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Bio CNG: le carburant écologique de demain?

Produit à base de déchets organiques, le biométhane permet de limiter sensiblement les émissions des voitures, utilitaires et camions. Et le nombre d’installations se multiplie dans notre pays !

Temps de lecture : 3 min

L’air de rien, le gaz naturel utilisé comme carburant continue sa progression à grands pas dans notre pays ! D’ici à la fin de l’année, la Belgique comptera sur un réseau de 150 stations délivrant du CNG (gaz naturel compressé) et 17 proposant du LNG (gaz naturel liquéfié utilisé par les poids lourds). « D’ici la fin 2021, la totalité du territoire national sera couverte », affirme Didier Hendrickx, porte-parole de Gas.be.

Et cela tombe bien, car le CNG et le LNG sont encore plus pauvres en émission qu’avant grâce à l’ajout de biométhane, produit à base de déchets organiques : « Actuellement, 17 % du gaz naturel vendu dans les stations-service européennes en est composé », explique Andra Gerini, secrétaire général de la Natural & Bio Gas Vehicle Association (NGVA). Le biogaz connaît énormément de succès dans les pays scandinaves (Danemark, Suède et Finlande), ainsi qu’en France. Cependant, en Belgique également, les choses bougent avec notamment la construction d’installations à Geer, près de Waremme, qui produiront du biométhane dans les prochains mois.

Objectifs climatiques

Aujourd’hui, le CNG est avant tout destiné aux voitures et aux utilitaires légers : quelques constructeurs comme le groupe Volkswagen, Fiat, SsangYong ou Iveco commercialisent des véhicules adaptés. Cependant, le gaz naturel compressé est également utilisé par les bus et des camions de livraison. Et pour une entreprise, utiliser du bio CNG permet rapidement d’atteindre ses objectifs climatiques et ce, à faible coût.

La bonne nouvelle est que le biométhane peut également faire rouler des camions au LNG dont on estime à 11.000 le nombre roulant déjà en Europe. Et la demande pour ce carburant est littéralement en train d’exploser puisqu’en 2019, il s’en est vendu deux fois plus qu’en 2018 ! Arrivé sur le marché en 2014, le LNG est particulièrement adapté aux poids-lourds en raison de sa densité énergétique beaucoup plus élevée que le CNG. Aujourd’hui, les principaux acteurs du marché des camions comme Iveco, Scania ou Volvo commercialisent des modèles au LNG dont l’autonomie varie entre 800 et 900 km.

Les camions fonctionnant au Bio LNG se généralisent.
Les camions fonctionnant au Bio LNG se généralisent.

« Dans ce domaine, ce sont les pays scandinaves qui se démarquent », poursuit Andrea Gerini. « Par exemple, un centre de production situé en Norvège transforme les résidus de l’industrie du saumon en bio LNG. Rien qu’avec sa production, celui fait rouler entre 300 et 400 camions par an ! Les possibilités en la matière sont vraiment très nombreuses et il n’est désormais plus nécessaire de stocker des déchets avant de les traiter, ce qui représente un gain considérable de temps ».

À l’heure actuelle, un peu plus de 300 points de ravitaillement existent à travers l’Europe, un chiffre qui est en constante augmentation en raison de la rentabilité rapide de cette offre pour les exploitants. Un aspect qui ne fait qu’accélérer l’utilisation de ce carburant particulièrement écologique.

Changement de mentalités

Pour Andrea Gerini, il est temps que les décideurs de l’UE prennent conscience des vertus du biométhane : « En Europe, le parc automobile se compose de près de 300 millions de véhicules qui ne seront remplacés que dans 10 ans en moyenne. La crise sanitaire que nous traversons actuellement et les conséquences économiques qui en découlent ne risquent pas d’améliorer les choses. La Commission européenne se rend compte que la progression de la voiture électrique est plus lente que prévu. Si elle veut tenir les objectifs qu’elle s’est fixés pour 2030-2040, elle doit penser à d’autres solutions. Le gaz naturel en une et sa technologie est parfaitement au point, tout en étant bon marché ».

Maxime Hérion

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