous tablettes, c’est quand même chiche pour un SUV !

A l’intérieur, le tableau de bord demeure simpliste mais le système multimédia,  notamment, est toujours l’un des plus intuitifs et simples du marché.
A l’intérieur, le tableau de bord demeure simpliste mais le système multimédia, notamment, est toujours l’un des plus intuitifs et simples du marché.

Ca, c’est pour tout ce qui « date » un peu. Sur la route, c’est une autre histoire. Car toutes les qualités intrinsèques du modèle sont au contraire plus actuelles que jamais. En premier lieu, la légèreté. La balance affiche 1.315 kg pour la version 4x4, et c’est franchement remarquable. Autant dire que la puissance relativement modeste de la mécanique est tout de suite moins grave.

Par ailleurs, entre la légèreté et le talent des ingénieurs Suzuki pour concocter un châssis, le véhicule est toujours vraiment plus fun à conduire que la grande majorité de ses concurrents bien plus jeunes. Quand on sait faire, on sait faire !

Enfin, il y a la raison d’être de ce Strong Hybrid : l’économie. Grâce encore une fois à sa légèreté, le modèle n’est déjà pas gourmand de naissance. Avec son moteur hybride, Suzuki annonce 5,3 l/100 km pour la version 4x2 et 5,8 l/100 km pour le 4x4. Au volant d’un 4x2, nous avons relevé exactement… 5,3 l/100 km. Et encore, nous ne sommes pas passés par la ville, où le système hybride est « chez lui » et ferait encore baisser la moyenne. Le Suzuki Vitara Strong Hybrid, c’est en fait une sorte de démonstration d’un proverbe qui parle de vieux pots et de bonne soupe ! Son prix d’attaque est de 23.075 € HTVA.

Stéphane Lémeret

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