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Viticulteur amateur: un vrai bonheur!

C’est dans l’air du temps. La vigne gagne du terrain en latitude. La Belgique salive de plaisir à l’idée de produire son propre vin. C’est vrai pour les professionnels. C’est aussi vrai pour les amateurs, trop fiers d’être en autoproduction avec le vin du jardin.

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C’est vrai aussi pour moi. Avec un ami voisin, j’eus la faiblesse de planter une vigne, il y a 9 ans, et je ne regrette rien. Un vrai bonheur ! Et tellement tendance aujourd’hui. On en parle presque autant qu’on en boit.

Le truc, c’est qu’il faut apprendre comment faire, et bien faire.

Pour ma part, ce fut assez facile en adhérant à la très honorable société « Les cordeliers de Saint Vincent ». Cette prestigieuse association, fondée en 1965, royale par son ancienneté, est indirectement adossée au Centre de Recherche Agronomique et en liaison étroite avec le Carah, aujourd’hui très actif aux niveaux viti et vini-culture.

Entre le bulletin trimestriel des Cordeliers, les avertissements hebdomadaires du Carah, les informations arrivent naturellement, au fil des saisons, et permettent de gagner en expérience, d’éviter les erreurs, bref, d’apprendre le métier.

Il y a plusieurs réunions ou séminaires dans l’année où l’on peut se rencontrer, échanger des idées, partager nos petites expériences, nos réussites comme nos échecs. Chaque année, un voyage offre la possibilité d’élargir nos horizons. Le dernier, au Portugal, fut télescopé par le Covid.

Au quotidien, les échanges d’informations tournent autour de toutes les questions que l’on peut rencontrer à notre niveau. Lors de l’installation : quelle surface consacrer pour maîtriser sans être dépassé ? Quel cépage privilégier ? Quel porte-greffe selon la nature du terrain ? Où acheter le matériel ? Quel investissement ? Quelles analyses peuvent nous aider ?

Et ainsi tout au long du cycle de la vigne. Tailler, épamprer, rogner, pulvériser… Aïe, voilà un point assez délicat. Pour les amateurs sans phytolicence, il ne reste en disponible que quelques produits « bio ». Pour faire simple : le soufre contre l’oïdium, et là, aucune restriction. Par contre, concernant le mildiou, trop de cuivre nuit à la vie microbienne des sols. C’est plus compliqué. Alors, nous faisons comme les anciens, nous prions le ciel de nous venir en aide. Nous avons d’ailleurs un interlocuteur privilégié, Saint Vincent, patron des vignerons.

Le club des cordeliers est aussi l’héritier de la montagne, l’aile gauche de la Constituante à la Révolution Française. « Aux armes, vignerons ! » Entre les rogations et la sulfateuse, il y a de la place pour l’imagination au pouvoir.

Aujourd’hui, mais que ceci reste entre nous, la diminution des gelées printanières et l’augmentation des températures saisonnières nous conviennent plutôt bien. Dans le contexte général de lutte planétaire contre le réchauffement climatique, cela fait sans doute mauvais genre de s’en réjouir mais nous n’en sommes pas responsables. On ne fait que rebondir sur ses conséquences.

Concrètement, nos petites vignes agissent positivement car nous sommes en même temps des puits de carbone. Nous stockons celui-ci dans le bois des sarments, sous l’herbe de l’inter-rangs. La part exportée à la vendange se concentre dans les arômes et s’avère très faible au bilan final. Pour une centaine de bouteilles produites, nous fixons 500 kg de CO2. Le vigneron est franchement du bon côté au niveau de l’empreinte écologique.

Il est aussi du bon côté au niveau des plaisirs simples et naturels de la vie. Là aussi, l’association permet de se situer sans honte en organisant une dégustation à l’aveugle à la mi-juin. Comme nous ne vendons rien, nous ne faisons que partager une passion, celle du vin du jardin, pas de complications administratives. Seuls, le plaisir du goût et de la rencontre, sont au rendez-vous.

Bref, que ceux qui souhaitent en savoir plus sur la vigne, n’hésitent pas : l’association sera heureuse de les accueillir. Avec cinq pieds de vigne, cent ou deux cents pieds pour les plus ambitieux, ou pas de pieds du tout s’il s’agit juste de découvrir, comprendre, s’intéresser, tous les amateurs sont bienvenus.

Le site web est en cours de reconstitution mais il permet déjà de prendre contact : www.lescordelierdestvincentt.be

JMP

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