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Blanc Bleu Blues, oui! Blanc Bleu mort, pas d’accord!

L’article de Marc Assin du 27 octobre dernier reflète parfaitement les doutes et les inquiétudes des éleveurs BBB. Il existe en effet toute une série d’évolutions totalement contraires aux caractéristiques du BBB et cela doit nous faire réfléchir.

Temps de lecture : 3 min

Le BBB produit une viande maigre et la saveur de la graisse est plébiscitée. Le hamburger triomphe et le steak est boudé par le consommateur. La césarienne est critiquée par les adeptes du bien-être animal. Les aliments coûtent cher et les traitements vétérinaires sont de moins en moins tolérés. Tout cela est vrai… mais faut-il pour autant jeter le BéBé avec l’eau du bain ? Faut-il pour autant se tourner vers l’Angus ou le Wagyu ?

Même si la mode est aux avis simplistes et aux opinions caricaturales diffusés massivement sur les réseaux sociaux comme on a encore pu le constater ces dernières semaines, il est nécessaire de ne pas se précipiter et de prendre le temps de réfléchir.

En effet, d’autres constats semblent sources d’espoir :

1. L’empreinte écologique du BBB est la moins forte et l’environnement est, selon toutes les études d’opinions, une préoccupation majeure du consommateur.

2. L’efficience alimentaire du BBB est la meilleure des races bovines viandeuses. À une époque où la croissance démographique est de 220.000 bouches supplémentaires à nourrir chaque jour sur notre planète, et alors que la consommation de viande dans les pays émergents est en forte hausse, cela est un atout non négligeable.

3. Quoi que racontent les chefs étoilés, la ménagère belge est toujours peu attirée par la graisse lorsqu’elle choisit son morceau de viande. De plus, l’alimentation saine, le sport et la préservation de la santé sont aussi des thèmes porteurs actuellement.

Et au niveau du producteur :

1. La rentabilité du BB est certes en forte baisse voire négative, mais qu’en est-il des autres races viandeuses ? Pensez-vous qu’elles sont si rentables avec les coûts de production belges ?

2. Pourquoi la césarienne, de plus en plus utilisée chez l’humain pour des raisons de sécurité, de confort et d’organisation, ne pourrait-elle pas continuer à contribuer au bien-être de la vache… et de l’éleveur ?

La conjoncture actuelle est catastrophique, notre taux d’autosuffisance belge est maintenant de 163 %… mais les producteurs sont vieillissants et découragés. Si on prenait enfin la peine d’investir dans l’image de notre race (en changeant son nom clairement démodé ?), si on faisait évoluer l’animal type vers un animal plus rustique, plus solide et plus facile à engraisser, nous pourrions de nouveau être au top du goût et… de la rentabilité.

C’est en filière, entre opérateurs privés, en écoutant les suggestions et préoccupations de chaque maillon de la chaîne, qu’il faut relever ce défi.

Il y a bien trop longtemps que la politique et les structures publiques actuelles sont trop passives, rigides et conservatrices ! Le BBB, et l’élevage belge, méritent bien mieux que le lynchage médiatique qu’il subit actuellement !

Avant d’être remis au goût du jour, le beurre avait subi les pires attaques qui ont fait la fortune des producteurs de margarine. Faisons en sorte que les vertus de la viande ne restent pas 20 ans dans les oubliettes !

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